‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 281 sur 288 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

cela, pour rendre plus stable encore et plus parfait un équilibre de pouvoirs déjà si bien constitué, dominait l'autorité souveraine du chapitre général, réunion de ces mêmes pouvoirs , chargé de réprimer les abus dans le chef et dans les membres et de régler tout ce qui était nécessaire au mainlien de Tobservance, à l'exécution de la discipline. Tout se tenait, tout s'enchainait dans ce système administratif, chef-d'œuvre des premiers fondateurs, complet et parfait dans son ensemble ; l'organisme en était pourtant bien simple. Il ne renfermait que cinq articles fort courts, mais essentiels : colonnes fondamentaies qui supportaient fout l'édifice; en renverser une, c'était ébranler les autres et menacer le monument d'une ruine prochaine. »

On aurait eu moins de peine à réorganiser Royaumont au quinzième siècle, si cette admirable et primitive constitution cistercienne fût demeurée intacte; mais, d'après l'histoire, on avait eu le malheur, au treizième siècle déjà, de toucher à un des articles essentiels de cette constitution^, et ce ne fut point impunément. Voici les faits : ce Jacques, deuxième du nom, abbé de Citeaux, avait succédé à Guy m, appelé par Urbain IV aux honneurs de la pourpre romaine. Son élection avait été faite par le prieur et la communauté de Citeaux réunis, mais sans le concours des premiers pères de l'ordre, qui, d'après les termes de la Charte de charité^ devaient y prendre part. C'était contraire à la constitution cistercienne : une violation de la loi en amène une autre. Pour atténuer le côté illégal de cette élection et mettre le chapitre général dans ses intérêts, Jacques se trouva entraîné à nommer lui seul tous les définiteurs', sans se soucier en aucune fa-

' On adopte ici la thèse du savant et moderne cistercien , qui vient d'ôcrire l'Histoire (fAiguebelte, On n*a cru pouvoir mieux faire que de le laisser résumer lui-mônic les faits et les apprécier philosophiquement et K'gislativement.

* Les détiniteurs étaient les membres du chapitre chargés d'examiner et

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trouvé à Royaumont. Aussi des négociations s^ouvrirenti cet effet. Le maire el le préfet de Nancy ayant infilè M. Joseph Vander Mersch, par lettre du 27 juin 1826, à dresser procès-verbal pour constater Tidentitë de la boite en plomb renfermant le cœur du prince Camille de Lorraine, trouvée dans les décombres de l'église de Royaumont, M. Vander Mersch expédia, le 4 juillet 1826,1e procès-verbal dressé par M. Goujon, adjoint de la commune d'Asnières-sur-Oise * ; et il envoya aussi à Nancy, par les messageries, la boiteelle-méme.Lemëmejour,4 juillet, M. Joseph Vander Morsch adressait également à M. le comte de Tocqueville, préfet de Seine-et-Oise, une lettre" datw de Royaumont, relative à la même affaire. Cependant huit jours étaient à peine écoulés (le 12 juillet 1826 1; M. le préfet de la Meurthe (Nancy), le marquis de Foresta écrivit au préfet de Seine-et-Oise pour accuser réception : V du procès verbal constatant les circonstances de la découverte faite à Royaumoiit de la boite renfermant leccror du prince Camille de Lorraine; S"" de la boîte ellc-raêrne parvenue dans l'état décrit par le procès-verbal * ; et ensuite pour charger son collègue de remercier M. Vander Mersch de Tempressement qu'il avait mis à faire cet envoi.

Ce n^était encore qu^un simple préambule des affaires d'administration funéraire dont Royaumont devint l'occasion. Au mois de février 1845, en creusant le sol deli chapelle du côté droit, là même où dix-sept ans auparavant, on avait trouvé le cœur du prince Camille, on découvrit trois cercueils en plomb, rangés ensemble, p*>rtant chacun une plaque en cuivre avec une inscription C'étaient : 1* le corps de l'illustre comte d'ilarcourf, \t fameux capitaine du dix-septième siècle, mort en 1666.

* <k)iiservt* aux ai*cliivesdc ta préfecture de Seinc-eUOise.

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