‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 54 sur 288 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

tout entier, et où se trouvaient réunis de droit tous les abbés, énonçait, parmi sesdifférents articles et ses statuts, celui-ci : « Nous mandons au sous-prieur de Royaumont, « d'accepter l'administration intérieure de la maison, « charge a laquelle on Ta déjà appelé ; sMl s'y refusait, que a le propre abbé de Royaumont Ty contraigne; » — « Sub-prior Regalis-Montis curam regiminis domus ad « quam vocatur, suscipiat; si renuerit, per abbatem pro- « prium compellatur ^ » L'on voit donc que, si les constructions les plus urgentes durèrent depuis l'année 1228 jusqu'en 1255, néanmoins à peine le pied pouvait-il poser sur une poutre branlante, à peine la toiture des bâtiments oiîrait-elle un abri, que déjà la personne morale et collective de Royaumont était née et vivait de sa vie propre, fonctionnant avec ses éléments essentiels, au milieu des travaux qui faisaient encore retentir l'air, et dans le fracas des pierres gémissant sous le fer et le marteau. Le Nain de Tillemont, qui recueillit, au dix-septième siècle, la tradition de la bouche de dom Dauvray, religieux de Royaumont, est formel sur cette date : « Saint Louis estoit a au mois de janvier à Asnières près de Royaumont. Dans « un acte du mois d'août 1228, il est dit que celte abbaye c< estoit bâtie, c'est-à-dire qu'elle l'estoit assez pour rece- « voir des religieux '. »

Que fut l'abbaye de Royaumont à son origine? comment s'annonçait-elle? sous quelle forme? son début fut-il consistant et rempli d'heureux présages? l'impression qu'elle fit à sa naissance sur les comtemporains, sur les générations du treizième siècle, était-elle une impression favorable? Voilà les questions qui se posent naturellement des les premières pages, et auxquelles on aimerait que

* Statula capituli generalis ordinis cUterciensis habiti annù m ce xxik , dans le Thésaurus aneedoiorum, de doiii Martènc, l. IV, p. 1351.

« Ms B., p. 11. — Ms G., p. 16. — Vie de saint îjûuis, par Tillemont t. I,p. 490.

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l'histoire répondit le sourire sur les lèvres, et les paroles remplies d'assurance. Aussi, dans ce* second livre, od va recueillir les témoignages du passé, relativement aux premiers pas de Tahbaye * naissante. Cepaidant on doit préalablement compléter les détails sur l'installation matérielle de la nouvelle colonie.

Royaumont avait satisfait à une condition importante. On ne permettait à un Père abbé d'envoyer ses religieux dans un nouveau monastère, qu'après avoir informé le chapitregénéral : 1^ si tous les livres nécessaires y étaient, savoir : les missels, la Règle, le livre des Us, les psautiers, le livre des hymnes, le CoUectaire, les Antipl}onaires, et les Graduels; 2'' si on avait pensé à tous les logements nécessaires, savoir : Téglise, le chapitre, le réfectoire, le dortoir, le logis des hôtes, l'infirmerie, le chauffoir, une chambre pour le portier ; 5* enfin s'il y avait du revenu suffisamment pour y entretenir le nombre de douze religieux. Saint Louis s'était empressé d'augmenter les premières acquisitions territoriales qu'on avait faites de li prieure de Boran : il avait donné, en 1229, à Adam de Champagne, neveu de Jean, comte de Beauniont, soixantp sous à prendre sur le péage de Beaumont, en échange de quatre arpents de pré, à Royaumont, qu'on réunit à f abbaye. Arnould, abbé de Notre-Dame d'Hérivaux, vidima (revisa) la charte qui exprimait cet échange ^ Saint Louis donna aussi à l'abbaye de Royaumont des bico^ considérables situés à Belleglise (Belaglisa, Bera-ecclesu Bella-ecclesia), à l'angle sud-ouest du canton de Neuilly*

* Amulpkus, Àbba$ Béate Marie Herivallit, — Uidavicvs, Framijr» rex, — nos in excambium iv arpentorum pratique Ado de Campanw, «" les, nepos quondam Johannis comitts BellimontiSt hahebat de dano <fM^" comitis apnd Cmmont, qui modo Hegaiis^Mons uominalur, que dediuuu ^ bâti et fratribm ejuëdem loci, damu4t iptti Adoni l\ sol. ad ponUm Bei^ montiez etc., etc.

Apud Amerias, 1^0, mense Sept.

^Cartulaire de Royaumont ^ ir 5472, p. ^03. Copie de Gaignièru

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