LIVRE DEUXIËHi
en-Thelle'. Belleglise apparienait, au treizième siècle, à une famille qui portait te nom du pays et qui contracta des alliances avec la maison de Beaumont-sur-Oise. Dans les derniers temps, la seigneurie fut divisée entre les chevaliers de Malte et l'abbaye de Royaumont ; saint Louis y donna à son abbaye des bois et une ferme considérable'. Ce que l'on a toujours appelé, depuis, le Bois de Boyaumont, à Delleglise, comprend environ neuf hectares aujourd'hui ; et l'on assigne environ quatre-vingt-dix hectares à ta ferme, dite de Royaumont, également à Belleglise.
Thibaut de Beaumont, seigneur de Luzarclics, vendit aussi, en 1251, à l'abbaye de Royaumont, tout ce qu'il possédait à Bell^lise, au nord du doyenné de Beaumont, Ici que dinérentes redevances, trois muids d'avoine, deux pressoirs, et toute la terre qu'il avait au même territoire. Ce Thibaut, observe Gaignières, portait un lion sur son écu, qui formait les armes des comtes de Beaumont*. Trente ans plus tard, Barthélemi et Thibaut de Meru, {ou de Beaumont), chevaliers, et Guiot de Meru, écuyer, coniirmaient la vente faite à l'abbaye de Royaumont, par Jean, seigneur de Sainte-Geneviève, de l'hommage d'uo fief sis'à Belleglise*.
Les prévisions purement géographiques et physiques consignées dans les anciens statuts de l'ordre, et- auxquelles le pays de Cuimont se prêtait parfaitement, étaient remplies avec une rare exactitude ; l'esprit des anciens
■ Ai^ourd'hui dus le département de l'Oise, arrond. de Senlis.
* Archiv. el ann. de l'Oise.
s Carlut de Royaumont, ancien Tonds 5473, p. 73.
* Soi Barlliotomeiu, etc.
So» Jolumiies de Sancta-Genovefa... .Vduni quod nos iieadidintiu in perpeluum Abbati et cenventui Hegalit-MontU gaoddam homaçium de quodarn feodo m villa Belle-Eccletie...
Aetum onno DomrU 1368.
(fsrlul. de Reyaumiml, n* 5!72, p. 7î. Hâl. du ami. de Beaumont, (i. 120.)
statuts, quant aux lieux où Ton devait fonder et établir les monastères, se résumait dans trois points : le premier, que les ëvéques les leur laissassent libres et exempts it leur juridiction; le second, que ces lieux fussent bas d aquatiques ; le troisième, qu'ils fussent éloignés de la fréquentation et du commerce des hommes ^ Il est facile de voir la raison de ces conditions matérielles; il fallait qu'on eût sous la main les eaux, les moulins, les jardins et autres choses indispensables, pour qu'on n'eût pas à sortir du monastère. Saint Âlbéric ne voulait qu'on bâtit les abbayes ni dans les villes ni dans les villages, ni à côté des châteaux, a6n que la solitude des moines ne fût point troublée par le commerce immédiat des sécu* liers : a In civit atibus^ in castellis, aut villis nuUa nosirs construenda sunt cœnobia^ sed in lods a canversatione k(h minum sentotis. » Pour l'exemption de la juridiction des évèques, les premiers fondateurs avaient voulu éviter les questions de conflit et de lutte entre les ëvéques el les moines qui avaient leur monastère sur leurs diocèses.
Enfin, toutes les fois qu'on fondait un nouveau monastère cistercien, on le dédiait à l'honneur de la sainte Vierge, d*aprés une ordonnance qui est au chapitre XXI des anciens instituts de CUeaux; le premier monastère, celui de Molesme, ayant été dédié à Notre-Dame, les suc* cesseurs voulurent qu'en imitation du premier, tous les monastères eussent la même consécration. Voilà pourquoi c'était l'abbaye royale de Notre-Dame de Royaumont^ qui apparaissait à la vie.
Au lieu de douze, il avait d'abord été question de mettn* soixante moines à Rovaumont: ce nombre fut ensuite porté à cent, enfin à cent quarante ^ Louis IX, selon le>
* Dtt premier esprit 4e V ordre de CUeaux , par le R. P. dom iuli^t Paris, iii-4«. Paris, 1070. p. 48.
* le confesseur de lu reine Marguerite, Guillaume de Nangis, dal^ ' Vie de saint t/mis. — Bliilin, Antiq, nation. ~ Vie de saint LÔmis, par U