‹ Histoire de RoyaumontChapitre 121 sur 263 · LIVRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIÈME

de zèle, sinon de goût; et spécialement en l'année f760, il arriva un açpident qui demandait toute l'énergie de l'abbaye et qui explique des mesures ultérieures de pré< voyance. Les cénobites de Royaumont n'appartenaient

pas à l'école de ces Grecs do Conslantinople qui disputaient sur la luniière du Thabor pendant que les Turcs donnaient l'assaut à la ville. Point de passion pour Fab* stradtion; esprits pratiques à ce qu^il parait.

Il avait été dépensé une somme de SI ,000 livres, depuis 1729 jusqu'en 1742, pour les «grilles de Ter qui étaient alois dans l'église, et pour différents travaux de marbrerie, menuiserie, sculpterie, dorerie, peii[iture; et pour des restaurations aux tableaux de la Vierge, de saint Louis, de saint Bernard^ et aux deux adoî*ateurs de Tautel. L'incendie du 26 avril 4760 vint créer un em-" barras pour les finances du monastère. A deux heures du matin, le clocher et tout le comble de l'église de Royaumont furent eiltièrement consumés par le feu du ciel ; il n'y eut d'épargné que la partie la plus voisine de Torgue qui comprenait environ iO à i2 toises de longueur. Le dommage lut considérable ; les cloclies, au nombre de six, et trois timbres pour l'iHiîloîïe turent complètement fondus ; la voûte du milieu fut calcinée en entier* Cet immense bûcher faisait bouillonner « des torrents de métal que les tuyaux ou gargouilles vomissaient en ardentes cascades. » L'incendie gagna quelques autres parties du monastère, puisquec'est par suite decet incendie que beaucoup d'archives et de ti t res , concernanllioyaumont, furent égarés ou détruits ^ C'est le religieux dom Charles- Joseph Frontier qui, le premier aperçut le feu et en aver-, tit la communauté. Ce ftit dans Tabbave et dans la contrée environnante une véritable consternation. Dans la , nuit du 25 au 26 tivril 1760, les éclairs qui sillonnaient

* Voy. Vhipentaire de la mante eotwenluelfe.

412 UiSTOIRË DË ROVAUMOiNT.

Phorizon dans le ciel nébuleux avaient fait pressentir la menace d'un orage; mais qui aurait soupçonné In dévastation? Il fallut bien croire à la réalité quand les détonalions se faisant entendre au milieu d'une lueur extraordinaire, la foudre vint frapper la pointe de la flèche de Boyaumont et envelopper le clocher entier dans ses spirales feui't dans .^ls impéluosilés dévorantes. Le l)ruîl . • et la nouvelle de l'incendie se répandirent rapidement dans les environs; on en apercevait les flammes des hauteurs de Franconville, Noisy, Yiannes et Asnières. On accourut de toutes parts ; et Tanxicté fut grande. Circonscrirait-on facilement les ravages de la foudre? Le vent venant à souffler , serait-il possible d'arrêter les progrés de rembraseiuent dans un loyer placé à une liauteur immense, avec Fimpossibilitê d'y faire arriver promptement et sûrement des secours?

Les dégâts furent considérables. Les moines et la po- [ il lion (les alentours durent forcément rester simples et impuissants spectateurs, pendant que le clocher vomissait de toutes parts de longs jets de flamme et des * tourbillons de fumée, que <i Toxyde des plombs en fusion colorait d'un vert livide. » Le clocher se renversa avec un fracas dont on imaginer l'épouvante : on se l eprésenle la fureur nouvelle dos llaniuies se propageant et s'altaquant aux charpentes des combles de la basilique, et l'œil des spectateurs s' égarant sur les traces enflammées. Il y avait à trembler pour tout le monument. On eut l'affreux- et mafrniiique spectacle d'une colonne imjjiensedc fumée montant à une hauteur prodigieuse dans les airs, en roulant des miiiiers de spirales, où Ton voyait tantôt confondus, tantùt successivement dominants» « le vert, Tamarante, le jaune le plus brillant et le noir le plus sombre, le tout se détachant sur un ciel d'un ton d*ardoise dont robscurilé ajoutait à l'éclat pétill.uil des feux de rincendie. » Toutefois, malgré cette horrible

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