LIVRE miZlÈME
clésiastiquc ou laïque, (Je s cii isoler. Nul iic peut se tenir à l'écart quand fout se renouvelle; il doit joindre son effort à celui de ses contemporains, pour que la vérité se dégage, pour qu'on purifie la nation) pour que les abus disparaissent, et que eependani Tarche sainte des vérités imnioitelles, des traditions nationales, ne succombe pas dans nn élan ininiodéré qui dépasserait le bnl.
Un ne dégage pas assez, dans les récils historiques, la grande loi de la solidarité des individus au sein de la sokdarité collective* N'esUil pas urgent cependant de nous créer, à nous-mêmes, de légitimes et salutaires remords dans rrruvre qui nous est commune à luus, l œuvre de la marche de riiunianilé eu t e monde ? Rien de plus lunosle que celle indolente quiétude d'un citoyen qui, en présence des flammes dévorant l'édidce social de son temps, se croise les bras en disant : « Je n'en suis pas cause! » — Qu'en savez-voiisV Etes-vous sûr que vous n'en t^les cause, à aucun degré, même par celui d'une so- Jidarité lointaine, quelque indirecte qu'elle soit? Sans doute, Mgr de Rosset de Fleuri, homme intégre et de mœurs dignes d'un prélat évangélique, pouvait se laver les mains de la corruption qui avait recouvert les hautes classes de la société franc;aise, comme une enveloppe impure. 11 n'avait pas été de ces soupers du l égent où l'on commentait Bayle, ou l'on devisait contre Dieu, où l'on étouffait tout importun scrupule, en demandant* à des philosophes et à des écrivains de talent, des arguments de probubililé en faveur de l'athéisme et du uintérialisuie. Mais par combien d'autres manières, une conscience délicate ne pouvait-elle^ pas, au milieu du dix-huitième siècle, se sentir engagée et compromise I
De même que Mgr François-Armand de Lorraine» avec ses opuii.dretés dans le jansénisme, avait dù se denumder si son exemple n'était pas malsain, et si une insurrection n'appelle pas d'autres insurrections, de même Mgr de
m HISTOIRE DE ROYAUMOKT.
Rosset de Fleuri aurait di^, avec tous ceux qui avaient
dans la société d'nvant 89 quelques idées et quelque cœur, recheiciicr s il n'y avait pas (juclque bon service à • rendre à la nation, au milieu de l'efiervescence qui allait grandissant.
Il fallait empêcher la France de glisser dans un sophisme redoutable, qui pouvait avoir d'incalculables conséquences.
•Le temps des monopoles passait. On n'en voulait plus dans les mains de la. noblesse^ ni dans les mains du clergé. On ne voulait plus du monopole des sciences chez les ecclésiastiques. Tout cela était simple. Du moment que les laïques devenaient savants, se dévouaient au culte de la science, le monopole exclusif du clergé n'ayant plus de raison d^éire» tombait par cela même. Mais là où pouvaient commencer le paradoxe et le sophisme, lè où pouvait naitrç un raisonnement radicalement faux, là où Ton pou* vait passer d'une donnée léptimc à une conclusion exorbitante, monstrueu.sc, illogique et remplie de périls, * le voici.
Comme on voulait voir p'artout, dans l'ancienne organisation sociale, un monopole clérical, aussi dans l'accès de
réaction qui ^ra^rna les esprits comme une fièvre, il ne fut question, sur loute la ligne, que de tout séculariser dans les divers éléments et rouages sociaux. Voilà où était.lc danger. Voilà le chemin au bout duquel étaient les abimes, les cataclysmes. Toilà, en quoi la responsabilité de tout homme d'honnêteté, de patriotisme et de bon sens au dixhuitiéme siècle, était engagée. Tout Français devait à son pays un bon conseil. Inutile de disculer le travail delà nation, tendant'à se séculariser elle-même ou à émanciper de la direction ecclésiastique le domaine des idées morales, administratives, politiques, etc. Libre à la France de cher* cher son altilude vis-à-vis des formes de la théocratie et d'apprécier jusqu'à quel degré elle était engagée envers