‹ Histoire de RoyaumontChapitre 113 sur 263 · LIVRE TREIZIÈME. m · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIÈME. m

alors abbé de Royaumonl, à la réquisition de Jean de Cnpiirlis, maître des eaux et forêts de IJeaumonl, mettait et érigeait sa maison, lieu et héritages (à lui appartenant par Tacquisition qu'il en a faite de Philippe de Coysel, lieutenant général de Senlis), assise en la terre et sei« gneurie d'Asnières, en tous droits de'fiefs^ comme aussi les autres héritages qu'ail pouriml acquérir jusqu'à la quantité de cinquante arpens, avec droits de haute, basse et moyenne justice, jusqu'à Tétendue de six arpens seulement; le fief comprenait ladite maison, cour, jardin et enclos, avec pouvoir d'y avoir colombier, y faire tourelles, fossés et pont-levis, à la charge expresse que la supériorité et ressort demeurerait audit sieur abbé et ses officiers; ladite maison inféodée devrait se nommer le fief de la Commerye ; les seigneurs seraient vassaux de ladite abbaye; ils devraient, à chaque mutation, outre l'hommage et les autres droits seigneuriaux, exhiber un cierge de cire blanche pesant une hvre, qu'ils seraient tenus de porter ou de faire porter en ladite abbaye , en faisant les foi et hommage; enfin la maison de la Cornmerie devait être déchargée, ainsi que les autres liéritages, des droits de cens, lods, venles, et charges des droits seigneuriaux et féodau.\.\ n Mais, quelle (juc tut la portée de cet acte qui avait été énregislré et insinué aux registres des insinuations du greffe du bailliage de Seulis, le 5 juillet 1655, il n'en est pas moins vrai que. Tan 4694, les religieux de Koyaumont estimèrent qu'il y avait lieu à régulariser ce hef. Comme avant des droits seigneuriaux et féodaux sur la Cominerie, ils pensèrent qu'il y avait un vice de forme, dans les deux contrats d'inféodalion ou d'érection qui avaient eu lieu en 1605,1e 12 avril, du temps do l'abhé Philippe llurault, el, en 1022, du temps de M. de Villeneuve. Le lief avait donc été rccoa-

* Inventaire 4e la mante abbatiale, de 1 IGS, p. 205. *

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slitué le 27 juin 1694, en faveur de Jacques de Crepy. Il

fut 1 nppolé qu'il fallait se conformer aux us et coutumes du Vexia français; les seigneurs de la Commerie devenaient vassaux de l'abbaye, de MM. les honorables reli* gieux, seigneurs hauts justiciers de Royaumonl et d'Âsnîères. Les possesseurs de la Commerie devaient faire, aux l'-poques voulues, l'aveu et le dénombrement obligé du liof au priiici[»al manoir de l'abbaye; ils devraient enfin, comme il a déjà été dit, à'^haque mutation de détenteur du fief, outre l'hommage et les autres droits seigneuriaux, un cierge de cire blanche, pesant une livre, qu'ils seraient tenus de porler, ou de faire porter à l'abbaye

Le 6 juillet 1G94 eut lieu, de la part de Jacques de Grépy, contrôleur des guerres, la première cérémonie de foi et hommage rendu à l'église de Royaumont avec les formules invariables. Jacques de Crépy, demeurant à Paris rue Neuve-Saint-iMarlin, s'était trausporlé à Tabbaye royale, au lieu seigneurial de Notre-Dame de Royaumonl, à la principale porte et entrée dudit lieu abbatial. Scion le rit accoutumé, il avait frappé à la porte, et à l'instant était survenu Claude de la Haye , serviteur de haut et puissant priuce Mgr F. -Armand de Lorraine. Jacques de Crépy demanda si le seigneur son maître était en sa maison abbatiale ou autre personne pour lui ayant charge de recevoir les vassaux en foi et hommage ; et le serviteur répondit que le seigneur son maître y était et qu'on allait l'avertir. Le prince de Lori aine se montra ; le sieur de Crépy s'élant mis en devoir de vassal, sans épéc ni épe- >

1 Ou a doiin»', par uno compai'nison ing^éiiieuse et familière, une explication exacte du système féodal. Ou a coniiian^ le gouvernoiuciit et i'orgaiiisalion léodale à une ccriaiac quaiuiic de Itoiies, ciifeniiées les unes dans les autres, depuis la plus petite jusqu'à la plus grande. Le vilain était, de de toutes ces boiles, la plus misérable; il se trouvait dans la main du seigneur du manoir, »|ui relevait d'un autre, lequel relevait d'un troisièroo, Ht ce dernier était sous la main du rui. {Quarteriy Heview.)

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ron, téte nue et à genoux, en terre, dit au prince quil

lui faisait et portait la loi et hoininage qu'il était tenu de lui faire et, porter à cause de sa seigneurie et lief de la Commerie. Mgr de Lorraine déclara qu'il recevait le sieur de Crépy, à la ôharge qu'il donnerait son dénombrement selon la coutume ; ce que Jacques de Crépy fournit à l'instant niênie, et puis, incontinent, il lit porter à l'églibC U|i cierge pesant une livre.

On ne retrouve l'abbé de Pontchartrain à lioyaumont que pour cette monotone *céi*émonie des foi et hommage, aveux et dénombrements féodaux présentés par les vassaux. Le fief de la Commerie était passé en différentes mains ; le sieur de Laislre l'avait acquis en IGOl de Jean Torterain, commissaire des guerres. Nicolas de Laislre le céda à son tour, ea 1666, à Mathurin de Crépy, que nous y voyons encore en 1694* Au commencement du dix- huitième siècle, la Commerie appartenait à Claude Morel, papetier et arliiicier du roi, demeurant à Paris, rue des CaueUes, paroisse Saint-Sulpice. Or, le 29 octobre 4751, Jeanne-Charlotte Berthier, veuve de Claude Morél, vint faire foi et hommage du fief de la Commerie, d'après le droit et l'usage féodal. Elle se transporta, avec des témoins, à la principale porte et entrée de l'abbaye de Royaumont, se mit en état de vassale, un genou en terre, la main étendue; elle frappa, par trois différentes fois, à la principale entrée. Messire Charles-Henri Phelypeaux de Pontchartrain, abbé commendataire, étant absent, ce fut le révérend père doni Nicolas Lambelin , religieux prieur de ladite abbaye, qui se présenta au nom du seigneur abbé dont il avait pouvoir, et au nom de la communauté, qu41 représentait également. Jeanne-Charlotte Berthier, veuve Morel, déclara qu'elle venait faire et porter la foi et homniatie au sei<jneni' abbé et au\ religieux. Elle dil, par trois iuib, à liaoie et intelligible voix . « Monseigneur abbé et messieurs les prieurs et religieux, je suis venu

exprès en oo lieu pour vous porler, comme je fais, la foi, et lioiïirnugc et serment de lidélilé (jue je vous dois à cause du iicl' de la Cominerie à moi appartenant, relevant de VOUS) monseigneur abbé, prieur et religieux de ladite abbaye de Royaumont, à cause de votre terre et seigneurie d'Asnières, aux us et coutumes du Vesin français, vnus suppliant très-huiublemcnt me recevoir en ladite loi et liommnac. »

Les seigneurs de l'Ile-de-France avaient soumis leurs vassaux à une foule de redevances ridicules. Ainsi les dames de Magny, auprès de Pontoise, étaient obligées d'aller battre les fossés du cluUeau de Bantelu toutes les fois que la châtelaine était en travail d'enfant. Cette redevance s'exigeait encore à la fui du dix-sèptiéme siècle, peu de temps avant madame Morel. H y avait aussi prés de Ponloise un seigneur qui obligeait ses vassaux à venir tous les ans baiser la serrure et les verrous de sa porte coclière. Que ne raconte- t-on pas de mille autres devoirs féodaux, de mille redevances à la fois injustes, absurdes et ridicules? Les moines d'issi devaient autrefois tous les ans me charrette de piment aux moines de Saint-Denis. L'abbé de Saint-Germain devait, dit-on aussi, au bourreau une tête de cochon^ qu'un moine lui portait sur la .sienne. Cette redevance se payait le jour de Saint-Vincent, Certains vassaux dei Tabbesse de Remiremont lui devaient porler chaque année un plat de neige à la Saint-Jean d'été (le 2ijuin).

Les observances auxquelles la dame Morel (ut obligée de s assujettir n'atteignaient pas ce degré de rigorisme puéril. Seulement, en signe d'humilité, ladite dame eut à tiaiser la porte de Tabbaye ; elle offrit de payer trente sols pour le droit de chambellage ; le cierge de cire blanche pour la sacristie de Royauinont ne fui pas oul)1ie ; il lut mis « es mains de frère Louis Yaudrou, sacrilain. » Elle s'engagea également à donner aveu et dénombrement du

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