‹ Histoire de RoyaumontChapitre 111 sur 263 · LIVRE TKËIZIÈMK · texte numérisé non relu

LIVRE TKËIZIÈMK

la cause de quelques désordres qui s'étaient glissés chez les cisterciens, avaient leur origine dans cette ignorance ^ Il

' Ces intentions étaient excellentes, mais elles ne portaient pas sur une ■a<?oz prnnrlfi échelle. On devrait rendre plus de justice aux bernardins, et liieUrc ordre à l'opinion exagérée qui avait lini par êti*e reçue assez généralement (que Berehoux célèbre dans son poâne de la Gattrono' mie) , savoir : qu'au rebours des doctes et laborieux bénédictins, les disciples do saint Homard étaient l)oauco)ip pins renommés par l'oxcellence de la bonne clière cpie par la lorce des études el le soin de leui-s biblio- IJièciues. Un écrivain désintéressé cite les beaux livres imprimés dans 1 abbaye de Clairlieu, ordre de Ctieaux, et qui démentent, dn moins pour la Lorraine, celle opinion trop accréditée. Rappelons iei la bibliothèque du collê^^e des bernardins, de Paris» et Ihisioire qu'en donne M. A. Franiclinf ' de la bibliothèque Mazarine.

€ Etienne do Lexington {Siepiiuiuis de Uxintona , abbé de Clairvaux» obtint dinnocent IV, en 1244, l'autorisation d'ouvrir un collège où l'on imseignerait la théologie. Sou but était de fermer la bouche aux moines mendiants, qui raillaient eeux de Clairvaux, les traitant d'ifjnoranis, hominea nullius litternlurx, v\ plus adonnés à la cuisine qu'à l'étude, culinx magix deditos quam schoiarum ejLercidis. [Histoire littéraire de la France* t. XVI» p. 54, et t. XIX, p. 15. — Grevier, HM&ire ite TdOvertUé de Parié, t. I, p. 490.) Le nouvel établissement s éleva sur un termin assez vaste dépendant du clos du Cliardonnet, de Carditucio, « ainM iiniuîné « à cause des nombreux chardons qui y croissaient, a carduis qnii>iis abun- « dabal, dit J. Dubreuii, {Thealre den antiquités de Paris, p. 469.) o Dés 1320, il fui cédé à Tordre de* Citeaux. [Voif. dans Félibien, Histoire de Paris, t. III, p. 16S, les lettres patenlcs portant confirmation de cette cession.)

« Mais déjà les bàliiiients menaçaient ruine; le pape Denoit Xll, qui avait appartenu à celle congvéguUon, entreprit de les l'aire reconstruire à ses rrais (G. Brice, Det^iption de Pari», t. II, p. 431), et la première pierre fut posée le 24 mai 1358. Il mourut trop tôt pour voir la tin des travaux, elle cardinal Guillaume Curti, dit Leblanc [Mbus\ se chargea de les continuer. Il paraît du reste qu'à cette époque le collège possédait déjà une bibliotlièque, car une inscription, qui était placée près de la porte de l'église, nous apprend que Gnillanme Curtt, quondam cardiualis, doclor > Iheolooiœ, Tholosanus mtione, Cisterciensis retirjinnc, ccclesiani ad perfectionem qualem obtinet produxit, et Utbliothecam iimijuirit . (Dubi-euil, Théâtre des antiquiiez de Paris, p. 471.— Piganioldela Force, Descrip-, tûm hûtorique de Paris, t. V, p. 553. — Sauvai, Uislaire de Paris, t. II, p. 373.) > Itous avons retrouvé h la Inbliothèque Nazarine un des volumes que le cardinal légua au collège des bernardins; c'est un beau manuscrit in-lolio, sur vélin, qui contient une glose sur les Paraboles et VEcclésiasle. On lit à la lia :

« IslumUM-um legauit dominas Cttiltemms Curii, hone memorie, qiwndam caré^lis Alàas, seotarilfus sancti liernardi parisius, stib tali pacto quod pro nullo amoa/ealuf de iibraria. (Bibliothèque Nazarine, Manuscrits, IV T l'iS.^ »

« Cette bibliothèque eut de très-bonne heure un règlemenL qui nous a été conservé par Félibien (Siskfire de ParU, U lU, p. 177], et qui était ainsi

58t) HISTOIRE DE HOYAUMOPiT.

fallut imposer des taxes aux monastères qui enverraient leurs religieux à Toulouse : les actes et les ordonnances

conçu : «Aucun écolier, à l'exception des bacheliers, des professeurs et des con. ii fesseiirs, ne doit avoir les clefs de la bibliothèque, et cetix-ci ne peuvent la « recevoir que de la main du proviseur. Celui qui aura perdu sa clef sera « forcé par le conseil de renouveler, à ses frais, toutes les autres clefs et « lar serrure. Celui qui quitterai le collège doit, sous peine d'excommuni- « caUon, remettre sa clef au proviseur. Celui auquel on confiera une clef « devrd, avant tout, comnif^ nouveaux venus, payer doux s us parisis, « destinés à la réparation des volumes, suivant la décisioji du conseil, et « le proviseur, sous peine d'excommunication, rendra un compte fidèle de « cet argent. Quiconque, en entrant dans la bibliothèque ou en la quit- « tant, aura laissé la porte ouverte, ou n'aura point refermé un livre dont «r il se sera servi, ou, après avoir înfroduii dos r'frangers, ne sera pa?; roslé « constamment avec eux, sera aussitôt privé de sa clef, qui ne lui sera res- « tituëe que sur la décision du proviseur. Que personne, quels que soient <r ses fonctions, son état ou son grade, n'ose emporter, sous aucun prétexte, « pour lui ou pour un aulre, dans le collège ou ailleurs, un livre de la « bibliothèque, à moins que ce ne soit pour cause de réparation : il s'extt posei'ait aux peines les plus sévères. Nous interdisons le vin au proviseur a et au sous-prieur tant qu'un livre sera absent de la bibliothèque sans 8 raison valable. Celui qui aura égaré ou détruit un on plusieurs volumes « de la bibliothèque sera ci l(- dovnnt le conseil pour donner une satisfaction « convenable. » — <( ^uUi scholarcs, nif;i dumlaxal harrhalaurei, déferai mimtorcs et confessores, librarùc claves habcant, quas non aUunde nisi « êemanu prwUoris reeipiant. Qui elavem nmm perdiderit, cegatur per « concHium alias omnes et serrant expentis siUi renovare. Recedens a colif fcfjin, snl) pœna exrnmmunicalioiiis, darem aiiam proi'isori dimiltat. An- « tcquam vcro qnis rlf.vrm rccipiat. (/iivfi ,soli(ios parisiemes, repara liotii « iU/rorum, secundum determinaiionem concilii, applicaudos provisori sol- « voit 9ieut et imiter venientee; de quitus quidem peeuniis previsor ipse^ n sub pœna etiam exeommunicationis latx sententiie, fldelem ceneUio red- « daf rationem. Qni/ i/mqur dirt.v Ubrariœ sive intraudo sivr r.reimdo ostinin « apertuin dimisrrif, rel iibro.s aprrietift apertoft dimiserit, attt qmsvum- , « que extraneos^ nisi semper cum eis pnesetis fuerit, introducere prxsumc psêtit, clams eidem penitus auferatur^ nec sibi niti pre arbitrio provisoriê « restituatur. Nulius euiusenmque status, officii, vel gradus fiterit, iibrum « extra librariani, pro se vel pro altéra, in colU'f/in nut extra, qnarumque « causa, nisi forte causa reparalioiiis, ,sul) pœna yrai issima e.rtri/hrre prx- « sumal Vinum autein provisori et subpriori interdicimus, qmiudiu aliquis « liber extra librariam aUter fUerit. Ubrum veto seu libres ejusdem librth « rix qui perdiderit seu destruAerilt adeondignam sdtisflictimem pereeua cilium compcUatnr. v

«( Le collège des beniardiiiîj était lrès-|)îiuvre, ses revenus suflis.iiont à peine à couvrir les frais d'exploitation; il était cependant administré avec une remarquable économie, Si l'on en juge iiar 'cet çxposé de la nourriture des élèves : « Un serviteur, nommé Ctovf^er, donne le pain et unechopine a do vin a cliafpif» rop^s; un antre serviteur, cuisinier, donno. los joui's de « chair, à chacun et u ciiaquc repas, une demi-livre de bœul bouilli, et les « jours maigres, deux œufs en oocque ou deux barangs roslis. » [Brief

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