LIVRE DEUXIÈME
succèdent aux civilisations, les acteurs changent, le théâtre reste. Guillaume deMontaigu, nomme dans la Gallia Christiana^ Guillelmtis de Aeuto^^ pouvait se dire quMl côtoyait une branche de la fameuse voie Solennelle dont parle Ammien Marcellin, lors du passage des troupes romaines, appelées par Constance pour le soutenir dans sa guerre contre les Perses. Ces troupes avaienl traversé le territoire de Royaumont et de Luzarches pour se rendre à Lutèce, par les tronçons qui se rattachaient à la grande voie militaire de Lyon à Boulogne-sur-Mer. L'abbé Fla« mand disait, avec de sérieuses raisons historiques, au dix-huitième siècle, en désignant l'emplacement de Luzarches et de Royaumont : <c C'est peut-être dans cet endroit que s'est formé l'orage qui a mis Julien sur le trône des empereurs*. »
On s'est demandé quel était le parcours de la grande chaussée romaine, entre Sentis et Beauvais, deux stations de la voie Solennelle^ ^ indiquée dans l'itinéraire d'Antonin ; la contrée de Royaumont et d'Asnières était grandement intéressée à son trajet. D'après la voie romaine tracée par les géographes de Rome, on se rendait à l'Océan en face de la Grande-Bretagne, en passant par Reims, Soissons, Sentis, Ltfanobrigra et Beauvais. « 11 est certain, dit le savant dom Grenier, si versé dans les antiquités de la Picardie, il est certain par Vltinérairej que la voie militaire venait de Sentis à Litanobrigaj et de là à Beauvais : mais où était situé ce LUanobriga^? »
*■ Gall. ChrUt., t. IX.
* Lettre à Tauteur de V Histoire du diocèse de Paris, à Genëye, m dcc ltiii, in -18, p. 6. — Essai sur IjuzarcheSt par M. Alex. Hahn, p. 31.
> Le géographe Slrabon, qui yivait sous Tibère, a indiqué le passage de l'une des qualre grandes routes romaines stratégiques ou militaires, qui, partant de Lyon, gagnait l'Océan par Beauyais et Amiens (Géoçr., liv. IV). — On voit dans Ammien Marcellin cçtte Toie romaine, appelée voie Soiennelle (iib. cxx, c, iy).
* Le savant dom Grenier a décrit la partie de ce trajet qui intéresse la contrée de Royaumont et d'AsAiëres, dans la majeure partie d'un cba-
Différentes opinions s^ sont produites jpàrmi les archéologues et les géographes; et selon une opinion qui a delà gravité, Litanobriga serait le voisinage immédiat deRoyaumont. Le mot Litano-Briga^ d'une signification par^ait^ ment claire par elle-même, ne saurait donner lieu à aucun doute ; il faut trouver cette station de la grande voie romaine, non loin de la rivière de FOise; la terminaison firiga exprimant le même sens que Briva (en gaulois pont-surrivière), indique certainement un passage sur une rivière et cette rivière ne peut être autre que la rivière d*Oise, où était une station. Mais quelle est cette station sur le bord de roise? Ici grande diversité. Une opinion indique la petite ville de Pont-Sainte-Maxence ^ Une deuxième opinion penche pour la petite ville de CreiP. Une troisième adopte Pontoise prèsNojon'. Une quatrième désigne Chantilly^. Il existe une cinquième opinion suivie par des hommes considérables, et qui met, non sans fondement, l'antique station de la voie romaine militaire, au vieu LySy aux portes de Royaumont \
pitre qui porte le titre : Voie militaire de Rome à Bovtoffne-iur-mer. (Chapitre ccxxiv et ccxxv, Introduct. à V Histoire générale de la provwce éi Picardie.)
L'Itinéraire ttAnUmin a inscrit Sentis (Augustomagus) comme station intermédiaire à l'égard de Litanobriga et de Soissons (Suessones).
* C'est ropinion de M. Walckenaer (Géographie ancienne) et de Cartier {Biitoire du Valais, 1. 1, p. 47)f mais dom Grenier et d'AnyiUe la repoussent tes nombres de l'Itinéraire et de la table Théodos., seraient insuffisants par rapport au grand détour que la (Jbsition de Pont-Sainte-Maxence mettrait entre Beau^ais et Senlis. Litanobriga e$i dite de quatre lieues à l'égaràdt Sentis, etPont-Sainte-Naxence est à cinq lieues. Égale insuffisance enireUtênobriga et Beauvais. M. Garnier a réfuté l'idée de M. W'alclcenaer (Jf^n^ res de la Société des antiquaires de Picardie, XIV, p. 102).
' M. d'Anvitle était pour ce sentiment: mais les distances ne conoordeot pas, et il n'y a aucune trace de Toie romaine entre Sentis et Cretl.
' C'était le sentiment de l'abbé Lebeuf, il est dénué de vraisemblance. D*j reste, Cartier, Walctcenaer, dom Germain, Danvitle, Houbigant, se réluteat les uns les autres.
^ C'est l'endroit désigné récemment par la commiasion de la Carte des GêêleSt et qui mérite d'être étudié.
* C'est l'opinion de notre collègue de V Institut historique, V. Alexandir Halin et de k. MiUescamp du QmUté archéologique de Sentis; c*éuit «UeJr