LIVRE DEUXIÈME
lion. Deux évêques d'Angleterre, appartenant à Tordre de Cîteaux, reçurent des avertissements du chapitre pour leur conduite mondaine. En 1241, le chapitre général se vit obligé de condamnera la prison perpétuelle et de livrer au bras séculier, un convers, qui n'avait du moine que le nom, un homme traître à sa sainte vocation et qui se rendit coupable d'outrage et de violence envers la personne de l'abbé de Verbacensis : perpétua carceri manàpetur. EnGn, dans les abbayes d'Enva/d, de Val-Sur^ d7te- Chere, il se produisit des faits très-irréguliers qui demandèrent une exemplaire répression '.
Un argument historique sort de cet état de choses ; si Royaumont ne figure dans les statistiques pénales de rassemblée générale du treizième siècle que pour les deux faits insignifiants à certains égards, qui viennent d'être rapportés, c'est la preuve authentique, que la jeune abbaye brilla d'un grand éclat vertueux : l'autorité d'un semblable témoignage ne peut être égalée que par les visites faites, dans Tabbaye de Royaumont du temps même de saint Louis, dans un but d'investigation. Quelle autorité, en dehors de cette condition, se pourrait comparer à ces assemblées annuelles de Citeaux, les plus augustes assemblées délibérantes qu'on ait vues peut-être après les grands conciles de l'Église, et dans lesquelles on voyait au douzième, au treizième siècle, les peisonnagcs les plus saints et les plus hautes intelligences de Tépoque, tels que saint Bernard, le vénérable Hugues, abbé de Ponligny, Othon de Freisingen, saint Pierre de Tarcntaise, Eugène IH peut-être, et tant d autres qui furent, dans le monde d'alors, l'objet de la vénération publique?
Parmi les visites que reçut Royaumont naissant, celle d'une personne grave et distinguée du treizième siècle, ayant laissé par écrit ses impressions relatives à
* Thesaur. Anecdot. apud Mariene, l. IV, p. 1374, 1576, 1355, 1558, 1302 1308, 1515.
112 HISTOIRE DE UOYAUMONT.
Royaumont, doit être particulièrement signalée. Nous possédons, de la sorte, un document contemporain d'une sérieuse importance historique, au mojen duquel on peut s'initier a\ec sûreté à la connaissance de l'état moral intérieur de l'abbaye aux premiers jours de son existence; et c'est par un enchaînement providentiel de conséquences qu'une charte, donnée par le roi saint Louis en 1254, concernant l'archevêché de Rouen, a donné naissance à ce document, d'une particulière valeur, comme impartialité de témoignage.
L'abbaye ou collégiale de Saint-Mellon, à Pontoise, aTail été fondée par les anciens comtes et gouverneurs de cette cité. Depuis des siècles, cette maison était le siège de l'archidiacFe du Vexin et de sa capitale; il y tenait sa cour ecclésiastique. La ville et le Vexin étaient sous la dépendance de cette abbaye; les rois de France en étaient les patrons, et en quelque sorte les possesseurs temporels, depuis que le Vexin était rentré dans le domaine de la couronne. Ils nommaient à l'archidiaconat quand il devenait vacant, et deux lîls de France remplirent successivement cette dignité. Des causes publiques avaient déterminé Philippe I" à abandonner, en 1092, sa suieraineté sur cette abbaye, et à vouloir incorporer l'archidiaconat de Pontoise à l'archevêché de Rouen ; mais cette tentative était restée jusque là sans effet, puisque de> titres de Fan 1223 montrent l'archidiacre de Pontoise indépendant et exerçant de lui-même et par lui-même pleine juridiction dans le Vexin.
Ce que Philippe n'avait fait que tenter, saint Louis le fit mettre à exécution en donnant une charte qui est datée de Paris, Pan 1254 :
« Louis^ par la grâce de Dieu, roi des Français, â tout ceux qui ces présentes lettres verront, salut.
« Faisons savoir que Farchidiaconé de Pontoise èlanl libre et vacant par la résignation de maitre liai mon, jadi>