‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 258 sur 288 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

pendances diverses, comme héritier d'Isabelle, fille de Philippe IV. Les minisires français pouvaient répondre qu'il n'était pas le représentant légitime de cette princesse. Les rois d'Angleterre, en effet, réclamaient la couronne de France sous prétexte qu'elle leur était dévolue par les femmes; dans cette hypothèse même, elle n'appartenait pas à Henri, mais au comte de March. En toute condition, les ministres français avaient regardé la réclamation de Henri V comme une insulte à l'indépendance nationale et n'admirent même pas que l'on songeât à la discuter. On avait ouvert néanmoins des négociations dans lesquelles on fit des propositions et des offres, dont la main de Catherine, fille de Cliarles, était un des chapitres. Et comme on ne put s'entendre, Henri avait annoncé son intention de soutenir son droit par les armes ; il voulait décidément ceindre son front du laurier des conquérants. Les premiers mois de 1415, il ne parlait que de recouvrer son héritage par Fépée, ne cessant de répéter que la couronne de France lui appartenait et qu'il sauraitbien l'arracher à son injuste possesseur. En 1418, les débuts de son œuvre deconquéranllui avaient réussi, en partie, du coté de la Normandie. Ir , c'étaient ces sombres perspectives du monde politique, lont on retrouvait des reflets indirects dans l'allocution de a cérémonie d'élection de 1418, dont il faut reprendre la uite.

L'allocution du président terminée, tout le monde se îva avec révérence pour se mettre à genoux; et, pendant 3 temps, les cœurs étant absorbés en Dieu, le prieur ntonnait l'hymne Veiii creator Spiritus^ cette sublime in- >ralion adressée ù l'Esprit de lumière et de conseil. près cette hymne, les religieux de Royaumont rentrèrent ne seconde fois dans l'absorption de la prière et du releillennenl, demandant à Dieu de les éclairer de sa luîôrc pour le choix qu'il importait de faire dans des rconslances aussi graves ; ils implorèrent en môme temps

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ment avec force contre le principe de raliénalion elle même. Une haute pensée de prévoyance et decx)nsenati« avait inspiré celte sévère défense de toute aliénation; cV taient des garanties de durée que les constitutions ci>l'rciennes voulaient assurer aux fondations émanées isiècles antérieurs. Mais dans quel temps plus critique :i abbé eût-il à prêter serment ? Et dans quel déplorais état l'abbé de Royaumont recevait-il Thérilage sacre* saint Louis? Le nouvel abbé jura, cependant, surlesKiic Évangiles, d'employer son pouvoir à maintenir lesd: : du monastère, à faire vivre les coutumes ecclésiasli'i : et à révoquer toute aliénation de bien qui aurait èle b illégalement. Mais à peine Gilles de Cupc avail-il /^ • fidélité (ïecit fidelitatem), que la guerre reparaissoil toutes parts aux portes de Royaumont et venait remtt en question les localités où se trouvaient les propri territoriales de l'abbaye. Bientôt Henri V assiégeaitRon et faisait marcher 3,000 soldats sur Puntoise sous h ^ duite du duc de Clarence, son frère. Rouen et Ponlois' tardaient pas à succomber, et le chemin de Paris è* ouvert aux Anglais; Tinfatuation brilannique ne naissait plus de bornes. Pour surcroît, le roi d'Ai. terre exploitait savamment ja lutte persévéranlf Bourguignons et des Armagnacs. On n'en finissait d'entrevues amicales, de ruptures, de nouveaux yi de réconciliation et de nouvelles brouilles. Un d; ment fatal amena une explosion.

Le duc de Bourgogne, après une dernière rêconcill « étant relourné aux Anglais, les hommes dêlermintentouraient le jeune dauphin, futur Charles VII, n^ rcnt d'en finir à leur manière avec ce prince, qui pd'un moment à l'autre, livrer le royaume aux èinr. Le iO septembre 1419, le duc de Bourgogne, în\ilc .

'En 1410.

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