LIVRE HUITIÈME
cité, lui avait accordé certains droits etcerlaines libertés. Henri V voulut ratifier, en 1421 ,ce que les habitants dePonloisc -appellent un monument de gloire et de liberté^; il déclara qu'à la demande des bourgeois dePontoise, il avait jugé à propos de confirmer la teneur de la charte dorintc par Philippe Auguste. Et d'autre part, à voir les nombreuses chartes signées par Henri VI, successeur de Henri V, on croirait que la domination anglaise se regardait comme à jamais affermie en France. L'opinion, du moins, en pouvait exister, surtout dans tout le rayon de TIle-de-France. Au nom de Henri VI, roi d'Angleterre et soi-disant roi de France, des lettres sont données à Caen, le. 23 décembre 1425, par lesquelles le monarque concédait aux religieux de Saint-Êtienne de faire tenir leur cour et plaids et rendre la justice à leurs sujets du plat pays, dans les villes de Caen, de Bayeux, Falaise et autres lieux, sans cependant pouvoir rien entreprendre sur la justice du roi. Ces leltres-royaux étaient données sub sigillum regium en Tabsence du grand scel ou sceau particulier du roi. A trois ans de là, en 1426, nous retrouvons un acte du même monarque accordant à Tabbaye de Villers un délai pour prêter serment de fidélité et rendre aveu au roi\ Il sommait cette abbaye dç reconnaître la domination anglaise ; c'e^l que la communauté de Villers avaitdéjà rendu aveu au roi de France, Charles VI'. Ailleurs, des lettresroyaux de Henri VI, roi d'Angleterre, soi-disant roi de France, datées du 22 octobre 1426, permettent au bailH de Caen et à l'abbé de Saint-Pierre-sur-Dives, jouissant des droits de haute justice, de prendre quatre écuyersau lieu de quatre chevaliers, qui ne pouvaient être réunis à cause de la guerre, pour assister le bailli de Saint-Pierre-
* Dom Estiennot avait copié mot pour mot la charte originale. V. HUi. de Poniaise, par Tabbé Trou, p. 41.
* Archiv. du Calvadoê, par Lechaudé d'Anisy, l. I, p. 50G. ^Itnd,, par le même, t. 11, p. 529.
sur-Dives dans le jugement d'une femme accusée de \ol. Le roi Henri YI donne, cette même année 1426, qui êUit la quatrième de son règne, d'autres lettres-royaux, datées de Paris, par lesquelles il est enjoint au bailli ilt Caen de faire remettre dans les prisons de la haute justice de Saint-Pierre-sur-Dives un voleur qui en avait été eolevé et conduit à Falaise; une autre lettre de Henri TIJ. Tannée 1427, permet à Tabbé de Sainl-Pierre-sur-Di\t5 d'actionner le lieutenant général de Caen, qui avait enlc\' de la prison de l'abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives* ^ criminels sur lesquels il n'avait pas droit.
En présence des actes de l'autorité anglaise qui siirposait au pays, la personnalité négative de Gilles de Cup ne se dessine dans Phistoire que par les ombres et lesl cunes qui Tencadrent. Le nouvel abbé ne trouvait i-' quinzième siècle, à Boyaumont, qu'un personnel dein<r nés très-diminué, et en même temps très-amoindri ( • des nécessités de vie un peu vagabonde. Tandis qu*« treizième siècle, on avait compté jusqu'à cent quanr' et cent quatre-vingts religieux, on n'en trouve janu plus de vingt ou trente à RoyaumonI, à partir duqur ztème siècle *. Le recensement des noms de moines ci: dans le Cartulaire de Royaumont conduit toujours iov riablement, pour les quinzième, seizième, dix-septit: et dix-huitième siècles, au chiffre de vingt, vingt i. religieux ; et, dans les derniers temps, le nombre vai^i de dix à quinze moines. Le contraste de ce petit nom: d'habitants, avec les grandes proportions du menait devient péniblement choquant. D*aussi grandioses structions, d'aussi vastes espaces n'avaient plus leur: son d'être. On pouvait, au quinzième siècle, par >> du nombre si diminué des moines, reprendre PaDi'
* V. Chartes et actes normands ou anglo-normands, dans les Arc^i'- Calvados, collection Lechaudëd'Anisy, 1. 1, p. 250. S60.
* Aux manuscrits de la Bibliothèque impériale de la rue Rirhelitu