‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 96 sur 288 · LIVRE TfiOlSlÈHE. I<i · texte numérisé non relu

LIVRE TfiOlSlÈHE. I<i

Louis iles années de repos et de calme fécond. Quand .le jeune prince atteignit l'âge de dix-neuf ans, Blanche de Casiitle songea à le marier ; elle n'attendit pas sa majorité pour arrêter son choix sur une compagne digne de lui. Bien des raisons et des exemples lui faisaient attacher un grand prix à ce qu'une reine toute française de cœur partageât le trOne de son Gis. La fille de Bérenger IV, comte de Provence, et de Béatris de Savoie, fut demandée et obtenue ; et le 27 mai i234, l'archevAque de Sens bénissait l'union des deux adolescents royaux. Lire les faits dans l'histoire, ce n'est que remuer une cendre éteinte ; le bruit a cessé ; les perplexités ne rongent plus le cœur. Les difCcultés ne se dressant plus devant le regard effrayé, les abîmes de l'incertitude n'étant plus béants sous les pieds, il est impossible d'aprécicr e( de sentir la situation à son véritable degré d'intensité. Mais, que de tribulations, n'avaient pas suscitées à la régence de Blanche de Castille, la plupart des barons, le comte de Bretagne, Pierre, surnommé Mauclerc, issu de la souche royale, arriére-petit-lils du roi Louis le Gros ; le comte de Champagne, Thibaut V, deux fois parent du roi, par les femmes ; le comte de la Marche, Hugues le Brun de Lusrgnan ; le comte de Toulouse, Raymond VII ; le comte de Boulogne, Pliilippe Hurepel, oncle du roi! Cependant, en 1254, tout semblait apaisé; Blanche de Castille, dont les qualités dominantes étaient a la résolution et la promptitude, » avait dissous la ligue des barons; elleavait battu successivement le comte de Boulogne, celui de Toulouse et celui de Bretagne. Des dinîcultés d'un ordre plus délicat, celles des rapports du pouvoir politique avec l'autorité spirituelle, avaient reçu à Beauvais, à Rouen, à Bcims, une solution du moins momentanée. Le royaume respirait enfin, pI llhnulu' lonsacrait en quelque sorte cette pacification pui U- nuniagf de son fils.

Royaumont célébra, l'année suivante, les IJançailb

spirituelles de Tabbaye ; et, par une coïncidence fortuite, en même temps que saint Louis prenait une compagne pour être la confidente de ses pensées, durant sa vie entière, Tabbaye de Royaumont, en procédant à la dédicace de son église, dont la construction était achevée en 1255, allait cimenter ses noces perpétuelles avec relise abbatiale, être vivant, dont les pierres avaient une âme. S'il est vrai que les époux mettent en commun les joies et les peines, Téglise de Royaumont, avec laquelle le monastère allait contracter une alliance perpétuelle, devenait bien une épouse véritable : elle allait être témoin, pendant des siècles, et la nuit et le jour, des prières, des gémissements, des espérances et des aspirations des habitants de Tabbave. Le 27 mai i 254, Louis IX avait complété son existence par l'accession de Marguerite de Provence. Le 19 octobre 1255, Tabbaye arrivait à la plénitude de l'existence claustrale par la consécration solennelle de son é^tise. L'église At Royaumont était d*une trop haute importance, elle occupait un rang trop distingué parmi les édifices publics de la France, pour que l'obligation n'incombât pas à Ihistoricn de donner une ample description de ce monument, avant de raconter la cérémonie d'inauguration de 1255.

Bien que la basilique de Royaumont, Thonneur et Torgueil du pays jusqu'en 1792, n'existe plus, les monuments écrits et les esquisses retrouvées dans les carloiis\ permettent d*en donner une idée. La basilique de Royau-

* Les monuments écrits, sont : 1* les indicet, plutôt que des d'une description proprement dite, reiifermcs dans le Cartulahre de mont; 2* une page de V histoire du Beaumins publiée en 1(>31 par Loa\^ . 5* la visite de dom Martène et dom Durand à Royaumont en 1*1". 4* les notes de Gaigniéres; 5' les renseignements donuês en 1810 le 21 juillet, par un des derniers religieux, le P. Ganonne, procureur de Ta^ baye royale, à U. Uameau, maire d'Asnières-sur-Oise à cette époque; C* 1notice de Millin dans ses AntiquUéi nationales; 7« une note de TiUoid<«!.

Gomme documenis crayonnés, on a 1* le plan imparfait ou ^nic oonfasc de l'église dans le plan de l'abbaye dédié aux Lorrains à la fin du dix->r,tièmc siècle i 2* la vue de l'église, d'après Millin ; 3* une gravure c{\ù l'^^ aux estampes do la bibliothèque impériale.

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