‹ Histoire de Royaumont (volume 2)Chapitre 97 sur 288 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

mont, qui était gothique et de la plus pure arcliiteclure du treizième siècle, méritait la réputation qu'elle eut, dans les derniers temps du moyen âge et jusqu'à nos jours.

Le portail que Ton voyait, en 1790, avait été reconstruit selon le goût gothique ; mais ses sculptures annonçaient qu'il était moderne. 11 était chargé de chiffres de saint Louis et de croix de Lorraine ; ce qui fixait l'âge de ces sculptures vers l'an 1660 ou 1670. D'ensemble, la principale façade rappelait singulièrement l'ancienne église de Paris appelée Saint-Jacques-la-Boucherie^ dont la tour subsiste encore ^ On était frappé d'abord, à Taspect de ce monument, par la perspective majestueuse de ses larges percées, et par sa remarquable hauteur; la voûte du milieu de l'église avait, selon les uns, 14 toises ou 28 mètres d'élévation (SO pieds); selon d'autres, elle avait une élévation de 100 pieds*. La longueur du mo* nument était aussi remarquable que sa hauteur, et l'on s'explique que cette église ait fait l'admiration des curieux et la fierté des populations d'alentour. Dom Martène et dom Durand, ces deux célèbres érudils qui la visitèrent en 1713, lui ont reconnu 300 pieds ou 100 mètres de longueur, et l'appelaient une des plus belles églises de l'oindre de Citeaux. L'impression du docte Gaignières, vers 1694, était la même : il assigne, pour la longueur, 310 pieds. Étonné des belles proportions de l'église de Royaumont, un historien du Beauvaisis, de la fin du seizième siècle, ne peut cacher son enthousiasme. 11 raconte que l'église de Royaumont était « d'une structure admirable,» — tt magnifiquement bâtie' ; » Fèlibien des Avaux,au dix-septième siècle, la désigne comme a le plus considérable monu-

* Voyez la Description de Parti, par Fèlibien ; la Descripiion archéologique de* manumenti de Pari$, par M. de Guilherony ; et la Siaiistique monuMin" iale de Pari», par M. Albert Lenoir,

* Notre-Dame de Paris n'a pas plus de 104 pieds d'élévation à la maltresse voûte.

' s Loufet histoire et antiqitités du Beauvaisis, édit. de 1d3l, t. I, p. 59S»

ment du grand roi saint Louis S 9 et Millin* affirmait, en 1 791 , que c'était « une des plus belles églises de France. » Tous célébraient comme Guillaume de Nangis, au treizième siècle, la magnificence de cette architecture ecdésiastique, ce Ëcclesiam ornamentis ecclesiasticis mirifice decoravit. »

. La nef était surtout le morceau saillant de l'œuvre de Pierre de Montreuil. Conçue, dit- on, dans le genre du « gothique mixteou fleuri % » cette nef surprenait par sa hauteur colossale, eiTrayait par sa hardiesse; aussi le jeune monarque trou va-t-il l'édifice conforme à ses sympathies. Il fallait à un tel roi de telles églises, où les colonnes s* élèvent vives et élancées comme des prières, en regard les unes de» autres, et puis, en se rencontrant au sommet, comme d^ vaut Dieu, s'inclinent et s'embrassent comme des sœurs! « embrassement architectural qui produit Togive. »

L'église était en forme de croix latine et à bas cotés, à peu près dans le goût de celle de Saint-Denis, ajoute le dernier témoin de Royaumont ♦, surtout pour les \itraux. Les transsepts avaient une longueur de lOO pieds, d'après un témoin oculaire mort en ce siècle. Neuf chapelles se voyaient dans l'abside et dans les transsepts*. Oncomplaili dans le chœur, cinquante-six stalles hautes et trenlc-hml basses. Mais on doit surtout décrire, s'il est possible, ia physionomie intérieure de ce beau monument, où Fod mesurait 300 pieds de longueur depuis le seuil du portail jusqu'à l'extrémité de l'abside. — Comment était com-

• Hist, des architectes,

* Aniiq. nat. — • Elle était grande cl belle comme une cathédrale clntmzième siècle, t dit M. de Guilhcrmy, Monogr. de Végl. roy. de St-Denis, p. 5*^-

^Hàt. de saint Louis, par M. de Villeneuve-Trans, t.lIL— La voùicfsî rës-élevéc. dit MUlin, et d'une grande hardiesse. (Antiquités tuUieMSlff

*Notc donnée par le P. Canonne*. ancien religieux de Royaurooot et à/^ nous devons communication à l'obligeance de V. Habn, notre collé^u^' l'Institut historique.

^ Il n'y avait de chapelles qu'autour du chœur et dans le traussepi, < ^ chapelles, dit Hilltn [Antiquités nationaies), sont dans le rond qui temuM l'église à l'extrémité du bâton de la croix. »

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