‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 82 sur 288 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

pieux épanouissement. On ne s'étonnera pas de la figure que faisait la célèbre abbaye dès sa naissance, si Ton se représente le rapport naturel qui doit exister entre l'ouvrage et l'ouvrier. Une œuvre de saint Louis ne devaitelle point avoir son empreinte et son cachet? le bon roi Louis « était un très-large aiimosnier, car, partout où il allait en son royaume, il visitait les pouvres églises, les maladreries, les hospitaux, et s'enquérait des pouvres gentilzhommes, des pouvres femmes veufves, des pouvres filles à marier. En son temps, il a fait faire et édifier plusieurs églises, monastères et abbaies, c'est assavoir Réaumont*. »

Pour s'ame rendre a Dieu plus chère  son gré commença sa mère, La débonnaire, la courtoise , Haubuisson qui siet lez-Pontoise.

Gis Rois ce sage des Oûan Fonda S. Mathieu de Roûau.

Aussi establi-il au mont Portelaueur et Réaumont*.

Outre le rapport naturel, il y a surtout le rapport effectif, que saint Louis a établi entre Tabbaye de Royaumont et sa propre personne ; on va voir, dans les livres suivants, que^ c'est principalement à Royaumont, que l'existence de saint Louis s'écoula. Royaumont va s'identifier avec toutes les phases de la carrière du bon roi. Œuvre de sa volonté adolescente, Royaumont sera la grande affection de ses années viriles, la pensée constante de ses derniers ans ; saint Louis y aura le plus vécu de ces heures où l'homme peut dire réellement qu'il vit. Avec la connaissance que l'on possède aujourd'hui de la nature de saint Louis, il est facile d'affirmer l'incompatibilité absolue entre l'affec-

* fliêUrirede saini Jjntis par le sire de Joinville, édit, Dueange, p. 12i.

* BUiaire de ioint Louis, tirée de V Histoire de France^ manuscrit de 6ui.lauine Guiart, édit. de Joinville de Ducange, p. 454.

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tion assidue de saint Louis et un Royaumont qui eût été tiède et relâché. Une abbaye placée en des conditions exceptionnelles, dont la vie allait se mêler de la manière la plus étroite à la vie de l'illustre monarque, pouvait-elle avoir de ces commencements ternes et incolores, de ces défaillances et de ces tiédeurs qui ne se produisent qu'au déclin des institutions vieillies ? Le livre suivant nous donnera la réponse»

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