LIVRE TREIZIÈME
seignées par les jcsuiles. Les mandements de Mgr de Lorraine étaient rédigés par un docteur de Paris, qui après avoir souscrit le formulaire, s'était retiré en Hollande auprès de Quesnel; c'était Tabbè Petit-Pied, qui avait
contribué à la rédaction de plusieurs ouvra^res jansénistes. C'est lui que, depuis 17ii2, jusqu'à la fin de sa vie, Mgr de Lorraine chargea d'écrire ses ma ndeménls*. Voilà doncla nouvelle tombe qui s'ouvrit à Royaumontcn 172H. L'épiscopat de Mgr de Lorraine avait été une époque malheureuse et agitée de l'iiisloire deBayeux; mais Royauinonf n'eut pas de débals avec ce prélat, accusé d'avoir m un esprit brouillon, de s'être plu à la querelle, d'avoir tourmenté le clergé et les monastères. Résidant habituellomentii Paris, îl s'y était livré au parti des jansénistes ; et on ne peut nier qu'il ait favorisé l'erreur du jansénisme, qu'il l'ait enseijznée et fait enseierner dans son diocèse, exerrant des vexations contre les ecclésiastiques et les communautés religieuses qui ne partageaient pas ses opinions hérétiques.
Quelle aberration! En 1727, le prélat lançait une lettre pastorale ouvertement dirigée contre la bulle Vn%ijenUxis^ dans laquelle il s'efforçait de persuader que cet acte du souverain pontife était subversif de la religion, dont il attaquait les vérités les plus essentielles, et où il en appelait à un concile général. Les docteurs de ia Faculté de Gaen adressèrent h Tévéque une protestation respectueuse tendant à prouver qu il tlait dans l'erreur et en opposition avec l'figlise universelle. Ce fut inutile. Entraîné par la secte qui flattait son orgueil, il rompit ouvertement avec le chef de l'Église^ à Toccasion du concile d'Embrun (i727), où fut condamnée Tinstruction pastorale de l'évêquede Senez, qui s'était porté à des violences do langage, qu'on n'avait pas encore vues depuis la naissance du jansénisme^ contre les évéques orthodoxes,
* Hixtotre du diocèse de baijcuXi pai* M. l'abbé l.affetay. — Examen pacifique âeVaccefitatùmH du fifu4 4e ta Bulle JSjnwmmt, Cologne, 1749.
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le pape et le roi de France. Mgr de Lorraine prit parti pour ce prélat. « Son esprit remuant, dit M. Pluquet, et sa tète exaltée, unirent bientôt le diocèse en feu. Tout se faisait par exploits, citations. On a ^ à Bayeai un huissier assigner un prêtre orthodoxe aux fins d'admt* nistrer un janséniste mourant, un sergent de ville avec deux recors iiiUoduire de force un père cordelier dans le couvent des bénédictines .pour y célébrer T office. » Il était temps que Mgr de Lorraine se retirât de la scène terrestre : c'était trop se complaire dans les disputes. Déjà, sa prise de possession de Bayeux avait été - signalée l>ar un fàclicux symptôme. On lui reprochait d'avoir dédaigné la pieuse couluine qui avait toujours conduit ses prédécesseurs, dès leur arrivée, à ISotre-Dame de la- Déli' vrande. Qu'avait fait Mgr Armand de Lorraine, en se rendant la première fois à Bayeux, le 20 mars 1720? Comme s'il eût pris à plaisir de froisser le sentiment public, en . déro^t iiiit aux traditions, il se fit conduire tout d'abord en chaise de poste, au palais épiscopal \ Pour la visite à Notre-Dame de la Délivrande^ elle ne parut lui inspirer aucun empressement. Humainement, c'élait impolitique, niais ce fut infiniment peu édifiant de la part d'un évêque.
C elait le temps où Lêopoid l^*" de Lorraine avisait à ce ' que les princes de sa race reposassent sous les nefs du même temple. Et comme la chapelle ronde de Nancy avait paru deslinée, d'après sa fondation, à la sépulture générale, exclusive, des dynasties ducales, on voyaitLéopoldl** et, après lui, François 111, rassenibler tout ce qui pouvait intéresser l'histoire de leur maison, aller chercher de toutes parts des dépouilles gisantes, éparses' sous les nefs de diverses églises ou maisons religieuses de provinces, les réunir, et classitîer ces dépouilles mortelles dans un
* HUtoire de BetfeuXf par M. LaffeUy.