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526 HISTOIRE DE ROTAUMONT.
faisant, et il était rare qu'elle ne fût elle-même régulière. La foi du révérend père abbé, son assiduité à la prière, ses exemples de retenue et de mortiûcation, son exactitude aux règles, soutenaient tout rédiûee. Gilles de Cupè s^était-il consei^vé pur et zélé dans le refroidissement général? n'élait-il, au contraire, qu'un abbé de décadence, un type amoindri, manquant le premier à la régularité, se laissant gagner par le froid du relâchement, et entraînant les autres par son exemple? Quelques années avant Gilles de Cupè, il s'était bien introduit dans Tabbaye de Royaumont un petit esprit de contention et de polémique, mais sans caractère prononcé; la manifestation de cet esprit avait été sensible à l'occasion de quelques affaires du dehors, où Tabbaye pletida pour revendiquer certaine latitude de juridiction pour Royaumont et une certaine indépendance intérieure du monastère. On n'en peut pas conclure précisément que la zizanie y eût trouvé la porte ouverte. Le pape Clément IV estimait^ avec raison, que cet amour de la chicane, appliqué à des questions de préséance, était le symptôme d'un mauvais esprit : <c Lorsque « les religieux d'un monastère, disàit-il, se sont éloignés « de l'esprit primitif de Tordre, ils se jettent Irès-facile- « ment sur des pointillés d'un Taux honneur, qui sont or- <i dinairemenl les sources de la dissipation et du dérégle- « ment des monastères. » Prémuni à cet égard, Gilles de Cupè trouvait un préservatif dans l'histoire et dans les malheurs de son temps. S'il y a des calamités attachées à la prospérité, le nouvel abbé de Royaumont n'avait pas, en 1421, à se défendre des dangers qui naissent des longs bonheurs et des longs succès. C'était dans les temps d'oisiveté opulente, de calme plat continu et de repos monotone, que les appétits de vanité, d'ambition, de désir de paraître et déplaire au monde, qui ont toujours des intelligences dans la place de notre àme, pouvaient se faire jour dans le cœur d'un abbé attiédi et infidèle à sa