LIVRE HUITIÈME
Royaumont, comme tout Tordre cistercien, prolestât contre rhomme animal; or cette protestation paraissait s'être ralentie au quatorzième siècle.
On fut entraîné progressivement à des concessions et à des contraventions funestes. L'austérité du régime pouvait peser exceptionnellement sur quelque moine affaibli; mais la dispense accordée à quelques particuliers sur la rigueur des jeûnes, des veilles et des travaux, finit par s'étendre à plusieurs. Par exemple, les abbés et supérieurs cisterciens ne comprirent pas où les menaient falalement les pitances qu'ils laissèrent s'établir. Ces pitances paraissaient au commencement très-innocentes, s'il faut en juger par celles que Robert Bruce, roi d'Ecosse, fonda, au quatorzième siècle, au célèbre monastère de Melrose, consistant en ce que chaque moine, d'après la volonté du roi, aurait un plat d^amandes bouillies^. Les pitances, en définitive , avaient leur source dans la charité même. Quelques personnes de piété, voyant la pauvre nourriture dont usaient les bernardins, en furent touchées; et, attribuantcette austérité à l'indigence, laissèrent des fonds pour les soulager, à condition qu'on donnerait une meilleure nourriture aux religieux en certains jours de l'année, et parliculièrement les jours de fêles solennelles, où les longs offices causaient plus de fatigue. Ces pitances consistaient en une portion de poisson ou de morue avec du pain blanc. D'autres, excités par l'exemple Je ces personnes charitables, en fondèrent pour certains ours de la semaine ; et, avec le temps, il se trouva une si jurande quantité de ces fondations qu'on en eut assez pour lonner trois fois la semaine une pitance à chaquereligieux. <]t lorsqu'on eut Thabitudc de ces mitigations, le syslème lutritif par les pois, les fèves, les herbes et les légumes lu jardin, ne devait-il pas paraître arriéré et insipide ? Toutefois la condescendance de la part des supérieurs
« Waller Scolt, dans VAbb€.
personnel en fût Tunique mobile. Un véritable bien-cire fui le résultat de son installation ; aussi ses travaux d'intérêl public ne tardèrent-ils point à lui mériter la popularité et le surnom de père des ouvriers. Tandis que par ses entreprises de construction, qui sont calculées plus de cinq cent mille francs, il employait tous les bras et répandait Taisance dans le pays par le salaire, sa constante préoccupation était de trouver de Touvrage à tous et à chacun, parce qu'il aimait Tonvrier. |D'autre pari, tandis que par son activité, son zèle et son intelligence, il sut développer à P.oyapmont une prospérité industrielle dont les gens de la contrée parlent encore avec regret, il se montrait d'ailleurs vraiment digne d'occuper une résidence qui rappelait la bienfaisance d'un des plus grands souverain^ du moyen âge. Et il sut aussi se tenir à la hauteur de ce^ événements imprévus qui viennent quelquefois mettre à l'épreuve le dévouement et le patriotisme des citoyens Un incendie ayant détruit, en 1817, le quart des niaison> d'Asnières-sur-Oise, Joseph Vander Mersck mit toute s** énergie à organiser un comité de secours, dont il s^ constitua le trésorier et dont il fit accepter la présideniv au maréchal Moncey. On essaya une démarche à la cour, auprès de Louis XVIII, ce qui valut au comité d'Asniéiv^ sur-Oise, un subside de vingt-cinq mille francs, en so[t> que le trésorier distribua aux incendiés d' Asnières envir r. trente-cinq mille francs ^ On doit aussi à Joseph Vandir
> G*cst M. Vander Mcrsch, ({lit, dès 1818, encouragea les babiUnt< «i i niëres à cultiver la pomme de terre, aliraenl dont à ceUe époque on tti^i : peu usage aux environs de Paris. 11 y ê(ait intéressé, il est vrai, p r . qu'il lui fallait beaucoup de fécule de pomme de terre pour ra|»|'rf ; J étoffes qu'il blanchissait.
Dans l'hiver de 1816-1817, un pain à Asnières valait cinq francs; k^ \Tiers qui travaillaient à Royaumoni, et qui ne mangeaient bal»ta«lK*c: que du pain et des haricots rouges, étaient très à plaindre. H. Xbi Versch faisait faire pour eux de la soupe économique, dans laquelle i • trait beaucoup de pommes de terre. Beaucoup d'ouvriers répugnèrent j manger ; un de ses contre-maîtres lui dit : c Monsieur Vander Vcrscl