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mutilation, le principal de notre bel éditice gothique fut
épargné*.
Le 11. P. dom Abel Bollc, qui était' alors prieur de Uoyaumont, sut déployer le zèle que conim;tiiii;iieril de si tristes conjonctures. Dom Bolle était profèsdç 1 abbaye de Prières en Bretagne, et de l'étroit^ observance de la filiation de Clairvaux, qu&nd il fut revêtu de la dignité de prieur. Il était déplorable de voir le beau et magnifique vaisseau de la basilique de Rayaumont, sans toit, sans couverture, sans clocher, sans cloche; on lut réduit à faire le service divin au bas de la nef, où Ton avait dressé un autel pour y célébrer le saint sacrifice. Dom Abel Belle et tous les. religieux gémissaient journellement d'une pareille situation ; et, dans son zèle ardent pour la gloire de Dieu et pour la fondation de saint Louis, le prieur ne recula devant aucune démarche. On était en 1 76i ^, il sollicita la reconstruction du clocher et la restauration de Têglise, avec instances; il déclara qu^il y avait urgence à Tentreprendre promptement, et il sut engager Mgr l lcuri, alors arclu véque de Tours et ahbè de Royaumont, à sacrifier, pour cette restauration, les revenus des deux tiers d'une coupe du bois de réserve de Bonnet ; les moines de leur côté, y sacrifièrent volontairement leur tiers de cette même çoupc.
Le prieur ayant déployé un soin actif et une louable ténacité à poursuivre les réparations, Féglise, le clocher, les cloches fondues étaient rétablis, dès 1761 , ou au commencement de 1762, en sorte qu'il ne paraissait rien-
du désastre de 170U. Un possède encore de nos jours, à Royaumont, une cloche qui ^v.vl actuellement d'horloge, celle-là même que le R. P. dom Abel Bolle fît fondre; on
' On pense involontairement ù un accident semblable qui, on 1822 (le 15 septembre), incendia ia Uèclio et les combles de ];i cathédrale de Rouen. Yoy. la uolice remarquable publiée sur cet évcnement par M. II. Langlois.
lit sur le listel, cette inscription, qui indique le parrain cl la marraine de la cloche :
Van 1761, refondu le 50 aou&l Jeanne sera encore mon wm, à Hiorloge, Comme il le fut au clocher avant ma refonte. ' Ainsi nommée par D. Jeanne-Anne Pouget de Nadaillac, Abbesse de de Gomerfonlaine ' ; et par dom Abel BoUe, Prieur de lioyaumout*.
On voit que, pour composer cette insciipt ion, on ne se mil pas en grands irais de poésie. Quant à i intérieur de ; ré{|[lise, il fut regratté en entier, ce qui la faisait paraître aussi belle que si on PeiHt édifiée nouvellement; le même prieur fit rétablir en 1765, l'orgue dont on augmenta là puissance^. Un Tnanuscril du temps rapporte que les nouvelles cloches de l'abbaye, en 1765, pesaient 7,642 livres, non compris les cloches du dortoir et du réfectoire, pesant ensemble environ 350 livres. Cependant une particularité des désastres resta irréparable : la magnifique flèche qui dominait la basilique de Royaumont, et dont les propoi lions hardies et sveltes se dessinaient avec légèreté dans les airs, fut remplacée par un cloclier plus
* Il ( sl fait mention, dans les cliartes de l'abbayn de Gomorfonlaiiio. »Ip ditïcrents abbés de l'ancienne abbaye de Notre-Dame du Val. Notro-Daine du Val était une abbaye de Tordre de Clteaui, placée sur la rive gauche de l'Oise, entre rUe-Adam et Meriel, dans une vallée profonde, au milieu dés bols. Ce monastère fut la si'pnltiiro ordmain' des seigneurs de Montmorency H de rile-Adam. Erqiionj^ier, neuvième abbé dp ISon o-l);ime du Val, eut avec l'abbé de Koyauuiuut un procès que terminèrent, en 1247, les
' abbés de Froidmond, de Beaubec et du Pré. Adtille de Harlay, seigneur de Sancy, gouverna le Val par les soins de Jean ÎIuoii. (ju'on avait nomme prietir. Krcrc Iluon signait : abbé du VaL proviseur des bernardins. Henri de Gondy. mort en KJIO, avait été abbû du Val. Après les décisions de l'Assemblée constituante, eu 1791, le Val fui acheté en partie par U. Péan de Saint^illes, avocat à Paris. Peu après, cette terre devinl la propriété de M. le comte Regnault de Saint-Jean d'Angely {Ut Froaee pmtifieale, Gallia christiann). Pari*, t. lî, p. b-ll.
* Cette cloche est sur la maison des liotcs : elle vtcnl du temps des moines. ' lx>ui8 Perronat, facteur d'orgues, à Ueims, augmenta les orgues de
Royaumont d'une seconde trompette et d'une pédale de bombanle. {^oU de Vlnventaire,)
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* loui*d^ qui ne pouvait aucunement passer pour un équivalent; on avouait, dès i765, cette infériorité*. On fit placer à un des côtés de lo croisée, sur le mur intérieur du Iranssept méridional, à droite au-dessus de la sacristie, au-dessous du cadran, une inscription qui indiquait l'époque de la fondation de réglise» de son incendie et de sa restauration.
^ficat, ann. 1SS8.
CombiH it, ann. 1700.
Uestaurat, aim. 1761.
Un voyageur de 1790 ne trouva pas les restaurations très-heureuses; voici ce qu'il disait du chœur de Tcglise de Royaumont : « Sur une niche formée par des palmiers dorés, au-dessus desquels des anges dans des nuages font une voûte, est la Vierge avec l'Enfant Jésus ; aux deux cètés sont les statues de Bernard et de Louis IX. Bernard en simple habit de moine prie, les mains jointes. Saint Louis, la tète nue et prosterné, présente à l'Enfant Jésus la cou ru il HO d'épines et les trois clon.s sm un liugc. Aux deux côtés de l'autel, sont des chérubins dorés.
a Les tombeaux des frères et des enfants de saint Louis sont ce qu'il y a de plus remarquable dans ce chœur, mais ils sont dans le plus mauvais état. Cette indifférence des moines pour ceux de la libéralité desquels ils tenaient toutes leurs rirliesscs, est révoltante. Ces tombeaux avaient clé mis en pièces, quand on a réparé l'église, et les fragments ont été scellés contre les murs. Ces moines ont poussé la barbarie jusqu'à scier ces tombeaux dans toute leur longueur, afin qu'ils ne dépassassent point le
• Nous avons sous les yeux trois dessins de HoYaumont : deux faits au dixsepliême siècle^, cl rnuti c vers 1789 ou 1700; on sent l'infcriorilc profonde du dernier avec son clocher élevé en 1761 ; les deux dessins du dix-septième Siècle ont la flèclie élevée, cl élancée que la foudre cotisiimft en 1790.
410 HISTOIHE DE UOÏÂUMONÏ.
coin exigu qu'ils avaient bien voulu leur laisser. Ceux
qui subsistent encore sont au nombre de sept^ »
Mais l'esprit de prévoyance el de restauration, si vivement réveillé à Royaumonf, devait conduire à des mesures d*un autre ordre, et non moins dignes d'intérêt. L'incendie de 1760, après la perte d'une partie considérable des
archives du inoiiastcre, inspu a dos précautions, en vue de nouvelles éventualités. Ou coiil'eetionna el rédigea un inventaire des titres de la Manse conventuelle de l'abbaye de Royaumont, par ordre 4u R. P. dom Abel BoUe, prieur. Cet inventaire, commencé après Tincendie de l'église et du clocher de Royaumont arrivé le 26 avril 1760, par le sieur Labé, futcontiuué et paraelicvé par le|ieur Bernnrd Bonhomme Devarcnne, archiviste, secrétaire de Tîntendance au département de Bray-sur-Seine, y demeurant, et èchevin de. ladile ville ; on chargea ensuite Louis-Barthélemi Gasche, demeurant à la Groix-en-Brie, de lë transcrire. On le lermiuait au mois de septeud)re de l'année 17().5. Cet inventaire forme un iuunense volume in-folio, d'environ 000 pages, que Pon conserve aux archives de Versailles sous le titre : Inoentaire de la marne conventuelle de RoyaU" mmt. Vers cette même année 1765, on mit aussi la main à la réduclion d'un immense iii-lblio. liuiiuiscrit, inlilulé: Inventaire delà manse iihhnt'ia le deBoijanmont, Extraits des litres échus du 1*"" et du S'"*" lol^ suivant le partage fait le 29 décembre 1702. Cet invenlaire forme un volume de 300 pages". Le prieur de Tabbaye faisait dresser en même temps un nouveau (Y/r////«/?7^ de Royaumont, abrégé du grand carlulaire, consistant en un grand volume manu-
* Willin, dans ses Antiquilt'a nalioiialcs. Il pnrlo en irnioin dculaire. Il faut rcgreUer les absurdes iimlilaUuiis qu'il déplore : (jit un ii'uublic pas toutefois que les indignations de Miltin, à rcndroît des moines» alors que CCS iiidi^^nations semblaient une condescatdance obligée eiivers l'esprit du
temps, sont très- suspectes.
* Ces deux inventaires se trouvent aux Archives de Seiiie-et>Oise.
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scrit in-4% pour l'utilité à% ceux qui ne voudraient point
recourir aux originaux
Mgr de Rosset de Fleuri mourut le 22 janvier 1781, dans sa soixante-troisième année» et laissa vacante la place d'abbé commendataire de Royaumont, qu'occupa bientôt rabbéHenri-ËléonorèleGornutdeBallivières, né vers 1750 et entré dans les Ordres depuis 1774. L'abbé de Ballivières avait des litres lionoriliques; il était aumônier ordinaire du Roi, commandeur ecclésiastique des ordres royaux, militaires et hospitaliers de Saint-Lazare de Jérusalem et de Notre-Dame du Mont-Carmel. Un acte du 3 avril 1 788* le qualifie de seigneur de Royaiimont et d*Âsniéres-sur- Oise, à cause de sa qualité d'abbé commendataire. On sait que les aumôniers du Roi, institués par Charles IX, . avaient, dans les cérémonies, le rochet sous le manteau ; ils servaient deux par quartier. L'aumônier devait se trouver au lever et au coucher du Roi, au grand cou,vert, et à tous les offices de l'Église, où Sa Majesté assislail. L'abbé de Ballivières avait la réputation de s'acquitter de ces fonctions avec élégance et dignité ; il y avait pour cela 500 livres d'appointement et la table des aumôniers. C'est vers 1782 que M. Ballivières devint abbé de Royaumont ; il était aussi abbé de Bomneval'. Loin qu'il fût de taille use mesurer avec les catastrophes qui se préparaient, incapable d'une application profonde et sérieuse, il avait les yeux grands ouverts, et il ne voyait pas la révolution de France qui approchait de toutes parts; ou plutôt il voyait sans voir. Le jeu et les bâtisses l'absoi bèrcntjusqu'au moment où devait sonner le réveil ! L'abbé de Ballivières, qui ne manquait pas de naissance, revendiquait parmi ses illustres ancêtres du treiûèmc
1 Le goût était aux inventaii'es. On avait fait^ en 1709, 1 inventaire dés ornements, lioge, reliques, argeaterîe el autres objets de b sacristie, pour ' la décoration de Téglise de l'abbaye.
* Carton de Versailles. »
s L'Almaiiack de 1719.