‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 31 sur 288 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

avtic sa mère à la dédicace de l'église magnifique des ficrnardins de Longpont. L'abbaye datait du siâclc précédent, de l'an 1151. Le bienheureux Jean de Montmirail, seigneur de Montmirail en Brie, avait répandu du lustre sur celte abbaye, en quittant le monde et se faisant religieux de Longpont. C'est un comte de Crépy, Raoul IV, qui avait jeté les fondements de la belle église de cette abbaye bernardine, en 1145; elle ne fut achevée qu'en 1226. Jacques de Bazoche, èvëque de Soissons, fit la consécration de l'église, étant assisfé de l'évêque de Beauvais, et en présence de la reine Blanche et de saint Louis.

Cette abbaye de Longpont était florissante ; le nombre des religieux s'élevait jusqu'à deux cents; des personnes de toutes conditions et de tout pays venaient y demander l'habit de l'ordre'. Le jeune monarque accorda divers dons à cet établissement; et c'est là naturellement qu'il prit le dessein de ce qu'il voulait faire pour l'abbaye de sa création, c'est là qu'il fut confirmé dans l'idée d'appeler des Bernardins à ttoyaumont*.

Lorsque Louis VIll demandait, dans l'expression de ses vœux suprêmes, que son fils aîné 6t sa royale veuve érigeassent un nouveau monastère, son désir portait, sans entrer dans le détail et la nuance de tel ou tel ordre monastique, sur l'établissement d'un groupe d'hommes* se

une longue cbaussëe coupée de marais, sur lesquels on avoJt établi une Buite de ponts. (BUt. tleJratt de VùnlmiraU, par H. Boilel, p. 403.)

* BMûire de Jeitaàe MoBlmrail, p. 408.

* < On prétend que ce (ut là qu'il (saint Louis] prit le dessein de ronder l'abbaje de nojaunioni, à quoi il U^vailla dte l'année suivante. ■ {fie de total Lottit par Tillemonl, manuscrit, t. I, g iviii.}

* Ainsi l'inlerpréLérent les ciéculenrs du leslamenl. Saint Louis n'agit pji cette fondation qu'avec le conseil et le consentement de l'eiii^culour dn testament de son pérp.c'eït-à-dirc, ce semble, de Jean abbiideSoint-Vtutor, que Louis VUl avait nommé plus particulièrement que les autres, ou du Gautier évéque de Cbartres, si Jean avait d^à renoncé k ^on abbaye et ù toutes les autres altaires; et néaiunoins, au lieu que Louis VIll avait oitlonnë de mettre dans cette abbaye des chanoiues réguliei's di^ Suini-Victoi'. il y mit, dit Tillemonl, dcsreligieui deClteaux. (Us G. ii. tQ.— Itndiesue, p. 33S.— Tillemont, Viedetaml Louû, i. I,p, 489.}

perpétuant, se recrutant d'âge en âge, vivant ensemble dans l'enceinte des mêmes murs, se distinguant par la triple particularité de l'observation perpétuelle de la chasteté, de la pauvreté et de l'obéissance, portant un costume commun, simple, invariable et uniforme, conservant le recueillement de Tâme, par une cessation habituelle de rapports avec le monde et se fortifiant dans leur vocation par de pieuses méditations, par des mortifications fréquentes et par des exercices de piété journaliers et nombreux, accomplis en commun.

Il y avait peu d'ordres dans TËglise qui eussent plus brillé dans leurs commencements et qui eussent plus édifié les peuples que Tordre de Clteaux. C'est une modification de celui de saint Benoit, qui devait son origine à saint Robert, abbé de Molême, dans le diocèse de Langres, sur la fin du onzième siècle. Récemment encore, Pierre deCastelnau, Arnaud, ancien abbé de Clteaux, devenu ensuite archevêque de Narbonne, venaient de jouer un rAlc bruyant et actif, dans la terrible guerre contre les Albigeois ; et de son côté le représentant de Rome, le cardinal légat, avait montré quel cas il faisait des Cisterciens, puisqu'il avait demandé leur concours pour la délicate et difficile mission qu'il avait à remplir en France. Ces faits ne contribuaient pas peu à fixer l'attention publique sur Tordre de Citeaux, et à le rendre populaire, surtout quand on voyait le sainl-siége lui rendre un public hommage, et charger les Pères de Cîleaux de visiter Tordre de Prémontré ^. D'ailleurs la grande ombre de saint Bernard ne planait-elle pas encore sur le monde étonné de son éloquence, de ses austérités, de son ascendant politique et de ses vertus ?

L'empressement de Blanche et de saint Louis fui admi-

» Gallia Chriitiana, t. IV, p. 095. « Adeo ftorjhai [en iSii) ùrdo CîUeràenêiê ui jusserit iummus pontifex ordinem PrCiHonstratensem per &bèairê CisierciensU ordini^ eircHnu[uaque vmtari. v

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