‹ Histoire de RoyaumontChapitre 12 sur 263 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

Le supérieur général de l'ordre, Tabbé de Giieaux, Jean de Cirey, passait pour un homme savant, vertueux et éloquent. Lorsqu'il se lança dans cette campagne de l'apaisement des consciences des moines, de la soluliun de la question des abstinences, il ne soupçonna peut-être pas au début tout le chemin qu'une logique de condescendance allait lui faire parcourir. Au moment où son prédécesseur avait rapporté de Rome la faculté de dispenser individuellement de Tabstînence les personnes qu'il jugerait en avoir besoin, il est de l'impartialité historique de dire que Doiii llynibert fut importuné, assiégé par des particuliers et par des communautés entières qui demandaient à être dispensés. Ce symptôme prit un caractère plus accusé sous Jean de Girey, devenu abbé ; les importunités furent autrement pressantes, et voici ou l'on en vint graduellemeuL Le chapitre général de l iinnée 1481 ayant chargé chaque abbé de monastère de dispenser luimôme ceux qui exposeraient des demandes de dispense, il en résulta une bigarrure incroyable d'usages et une véritable anarchie domestique ; les abbés trop indulgents accordaient la dispense trop facilement, d'autres trop rigoureux la refusaient absolument. En quelques endroits il s'élevait des murmures contre la sévérité, partout il y avait du désordre. Dans un même couvent, les uns mangeaient de ia viande ; à d'autres il fallait le poisson et le maigre exclusivement ; la fantaisie et la diversité ne pouvaient qu'en* gendrer des divisions plus graves. Or, Ton attribue k Jean de Cirey S d'avoir inspiré la détermination du cha* pitre général de l'an 1485. Tandis que tout le monde déplorait la diversité des usages et voulait l'uniformilé, ' l'assemblée de 1485 marcha à Vunifomitéj par la généralisation; elle décida que dans tous les monastères on

* a Ce grand partisan de la chair C«rt ainsi que dom Garvaise dési* gnait Jean de Cirey. Dom Gcrvaisene lut heureusement un modèle ni de bon ton ni de charité littéi^ire.

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