‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 43 sur 288 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

liaut de la forêt de Carnelle ^ appellent la comparaison avec la terrasse actuelle et si justement vantée de Saint-Germain-en-Laye; il n'y a rien de plus tranquille que les flots verts de l'Oise, rivière caressante entre toutes les rivières. Elle portait, du temps de Blanche de Castille, de légères barques, en attendant nos pesants bateaux de commerce.

Comment dépeindre cette rivière, venant de Boran, pour baiser avec respect et amour les limites du pays d'As nières, et longeant ensuite les pentes de Noisy jusqu'à Beaumont, avec la placidité d'une âme sans peur et sans reproche? Comment décrire les charmes de cette nature douce et tempérée? S'il n'y a pas, comme aux rives de la Méditerranée italienne,des citronniers embaumés,un inaltérable aarur du ciel, et un éblouissant soleil, Asnières jouissait des avantages très-enviables des climats tempérés ou moyens. Saint* Louis et Blanche de Castille faisaient seulement preuve de goût en adoptant le site de Royaumont; la campagne d'Asnières, sa végétation, son sol plantureux, le site délicieux de ses environs, en font un des beaux séjours de France.

Si l'aspect extérieur de la ville d'Asnières au treizième siècle était analogue à celui d'aujourd'hui, on aurait uile autre clef d'explication. Sans compter les nombreux châteaux*, anciennies résidences seigneuriales qu'Asnières

^ Une grosse tour de défense se trouvail à une extrémité du parc du château d'Asnières, sur les hauteurs de Carnelle. Elle fut détruite il y a peu d'années. Le lertre, & cet endroit, porte encore le nom de la motte du Parc,

* fje Guide pittaresquedu voyageur en France publia il y a quelques années une statistique de l* Ile-de-France, Voici ce qu'on lit au chapitre Asnièressur-Oise, c village situé prés de la rive gauche de l'Oise, à 8 lieues 1;2 de Paris. C'était jadis une terre royale où Louis IX et quelques-uns de ses successeurs résidèrent souvent. Parmi les nombreuses maisons de plaisance qui embellissent ses alentours, on cite le château de TouteviUe, le château dit de la reine Blanche, et celui de la Commerie (on a oublié ffiôtel seigneurial qui est le château de H. Auguste Chevalier). Royaumont est un joli village, dépendant de la commune d'Asnières, où existait autrefois une célèbre abbaye fondée par saint Louis : une superbe filature, des fabriques de tissus, une blanchisserie de toiles, ont remplace cet ancien monastère, et vivifient les villages des environs. » .

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montre avec orgueil, Asnicres possède, m outre, une quantité d'habitations remarquables de propreté et d'élégance. On dirait une de ces villes modernes de l'Europe du nord, de laJHollande, de TÂngleterre ou du Danemark, dansr lesquelles la propreté des maisons, des rues, des ruelles, des carrefours, frappe toujours le voyageur. Faudrait-il baser sur le confort et le luxe extérieur des maisons et des rues d'Asnières-sur-Oise les inductions d*un historien-poête émerveillé des beautés et de la tenue d'une ville de Fionie au bord des mers 7 L'auteur du Voyage en Danemark concluait de la propreté extérieure des maisons la moralité interne des habitants. Cette propreté si exquise ne lui apparaissait pas seulement comme une élégiince, mais comme une vertu; il avait raison : on devra toujours se défier des peuples comme des individus qui se sentent à l'aise dans la saleté, signe des âmes abaissées et abêties. On se sent touché de respect, au contraire, pour un peuple propre, parce qu'on devine que c'est un peuple qui se respecte. Après avoir bien observé la ville, qui Tenchantait jusque dans ses faubourgs les. plus reculés, cette ville sans boue et sans tache, cette ville dont l'hermine pouvait être reniblèmc, le voyageur méditatif concluait enfm que les femmes y devaient être relativement plus chastes et les hommes plus honnêtes, tant il y a d'affinités secrètes entre ces recherches, ces lustrations, ces sollicitudes universelles de propreté et la pureté morale des âmes. Faut-il le dire, on ne voit pas de raison de contredire, dans le cas spécial, la doctrine physiologique qui déduit de la poésie des rues la poésie des âmes, pourvu qu'on n'étende pas d'une manière absolue ses applications. Asnières-sur-Oise a su faire aussi do ses rues presque des jardins, de toutes ses maisons presque des résidences do haut confort. Et rien ne fait supposer qu'il on fut différemment du temps de saint Louis : Asnières eut toujours son doux génie; elle devait avoir

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