LIVRE TROISIÈME
timents distincts les uns des autres, mais dominés par Tunité d'architecture, et dont le centre était toujours la partie appelée le cloître ou les cloîtres. Autour de ce cloître de Royaumont se groupait et se développait cette véritable légion de constructions qui se levèrent au signal de Pierre de Montreuil , pour lesquelles saint Louis porta des matériaux et dont le plan se déroulait de la manière suivante ^ : Du centre, on rayonnera vers la circonférence. Au centre donc les cloîtres. Au côté septentrional du cloître, Y église abbatiale déployait sa haute et légère masse, ses toits de tuile et d'ardoise; c'était Tusage dans les constructions cisterciennes* que le cloître fût au midi de l'église abbatiale dont il flanquait immédiatement le mur latéral ; et c'est ensuite autour de ce cloître que se trouvaient groupés les principaux services de Tabbaye. Le cîmetière de Royaumont était abrité par le côté nord de Téglise elle-même. Au côté méridional du cloître venait confiner lune des extrémités du réfectoire j dont la situation était perpendiculaire, comme direction, au mur latéral de l'église. En gagnant le côté occidental par rapport au cloître, on voyait se développer une série de bâtiments: la maison des hôtes^ ou hôtellerie^ ^ et la salle du chapitre qui arrivaient sur la même ligne ; une étrôile cour, en forme de rue, les séparait du cloître. A Topposite, au côté oriental du cloître, l'architecte plaça le dortoiry les cellules des
* Il existe plusieurs plans ou dessins de l'ensemble de Royaumont; i" celui qui fut offert au dix-septième siècle aux princes de Lorraine ; 2*" un plan colorié qu'on trouve aux estampes de la Biblioihèque impériale, et qui reproduit les armes de l'abbaye; on en a tiré des lithographies modernes ; il nous parait être du commencement du dix-huitième siècle ; 3° celui qu'a donné lUilIin, dans ses Antiquités nationales, où figui^ le pavillon florentin substitué par l'abbé de Balivièrc à Tancienne résidence abbatiale ; 4* enfin la vue du Royaumont moderne qu'ont donnée de nos joui*s MM. Begard et F. Thorigny, en y faisant entrer la partie en ruines.
* Voyez les écrivains cisterciens, Julien Paris, Henriquez, etc., et M. d'Arbois de JubainviUe, dans ses Recherches sur les abbayes cisterciennes,
^ La maison des hôtes a 50 mètres de longueur et 1(5 mètres de largeur. Le rez-de-chauÂsée a des voûtes cintrées ; la charpente de la toiture est curieuse par sa forme de coque de navire renversée.
moines ; et, par les belles proportions de ce dortoir, on pouvait juger de la quantité d'habitants que l'on espérait pour la colonie de Royaumont ; — les cuisines étaient adjacentes au mur latéral du réfectoire, à l'ouest. On avait pris pour salle de bibliothèque une salle voûtée, au premier étago, au-dessus des cuisines , elipour salle d* infirmerie^ à l'usage des étrangers ou des moines, une grande pièce au premier éiage également, au-dessus de la salle du chapitre. Tels étaient les bâtiments les plus concentriques, les plus voisins du point central du cloître ; mais si Ton agrandissait la circonférence autour de ce carré primordial, de nouvelles constructions s'offraient au regard et à Tadmiration. Presqu'à Tun des angles de la maison des hôtes, et non loin de la salle du chapitre, on voyait la résidence de l'abbé^ séparée du reste du monastère. La demeure du prieur était située à l'opposé, à l'extrémité sud-est du groupe des bâtiments, et formait presque le pendant de la-rësidence abbatiale. L'abbaye tout entière se trouvait entourée d^'un vaste et solide mur d'eticeinte^ construit à bonne distance des bâtiments, en forme de carré oblong et irrcgulier. Il clôturait contre les indiscrétions du dehors les trente-huit arpents* dont se composait l'abbaye. On n'a qu'à placer, dans Tenceinte, non*loin des murs, les difTérentes dépendances du monastère, la basse-cour aux locaux considérables*, les jardins des religieux*, les écuries*, le parc et le jardin dcTabbé', la tourelle de saint Louis*; ainsi Tênu-
1 Voir V Histoire du pays de Deauvaisis, par Louvet, édition de 1C5I ,p. :i9i '^ Elle était à l'angle nord-ouest de l'abbaye, près du mur d'enceinte, ik •
loin de l'élang, où sont aujourd'hui les jardins dits de La-BeUe-Arthi-
mise.
^ Les jardins des religieux comprenaient l'espace situe entre le mur àe
clôture, le luur de la basse-cour, le inur septentrional de IVglise. et ^'«-
tendaient à Test et au nord de l'abbaye
* On les trouvait, d'après un plan, après avoir dépassé la maison o i prieur : elles formaient une ligne parallèle au dortoir et au mur de dùtur' Selon d'autres plnns, elles étaient à côte de la grande cour.
* Dans les derniers siècles, l'abbé commendataire de Royaunaont araiî. dans son parc, des pièces d'eau peuplées de cygnes.
' Cette tourelle existe encore ; on a pris, dans le dix-neavième siècle se*»-