LIVRE TREIZ1£M
mais avec le dégoût d'en disparailre toutes les fois que Vaudemont y venait, et ce dernier y allait de tous ses voyages de Gommercy, ce qui arrivait plusieurs fois Tan* née. Néanmoins cela subsista toujours ainsi; et Camille, qui n'était ni aimable, ni aimé en Lorraine, y fut sur le pied gauche, plus que jamais, le reste de sa vie^w M. d'Armagnac, arriva, avec tous les rêves de domination, où tout le monde arrive.
M. d'Armagnac avait voulu reposer du dernier sommeil à côté de son père, à Royaumont. Ses obsèques furent-elles « un grand spectacle? » fut-il mis au tombeau avec magniiicence, comuieoa le raconte d'un prince du seizième siècle ? « Sa camisole éioit toute reluisante de broderies, ses gants étpient riches en plerrenesv sescbas étoient de velours cramoisy, ses souliers en velours blanc, et sa pompe funèbre eut tout l'éclat qu'y mirent toujours les princes do la maison (régnante) de Lorraine*.» î a inurtest le rien de tout. M. le Grand, grand écuyer de France, avait oocupéune haute situation. Dans les pompeuses cérémonies^ il marchait immédiatement devant le roi, ét portait l'épée royale de Sa Majesté, dans un fourreau de velours bleu, semé de fleurs de lis d'or, pendue nu baudrier de même. L'heure de se rapetisser et dequittertous les honneurs était venue. Louis XIV, lui-même, avait disparu de la scène, comme tous les mortels. On ensevelit M. le Grand, selon s6n désir, à Royaumont, à côté du comte d'Harcourt son père. On grava sur son cercueil celte inscription lalcy, est le « corps de très-haut, très*puissant et très-illustre prince, « Mgr Louis de Lorraine, comte d'Armagnac, chevalier « des ordres du roi, pair et grand écuyer de France, né « le 7 décembre 1641 , et décédé le 13 juin 1718 ; a désiré « ÔIre inhumé près de Mgr le comte d'IIarcourt son père, « à l'honneur duquel il a fait faire le mausolée qui est
' * MémciretdeSainf'Sémimy t. lll, p. 44S, édit. in-IS, Hacbetlef * Tltiriat, Eglite 4e» Corielien, et ChapOle rondet par Jean Ga^.
« dans celte chapelle. Eequiescat in pace, » Saint-Simon, pour satisfaire le besoin de dénigrer les gens, présente M. d'Armagnac comme brutal, sans contrainte avec hommes et femmes, gourmand et grossier au jeu; maïs il se hâte d'ajouter : « bonhomme au fond, ayant de l'honneur, aimant à servir et ayant en aiïaires d'intérêt les plus nobles et les plus grands procédés. » 11 n'y aurait eu qu'à toucher quelque autre corde, pour que le défunt pût sans balancer accepter le panégyrique.
Mgr François-Armand de.Lorraine, abbé de Royaumont el évéquc de Bayeux, compléta, en 1728, la dynastie sépulcrale des princes de Lorraine à la royale abbaye. Qui jamais eut plus besoin dese reposer des fatigues de la vie, et mena une plus étrange existence que Pabbé d» Royaumont des premières aniiées du dix-huitième siècle? Mgr François-Armand de Lorraine avait porté le feu de la discorde dans le diocèse de Bayeux, soit par les mesures violentes qui signalèrent son épiscopat, soit par rincohérence de ses démarches. Le 15 mars i 720, il approuvait avec trente évéques, à Paris, un corps de doctrines interprétatif de la bujle Unigenitus^ en vue d'un accommodement, et pour se rendre agréable au régent; puis il relira sa signature presque aussitôt, pour complaire au parti qu*il servait de son nom et de son influence. En 1720, n'avail-il pas cru devoir ordonner on donner la préirise à Paris, à plusieurs membres du clergé janséniste de Hollande? Arrivé h Bayeux, où il réforma d'abord quelques abus, il ne larda pas à se lancer dans les lui (es du jansénisme : il y a des êtres auxquels il faut la guerre. En 1720, le père de Gennes, jésuite, ayant signalé l'enseignement janséniste de la faculté de Gaen, et sommé l'évéque de venger la foi, Mgr de Lorraine répondit en 1722, par deux mandements publiés n l'aiis; dans l'im, il censurait les erreurs dogmatiques de Tuniversité de Cacnj mais dansl'aulre, il confn mait le blâme porté contre quelques propositions morales en-