‹ Histoire de RoyaumontChapitre 127 sur 263 · LIVRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIÈME

de légumes accommodés à* Teau et au sel, ils se permettaient de niaiigcr du poisson, des œufs farcis» quelquefois même de la viande.

La grande querelle du dix-sepiième siècle, relative à la réforme des ordres religieux, n'avait pas eu d'autre portée dans l'ensemble de ses éléments. Lorsque Richelieu prit la direction des négociations, lorsque le cardinal de la Rocheloucauld consentit à reparaître , lorsqu'eusuile le cardinal de Richelieu voulut bien s'en mêler une seconde fois, la cause qui provoquait les vœux de réforme éiak celle-ci : au lieu de faire abstinence perpétuelle, les religieux de la commune observance mangeaient de la viande h Vun de leurs repas, trois jours de la semaine, le dimanclio, Iq mardi et le jeudi; ils demandaient à voix basse les ( lioses nécessaires que la règle primitive ne permettait de demander que par signes.; ils se levaient à trois heures du matin au lieu de se lever à minuit, à une heure, à deux heures; au lieu de coucher fous dans un dortoir comimin, ils toléraient les cellules privées; ils adoucissaient un peu le jeûne et prenaient quelques fruits à la collation du soir. Les sévères demandaient-ils qu'on qu'on fit cesser une vie de désordre et de dissolution contraire aux devoirs les plus essentiels? Là-dessus, la commune observance ne pouvait différer d'opinion avec la partie adverse. Que demandaient donc les al)stinents ? Une réforme disciplinaire qui fit renoncer leur ordre à une vie/aci/^et trop commode^ pour le ramener à un état de perfection où l'on pût embrasser de nouveau les pratiques plus austères d'une règle dont on s'était écarté.

Ce n'est pas (ju'ea ciicrchant çà el là sur la surface de l'Europe, il n y eut quelques faits monstrueux; on citait tel couvent de femmes où les religieuses s'étaient fort mondanisées. Quant aux religieux , on en avait vu' affecter des costumes élégants, oifrir à l'extérieur le portrait d'un séculier, paraître dans les rues ou à la campagne dans

HISTOIRE DE ROYAUMOiNT.

Taccoutrement des gentilshommes, arnoiés de larges épées, avec un épervier ou un faucon au poing; mais ces habitudes' disparaissaient. On pouvait signaler isolémeitt quelques faits de sensualisme, en contraste choquant avcc les saintes obligations de la vie monastique; ici des religieui faisant, à part, des repas somptueux; là, plusieurs membres de quelques communautés, sous prétexte de prendre des vacances pour réparer leurs forces, passant plusieurs jours, une quizaine de jours, quelquefois davantage, à vivre à leur guise et dans la bonne chère, laissant aux autres le soin de remplir les offîces claustraux. De telles énormités, et d'autres encore plus* déplorables pour les SHBurs, s'étaient vues surtout pendant les désordres du quinzième et du seizième siècle; il n'en était pas ainsi au dix-septième siècle. Ce n'est pas à la répression de semblables monstruosités, que le cardinal de la Rochefoucauld avait à travailler; il est vrai que les désordres empirèrent au dix-huitième siècle, mais on doit ,se l)orner ici à ce qui concerne Royaumont. / Il s'est établi, relRtivement à la situation morale du

monastère de Royaumont ù l'époque de Louis XVI et au moment de la révolution, deux courants d'opinion trèsopposés. Les représentants des derniers groupes de cette société du dix-huitième siècle qui a presque achevé de disparaître, ont été consultés. Selon les uns, on aimait beaucoup les moines dans le pays. On en disait beaucoup de bien. Tous les jours, ils accordaient de» secours pour les malheureux, sans compter que, chaque samedi, ils faisaient la distribution traditionelle de pain à la porte du couvent. Los cérémonies de FÉglise, vraiment splendides, et que rehaussait Téclatanle harmonie de 1 orgue, étaient l'orgueil des populations de la contrée, qui venaient de Viarmes, de Sugy, d'Asnières, de Noîsy, fieaumont, Boran, Luzarches, assister aux pompes austères de la basilique gothique. On était sympathique à l'ab- ♦

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