LIVRE PREMIER
nal fui consulté sur la question de Cuimont. Ce charmant plateau, a>ec sa ceinture de collines, dut exercer une séduction sur Tesprit du prélat italien. Mais pourquoi chercher le nom de celui qui donna l'idée du magnifique emplacement de Royaumont pour la nouvelle abbaye à fonder? Ce site ne s'imposait-il pas de lui-même aux hôtes du château royal d'Asnières ? Que si l'on considère, pour la situation topographique d'Asnières, un premier cercle et le plus rapproché du point d'observation, la perspective qui s'offmit alors au regard formait une gracieuse ceinture de bourgs et de villes, semés de distance en distance ; on y distinguait Viarmes^^ aux anfractuosités gracieuses, et dont les manuscrits font mention dès le douzième siècle ; Seugy *, aimé par les châtaigniers séculaires ; GieZy gracieux accident, avec ses moulins, sur un fond agreste* ; Luzarches ^ cité célèbre par sa collégiale, sa maladrerie, où Gharlemagne avait des mètaii:ies, que Jeanne de Bourgogne, épouse de Philippe le Long, visitait comme pèlerinage,
pour un témoignage de cette passion, la blonde couronnée , s'est trouvée, dans un manuscrit plus correct, n'ôtre que la blonde colorée : eipression dans laquelle rien ne peut plus autoriser à voir une allusion à Blanche dé Castiile.
^ Viarmes s'écrivait \Virmes ou Wiermes dans les anciens titres. Vers la fin du douzième siècle, l'église de Viarmes fut donnée au prieuré de Saint- Martin des Champs, à Paris, par un Renaud de Glermont. Ermengarde, abbesse du Paraclet, vendit à l'évéque de Sentis, vers 1225, une maison entre Viarmes et Asnîèrcs c inter Villam de >Virmes et Villara de Asinariis • {Charte aux archives impériales) .
'Thibaut de Seugy, chevalier, fut l'un des exécuteurs testamentaires du dernier comte de Beaumont-sur-Oise, le comte Jean, d'après un acte de Tan 4231 ; Theobaldum de Setiçy^ miles, etc. (Archiv. imp., carton 5, 1410, n«46).
^ Royaumont acquit le moulin de Giez, de Thibaut, comte de Beaumont (cartulaire de Royaumont, t. I).
^ iMzarcha, iMzarecha, a joué un rôle historique -, les chirurgiens de Paris furent sympathiques à Luzarchcs, et y venaient tous le^ ans. Théo* doric en a daté des statuts : Marie -Thérèse d'Autriche, la femme de Louis XIV, était à Luzarohes quand elle apprit la mort d'un des princes SCS iils ; les évèques de Paris étaient seigneurs de Luzarclies : c'est la patrie de l'architecte qui construisit en 1220 la belle cathédrale d'Amiens, Robert de Luzarches. — Un de nos collègues de X institut historique prépare une histoire de Luzar6hes.
et dont les églises brillantes furent recherchées par Anne d'Autriche ; Chaumoniel^ où Constance, comtesse de Toulouse, venait au douzième siècle chercher la retraite et les austères pensées, Chaumontel, qui, malgré sa désignation, n'est lui-même ni chauve, ni brûlant, ni bâti sur une élévation ^ ; Bertinval * au nom sonore, et dont les chroniques vantent les seigneurs; les Grous^^ cimes peu élevées, fréquentées par les touristes et favorables aux études des peintres de paysage ; Gouvieux *, fier de son camp de César, cité aux longues rues, se cachant dans les bois comme au temps de la conquête romaine et s*abritant contre les bases du mont Pô, à la façon de l'enfant qui se presse contre sa mère ; Precy^ dont la seigneurie appartenait depuis le huitième siècle à la maison de Montmorency- Luxembourg, ancienne petite ville du comté de Beaumont, au pied de laquelle l'Oise serpente à l'instar d'une couleuvre*; le Lys^j qui n'est plus qu'un souvenir de quelque
* Le pape Eugène III parle de Chaumontel» en 1147, dans une balk relative aux biens de l'abbaye de Montmartre, c m calvo nunUiaUê » fondation qui relei-ait de Coye ; les auteurs des Fouillés de Paris ont appelé ce lieu Calidtis mons en latin, ChaumorU en français» Chaununtfel. Cbauinonlel est un abrégé de Chauve-montel, mont dénudé ; ragglomérmtion de Cbaumontel est située sur le bas du coteau qui lui a donné son nom.
' La Gallia chrûtiatia mentionne Bertinval dès le treizième siècle; il est question des seigneurs de Bertinval près Luzarches dans les registres de l'archevêché de Nicolas Camus, en 1607 {Bist. du dioc. de Parût par LeboniH
' FjBS Grouê, est un mot de la basse latinité, GroOf Croà, Groua, signi- Gant marécage, barrage, clôture au moyen d'une haie (voy. travail «k N. Peigné Delacour lu au comité archéologique de Senlis). Il y avait cnelftt des étangs au bas des Grous.
* Un habitant de Gouvieux figurait en 1152 à un acte de donation fattf aux Templiers ; c'était Eudes de Gouvieux, Odo de Guviit dit une charte [archiv. Impérial, carton S, 5086, pièce 1'*]. Un titre du douzième sièdf nomme Gouvieux Guvisin (cartons relatifs au prieuré de saint Leu d'Esserent, aux archivet de la préfecture de l'Oise).
•En latin Preuiaeum, Prisciacum; Précy, disent quelques titres, fui cédé à Philippe Auguste par Thibaut d'Ully. Le château passa en 1767 ib branche des Montmorency, marquis de Fosseux, et fut vendu par eux m 1783 è M. d'Avrangcd'IIaugcranville. Le château avait été pris sur les kn^^» en 1 450 par le maréchal de Boussac, et la forteresse démolie : un chàtma moderne s'élève au même emplacement
* Un Girard du Lys, (Girardus de Lis, miles) figure dans un écrit andcn