LIVRE HUITIÈME
bleau rétrospectif de la situation de la France était nécessaire poiirrépandredujoursurlesensde l'élection deGillcs (leCupèet de son élévation à la dignité abbaliale deRoyaumont. Après être sorti des agitations du quatorzième siècle, le paysd'Asnières-sur-9ise, de Royaumont et deBeaumont était retombé dansle chaos au commencement du quinzième siècle. L'abbaye, en nommant le nouvel abbé, crut avoir proclamé un restaurateur du monastère. Il y avait en effet , moralement et matériellement beaucoup à réparer! Déjà les prolégomènes de Kamoindrissemenl et de la tristesse générale avaient été posés dans le cours du siècle qui finissait à peine ; Tordre des cisterciens en masse élàit en souffrance; tellement que le chef de tout Tordre de Cîlcaux, Jean V, de Buxières, dit de la Tour d'Auvergne et qui était revêtu de la suprême dignité abbatiale en 1559, avait cru devoir demander à Rome la faculté, pour tous les monastères bernardins, d'ériger des chapelles et des .autels dans les gra?!^^^ des monastères, in graugiis moiwsteriorum. Le pape Urbain V accorda cette faculté par une bulle de 1365; elle témoigne des difiicuKés inextricables, des gênes qu'on éprouvait en France pour aviser à Tobservation des devoirs monastiques*, par suite des guerres des Anglais et des discordes civiles. C'est dans le même but, que le même pontife donna une bulle datée d'Avignon, également de Tan i5G5, permettantaux abbés qui, par ces temps de guerres, étaient forcés de se retirer dans les forteresses et les châteaux , d'y avoir des autels portatifspour y direlamesse, sans préjudice néanmoins des
ce fleuve, où ils ne se faisaiciU pas faute de i^vager les provinces sur leur Iiassagc. Qunnd les armi^es se réunirent autour de Paris, elles élaient, diton. chacune de cent mille hommes, l/annêc des Armagnacs était composée surtout de Poiievins, de Tourangeaux, de Toulousains, de Bordelais, de méridionaux. — Le duc de Bourgogne réunissait sous ses drapaux les Français septentrionaux, Picards, Champenois, Lorrains, Artésiens et surtout Flamands. Ce prince doit être marqué de flétrissure pour avoir le premier nppclé les Anglais dans cette guerre.
* Gallia christ., i. v.
le résultat qu'on voulait atteindre. Tandis que les explosions faisaient sauter à peine quelques fragments de la splendide basilique, la masse restait entière et semblait ne pouvoir être ébranlée dans les fortes assises horizontales de pierre qui la soutenaient depuis Tan 1228. On abandonna forcément la méthode de démolition par la mine; ni Pacquéreur de l'abbaye, ni les ouvriers de Royaumont n'étaient tenus de savoir en 1 792 toute la force de compressibilité et d'explosion de la poudre, que Ton ne connaît qu'imparfaitement même de nos jours. On renonça au système qui consistait à éventrer les mu* railles de féglise, en produisant cette meurtrière et irrésistible dilatation de gaz, cette effrayante poussée de gai qui a lieu lorsque la poudre étant enflammée subitement, ces gaz sont comprimés dans un espace 100 fois, 1,000 fois, 4,000 fois trop resserré.
Mais d*abord pourquoi démolir cette belle église? Tous les édifices de France n'ont pas disparu. Plus d'uiTe abbaye échappa au désastre, par exemple l'église de Tabbaje cistercienne de Pontigny ; par exemple encore, l'église de Tabbaye bénédictine de Saint-Benoit-sur-Loire. Aussi la question de responsabilité se pose immanquablement aai yeux de tous, au sujet du marquis de Travannet, acquéreur de Royaumont ; et l'on s'explique qu'au premier moment,' avant la connaissance des faits, on s'abandonne i l'entrainement de l'indignation pour condamner M. de Travannet, au nom des arts, au nom de la religion, au nom de la conservation des richesses historiques de la France, au nom de saint Louis enfin. Toutefois après l'éclaircissement des faits, après Tétude du dossier de M. de Travannet, l'histoire l'absout de la démolition de l'église de Royaumont, parce qu'il n'a pas dépendu de lui qu'il en fût différemment. L'autocratie de la commune de Paris mit la main à cette désastreuse affaire. PTélait-co pas le temps où la commune de Paris voulait détruire U