LIVRE PREMIER
La ville d'Asnières avait un château remarquable qu'habitaient Louis VIII et Blanche de Castille, et qui remontait à une date inconnue. Guillaume de Nangis appelle ce manoir, déjà du temps de saint Louis, «r une ancienne maison royale ; » il porte, depuis le treizième siècle, le nom de Château de la reine BlancheK La forme des tours, dont une subsiste intégralement et dont la construction est d'un âge très-ancien", les monnaies que Von découvre dans le sol du château, telles que des monnaies de Louis lY et de Louis V, et d'autres portant la date de 90i , sont des indices suffisants pour .estimer que le château était antérieur de plusieurs siècles à l'époque de saint Louis'.
Pour la ville d'Asnières elle-même, il subsiste plusieurs preuves de Timportancc plus considérable qu'elle parait avoir eue dans les temps antérieurs. Il est question d'Asnières, du temps du roi Robert, dans un acte où Ton trouve un di*oit donné ou confirmé à l'abbaye de Saint- Denis par un diplôme royal de Tan 997. Philippe de Nanteuil, évèque de Beauvais, confirma, en 1183, à l'abbaye de Saint-Denis, la possession de toutes les cures que cette abbaye avait dans le diocèse de Beauvais, et, parmi elles, celle d'Asnières*. Un état des receltes et des dépenses de la ville d'Asnières-sur-Oiso, dressé dans le milieu du treizième siècle, constate qu'elle devait d'assez
reconnut l'importance militaire, à cause de sa position fortifiée sur la rivière de l'Oise.
* Il est possédé aujourd'hui par madame la baronne Molitor.
* Nous parlons ailleurs de la forme de ce cbftteau, véritable forteresse. ' On a trouvé, dans le sol du château d'Asnières, des monnaies de Louis IV
cl de Louis V. — Une monnaie plus ancienne représente un globe de Charlemagne, au milieu d'une lettre gothique qui ne se peut déchiffrer ; elle porte une inscription qui parait norvégienne: Cotes Gaben [Dieu, don, prftce) par la grâce de Dieu; on y lit aussi l'année 901; De l'autre côté de cette médaille, on voit trois couronnes qui sont les armes de la Norvège, de la Suède el du Danemark, entremêlées de trois fleurs de lis, avec cette inscription : Hannskrnyvinckel in nur ; — la matière est en cuivre et en or.
* Archives de l'Empire, Cariulaire blanc de Saint-Denis, t. I*', p. 370. Comtes de Beaumontj par M. Douet d'Arcq, p. 180.
fortes sommes aux bourgeois de Senlis et par conséquent que c'était un centre considérable de population'. On remarquera aussi que des actes du treizième siècle portent les armes de la ville d'Asnières-sur-Oise. Le sceau delà commune représente le bailli ou maire debout, vu de face, tenant un bâton sur l'épaule droite et une fleur de lis de la main gauche. Dans le champ du sceau, deux ânes. Légende.... SigilL Communie de Asnières*.
On ne doit pas dédaigner les indications qui ressortent du plan cadastral d'Asnières, dressé dans les siècles suivants' ; il est visible d'après ce plan qu'Âsnières possédait les éléments qui caractérisent une ville. Cette sorte de carte géographique montre le quartier de rHdteUDieu d'Asnières*; elle désigne la permanence du carcan sur une place d'Asnières' ; on y voit aussi le quartier de la justice et de la potence^; le roi avait la haute justice dans cette ville % pendant que Hugo dit Serran et après lui Nicol
< Archives impériales, trésor des chartes^ carton J. 585, pièce 30. Ce rapport fut dressé en 1260, concernant les recettes et dépenses de la ville d'Asnières-sur-Oise, par les magistrats de la commune {tm^aret jurati); on voit dans ce rapport que Hugo, dit Serranus, était maire ou bailli d'Asnières en 1259, et qu'il succédait à Nicol Forestier, la ville d'Asnières « Debebal burgensibus de Silvaneciis, VI" 1. et VII, el XXX prousurà; LS ex altéra parle et XVI 1., de minutis debitis. » Le rapport dit le total des recettes, pour les fermes de la ville, le four, le travers, les quatre pressoirs, etc-; il donne ensuite le détail des dépenses de la commune ; l'abbé et le couvent de Royaumont y figurent pour vingt sous de revenus. On y voit les sommes pour trois procès avec les moines de Royaumont.
■ Trésor des chartes, ibid,
5 II y a un plan de 1742, dressé par ordre de Mgr Rosjset de Fleury, abbé de Royaumont, divisé en 27 cartes, que M*. Cli.Vander Mersb a libéralement fait restaurer et réunir en atlns, en lt(65, pour en faire don à la commune d'Asnières : les arcbives en étaient privées depuis 1814.
* Du côté du cbàleau de Touteville, appartenant aujourd'hui à H. Lavau.
' A l'emplacement du cimetière ancien, vis-à-vis l'église.
" Cette place se trouvait au nord-est du château d'Asnières, à un qu^rt de lieue du cliftteau royal, sur une petite éminence, derrière le cimetière actuel, au bord de la route qui venait de Paris ; on y voit encore une pierre qui supportait la potence. A la porte de chaque chef-lieu des seigneuries, dit un historien, s'élevait un gibet composé de quatre piliers de pierre d'où pendaient des squelettes cliquetants.
' a A Asuières a IIG. X feus ou li roys a haute justice et la oommnne