‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 38 sur 288 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

barons, pour exécuter l'ordre que son père Louis VIU avait donné par son testament \ » On peut renvoyer d'ailleurs Guillaume deNangisau recueil ofiQciel des Chapitres ou assemblées générales tenues par Tordre de Citeaux dans le treizi&me siècle ; on y voit qu'on s'occupa, dans un Chapitre général des cisterciens tenu en Tannée 1229, d'une injonction à transmettre au sous-prieur de Royaumont*. Royaumont était donc déjà fondé en 1229, puisque les supérieurs de Tordre conféraient sur les religieux et les fonctionnaires de cette nouvelle abbaye.

On est étonné que saint Louis, pour accomplir le vœu de son père, ait choisi en véritable maître et avec un profond sentiment de la nature l'emplacement de Tabbaye qu'il allait créer. Le plan d'une abbaye entraînait un système très-complexe qui n'impliquait pas seulement de l'architecture ; il fallait un coup d'œil d'ensemble pour embrasser la totalité des aspects dont les nécessités matérielles et le but moral d'un monastère donnaient l'idée. Les harmonies du sol, de ses ressources et du site entier avec les nécessités de la colonie qu'on va fonder, la convenance des conditions géographiques avec les exigences de l'idéal monastique, rien n'avait été oublié dans la détermination de l'emplacement de Cuimont. Le côté positiviste de l'ingénieur et le côté ecclésiastico-technique étaient en même temps satisfaits. — On avait admirablement étudié la combinaison des bâtiments, le rôle des eaux qu'on devait utiliser par des travaux d'art'. Comme le lieu et les conve-

*■ Euai de Fhistairê de Vardre de Citeaux, par le R. P. Dom Pierre Le Nain, sous-prieur de la Trappe, t. IX, p 289, in-18 ; Paris, 1697.

* Thésaurus anecdotwrum, de Dom Martene, de la congrégation 'de Saint- Maiir, t. IV, p. 1351, pro anno 1229.

' On utilisa la petite rivière la TMve qui prend sa source au-dessus de Mifrfontttine et celle appelée L'Itieux qui vient de Belle fontaine, au delà de Lutarches. — La Thève traversait les marais qui régnaient depuis les étangs de Comèle jusqu'à l'Oise devant Boran. Le trajet total de cette petite rivière n'est pas grand à vol d'oiseau, mais il dépasse 15,300 mètres en tenant compte des sinuosités incessantes du cours* La Thève \Juvay Theva

48 HISTOIRE DE ROYAUMOiNT.

nances avaient été admirablement calculés pour les exigences de l'abbaye future S on a été eRtralné à des conjectures relatives au nom des conseillers qui inspirèrent Blanche et saint Louis. Faut-il s'arrêter au nom de Thibaut V, comte de Champagne? Sa qualité d'arfîste, de poète et de grand seigneur pourrait être invoquée légitimement ; nous n'avons pas à nous préoccuper de savoir si les attachements passionnés et les chansons de cet aristocratique lettré répandirent quelque chose de romanesque sur le temps orageux de la tutelle de saint Louis ; mais, entre Vile-Adam et Beaumont, on rencontre une localité désignée du nom de Champagne^ et quelques modernes présument que le célèbre Thibaut, habile à manier la lance, et qui composa des poésies avec Raoul, comte de Soissons, possédait un manoir dans cette localité. Poursuivant leurs inductions, ils imaginent que delà le comte de Clhampagne visitait le pays d'Asniéres et de Cuimont, et conçut le premier l'adoption de ce site pour l'abbaye projetée. 11 n'y a qu'un défaut à cette hypothèse ; c'est que la petite localité nommée Champagne avait une existence historique bien longtemps avant la naissance du célèbre comte, mari d'Agnès deBeaujeu ; et que d'ailleurs le château royal d'Asnières, les étangs de Commelle, la chasse dans la forôt de Cuise, attiraient constamment les rois en ce pays, et qu'ensuite Blanche y venait fréquemment pendant Tcnfance de saint Louis.

en 1225, Tèva en 1317), sépare au sud-sud-ouest la section du territoire de Boran située à l'est de l'Oise, du territoire d'Asnières ; elle a 6 mètres de largeur, au-dessus du moulin ; la Thève vient du canton de Nanteuil. Elle coule sur le sable et sur la tourbe.

Avec ces deux rivières qu'on détourna on devait créer artificiellement de grands étangs, peuplés de poissons ; l'un devait commencer au moulin de Bertinval pour finir aux murs de l'abbaye de Hoyaumont; d'autres devaient être formés au couchant, entre l'abbaye et l'Oise.

^Selon les principes fondamentaux de la réforme cittercienne les monastères ne devaient être construits qu'à dùtance de» lieux hahUés {Exer^ ditim cœnobii ordin^ Citterci, cap. XV, instUuia, cap, ffen, cap, i et IV^ ap. Nom. eût, 246-247.

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