‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 70 sur 288 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

lissements nouveaux aux embellissements premiers de son œuvre de prédilection ; et peut-être aussi les abbés de Royaumont, devenus presque opulents, cherchèrent-ils, par un mouvement légitime en soi, à lorner encore. 11 y avait vingt-cinq ans que Royaumont éftait fondé, lorsque le chapitre général de l'ordre de Citeaux, tenu en 1253, déclara qu'il y avait excès dans la richesse intérieure de l'église, et enjoignit à l'abbé « de changer les peintures, iraaiges, sculptures, tentures et colonnes, faictes depuis peu autour du grand autel, pour les réduire à l'ancienne humilité et simplesse de l'ordre. » Comme à cette époque, saint Louis était marié et père, il avait perdu plusieurs enfants. Le chapitre général faisait la réserve de ne pas toucher néanmoins aux tombeaux des princes : « Abbati « Regalis-Montis praecipitur auctoritate capituli generalis, « quod picturas et imagines et sculpturas, cortinas ef co- « lumnas cuni angelis circa majus altare de novo factas, c< ad huinilitatem et simplicilatem antiquam ordinis dite rigat; ita tamen quod sepulcris regalibus, vel corum a qui regali génère prodierunt, nuUum prsejudicium per a praeceptum hujusmodi generetur. Quod si adimpletum a non fuerit inlra mensem, idem abbas cum priore suo (c a vino abstineat, donec praeceptum capituli effectum « sortiatur^ »

On pouvait prophétiiïer,en de telles conditions, de hautes destinées à l'abbaye de Royaumont : l'abbaye royale de Sainte-Marie d'Hautecombe fondée en 1125, dans les Alpes, à 24 kilomètres de Chambéry, par Amédée III, comte de Savoie, avait déjà fait quelque Ggure dans le monde par ses grandes vertus ; elle avait produit des écrivains, des cardinaux", des saints' ; elle devait donner

* [Statuta Capituli generalis ordinis Cisterdensis, anno 1255. Apud dotn Mariene, t. IV, p. 1400. Paris, 1717. Thesaur, AnecdoU)

* Henry, cardinal-évêque d'Albano, en 1179. ' Saint-Vivian

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des papes, un Célestin IV, un Nicolas III. Les récentes grandeurs de T^bbaye de Âlcobazar, en Portugal, fondée en H 48, donnaient d'autres idées. Alphonse 1", roi de Portugal, avait fondé ce monastère, en mémoire d'une victoire remportée "feur les Maures en 1 147 ; les abbés de ce royal monastère de Bernardins furent toujours, depuis, grands aumôniers des rois de Portugal. A quoi ne pouvait-on pas prétendre pour les Bernardins de Boyaumont, ayant pour fondateur et protecteur un roi d'une si haute piété et d'une munificence si libérale que Tétait saint Louis?

L'état moral de Tabbaye de Royaumont, sa ferveur, sa régularité-soutenue, étaient surtout un indice plein de signification. Tandis que la fragile humanité se retrouveinfailliblement dans le cloître comme ailleurs» il est remarquable que le chapitre général, tenu à Citeaux touslesans, n'ait pu, pendant un siècle, articuler rien de grave contre Royaumont. Et cependant le chapitre ou assemblée générale épluchait toutavec sévérité ; et tous les ansavait lieu la visite des monastères ; toute église-fille devait être mitf^ une fois chaque lannée par l'abbé de son église-mère.

bans la même période de temps, Tabbé de Stultebume, l'abbé de Fosse^ieuve, dans le royaume de Naples, les religieuses bernardines de Moléges, qui attachaient une importance trop féminine à leur chevelure et la laissaie»' croître, qui nutriunt crines longos^ furent vivement réprimandés par l'assemblée générale de l'ordre. L*abbé et l<^ moines de fiorda, un moine de i)/^a,un ancien prieur <!(* Mannasol^ un abbé de SaitUe-Croix en Flandre, un auln* de Sainte-Croix en Autriche, ainsi que les abbés de lÊrole'hieUy de Bori-Por/, de CoUe'Vtctoriaiy donnèrtiii lieu à des |>laintes graves.

Les femmes ne doivent pas francliir certaines partii*^ des monastères d'hommes. On déposa, en l!258, VabU de Signiacy pour n'avoir pas tenu compte de celle injum-

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