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naissent qu'aux époques où la liberté était absolument nulle dans la société laïque, les couvents procurèrent à leurs cénobites, en retour de leur soumission à une règle, une certaine mesure de liberté (M. Alb. Réville). D'où viennent donc les malentendus, lorsque historiquement, les positivistes se chargeraient de la justification du monachisme dans le passé? Même le monachisme, considéré psychologiquement, s'explique d'après M. Littré, pour qui Dieu n'est, dans les régions logiques, qu'un phénomène subjectif de la pensée, puis, qu'il existe, selon lui, au tond delà nature humaine une tendance à l'ascétisme, et que c'est là Torigine de toutes nos propensions vers la retraite et la solitude, le point de départ de toutes les fuites du monde et de toutes les mortifications. Pourquoi se décourager? N'est-ce pas l'auteur de Le/ia, de Spiridion et de Mademoiselle de la Quintiniej qui, dans sa franchise entière, ose proclamer qu'un des ordres religieux qu'on attaque le plus de nos jours, « renferme implicitement ou explicitementunedoctrine de progrès et de liberté ? » N'a-t-il pas déclaré que « si on juge la pensée mère de l'institut des jésuites comme pensée ayant servi de corps à un ensemble de progrès, on ne peut nier qu'elle n'ait fait faire de grands pas à l'esprit humaiivet qu'elle n'ait beaucoup souffert, au siècle dernier, pour le principe de la liberté intellectuelle et morale, delà part des apôtres de la liberté philosophique? » Enfin, la vie monastique vient de rencontrer un de ses plus chauds partisans dans l'auteur de
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la Vie de Jéstis. Revirements étranges ! le même écrivain qui veut substituer un Christ humain au Christ divin se met à aimer le couvent; il pense que le monastère réalise T idéal évangélique, et que nos générations modernes reviendront de leurs préjugés à cet égard ; il pense enfin que « dans l'avenir, la science s'organisera encore sous forme monastique. » On a malheureusement tort, très-souvent, dans notre Babel intellectuelle, de prêter au catholjcisnte des doctrines ou des tendances qu'il n'a pas, et qui n'existent que dans nos manières personnelles de voir. Le catholicisme admet le monachisme comme institution exceptionelle, mais il proclame, mieux que personne, la famille, la propriété, la patrie, l'humanité. Et cependant, n'arrive-t-il pas tous les jours que des esprits extrêmes reprochent au christianisme catholique de pomser l'homme au désert? Que veut-on dire? Si, en un sens, le christianisme détache les âmes de l'existence actuelle, ce n'est que pour couper certaines racines, fort préjudiciables à la collectivité ; car dans un autre sens, nul n'est ici-bas aussi bon entendeur que le christianisme pour adapter les sociétés et les individus à la vie présente. Sans doute, si la manière d'être des communautés religieuses dévenait générale, cela mettrait une prompte fin au genre humain; mais c'est là créer une hypothèse impossible, et supposer gratuitement à des vocations qui seront toujours la minorité, une majorité que l'équilibre providentiel ne tolérera jamais. D'où tire-t-onque le christianisme ai^
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des préceptes ou des enseignements catégoriques en faveur de l'inutilité du travail et de l'universalité de la continence ?
Que, pour beaucoup d'esprits, le mot de monastère suggère, au premier moment, une idée de solitude inerte, inféconde, dans laquelle l'homme s'ensevelit pour se rendre inutile à la terre, cela est possible et arrive même fréquemment; mais c'est une idée fausse, et c'est un devoir, à ceux qui l'ont, de s'en éclaircir. C'est une idée fausse de croire que le principe monastique ait fait brèche à l'idée chrétienne, qu'il ait diminué l'importance de la famille. L'organisation du christianisme forme un grand ensemble, où les institutions partielles diffèrent entre elles par ladifférence des fonctions partielles, mais la tendance générale pour le salut de l'âme et pour la civilisation de l'humanité est toujours scconde^e. Si quelques ordres religieux élèvent entre eux et le monde des haies qui les protègent, on n'a pas le dfoit de dire d'une manière générale que l'association chrétienne diminue les points de contact « qu'elle doit avoir avec l'humanité», ou « qu'elle désespère de la grande société humaine, » ou enlin « qu'elle confine les amants de l'idéal dans des forts détachés où de hautes murailles les séparent du monde, ne leur laissant que la vue du ciel. » Ce ne sera pas la faute du christianisme, si les nations modernes n'apprécient pas surfisainment « la poésie et la salutaire discipline de la vie de famille, » ce ne sera pas sa fiiutC) si les classes dirigeantes dans notre Occident
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n'empruntent pas de c< la forte constitution de leur foyer domestique, » la moralité, la dignité, la vie saine pour le corps et pour l'âme. » Si c'est l'Évangile qui a produit les ordres religieux, c'est l'Évangile surtout qui a divinisé la famille ici-bas, en la constituant avec une incomparable solidité. Si la forme monastique n'est pas la seule sous laquelle on puisse concevoir l'association religieuse, onn'enpeut pas dire autant d^ la faiùiile chrétiennement organisée ; on ne conçoit pas une autre forme de la constitution de la famille qui, dans les conditions actuelles de l'humanité, sauvegardât plus efficacement, pour l'homme et pour la femme, les mœurs, la dignité,lerespect,lasuavitédu foyer intime, lafraicheur du sentiment, toutes ces nobles chosesqui s' éloignant du factice, demandent pour base le réel. La littérature française du dix-neuvième siècle s'est épuisée eji romans et en plaidoiries pour essayer des thèses en dehors des données chrétiennes relativement à l'organisation de la famille. Ce qu'elle a indiqué de sérieux et qu'on trouve éparpillé dans d'incalculables volumes ne remplirait pas le creux de la main. Impraticabilité, ridicule, doctrines odieuses, ou bien l'impuissance.
Assurément la popularité va de plein droit, aujourd'hui, aux institutions qui se présentent avec l'intention de favoriser l'essor de l'industrie. Mais il ne faut point s'imaginer qu'il y ait incompatibilité entre l'esprit de l'Église et l'esprit d'aucune époque de l'histoire. Rien n'empêcha le catholicisme de sou-^