‹ Histoire de RoyaumontChapitre 134 sur 263 · LIVRE IKEIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IKEIZIÈME

penaer que ce je ne sais quoi qu'on appelle esprit, i> 11 écrivait également, le 6 décembre 1757, au même ami :

« Il ne faut que cinq ou six philosophes pour renverser le colosse. » Voici encore ce qu'il ajunlait lo 25 mai 1758 : « tSi vous étiez tous unis, vous donneiiez des lois. Tous les cacouaes devraient composer une meute. »

Hais c'est en 1760 que la correspondance de Voltaire devient enoore plusaméreet plus provocante; il excitait sans relâche ses amis à terrasser ce qu'il appelait la superstition. 11 écrit, le 20 juin 1760 : « Ahl pauvres frères, les premiers ûdèies se conduisaient mieux que vous. Patience, Dieu nous aidera, si nous sommés patients et gais. » Il écrivait, le 20 avril 1761 : «t Que les philosophes véritables fassent une confrérie coainie les IVancs-uiaçons; qu'ils s'asseniblenl, qu'ils se soutiennent, qu'ils soient fidèles à la confrérie, et alors je me fais bniler peureux. Cette académie secrète vaudrait mieux que l'académie d'Athènes et toutes celles de Paris. Mats chacun ne songe qu'à soi, et oublie le premier des devoirs qliiest d'anéantir Vinfâme (la religion). Confondez i iniàme le plus que vous pourrez. » Le 8 septembre 1705, il disait: a J'ai' toujours peur que vous ne soyez pas assez zélés. Vous enfouissez vos talents, vous vous contentez de mépriser un monstre qu'il faut abhorrer et détruire. Que vous coûleraU-il de l'écraser en quatre pages, en ayant la modestie de lui laisser ignorer qu'il meurt de votre main? Lancez la flèche sans montrer la main; faites-moi quelque jour ce plaisir; consolez ma vieillesse. » Le 2 octobre 1764, il marquait à son ami : « JPai vu avec horreur ce que vous dites de Bayle (art. Dict. ) : Heureux s il ai ail pu lei^pecter la religion et les mœurs! Vous devez faire pénitence toute votre vie de ces deux lignes : qu'elles soient mouillées de vos larmes, »

Le dix'^huitîème siècle avait commencé pour Royau-

mont par un janséniste^ par M<^r Armand de Lui raine i il

452 HISTOIRE DE ROYAUMOiNT.

s'achevait par on indolent, par M. de Balliviëres. Et cependant Pennemi du vieil édifice chrétien avait toujours l'anne au poiii^, et sa véhémence était la même avec ses aulres amis. Le 18 juillet 17G0, il écrivait ù Thiiioi : « J^avoue qu^on ne peut pas attaquer l' infâme tous les huit jours avec des écrits raisonnés, mais oii peut aller per domos semer le bon grain. » Il 'écrivait à Damilaville, en mai 4761 : « Courez tous sur Tinfâme liabilemenl. Ce qui m'intéresse, c'est la piopagation de la foi, de la vérité, le progrès de' la philosophie et Tavilissement de l'inlâme. » La môme année en octobre, il s'adressait à Saurin : ail faut que les frères réunis écrasent les coquins. J'en viens toujours là : d^lenda Cav" thayo, » hc reste de la correspondance se soutient à ce diapason d insanité. On trouve ce billet à Damilaville, daté du 4 février 1 762 : « Engagez tous mes frères à poursuivre llnféme de vive voix ou par écrit, sans lui donner un moment de relâche. » Au même, le 25 juillet 1766 : « Je ne doute pas un moment que si vous vouliez vous étal)lir à Clèves avec Platon (Diderol) et quelques * amis, on ne vous lit des conditions très-avantageuses; on y établirait une imprimerie qui produirait beaucoup, on y établirait une autre manufacture plus importante, ce serait celle de la vérité... Soyez silr qu'il se ferait alors une grande révoiulinu dans les esprits, et qu^i) sul'firait de deux ou trois ans pour faire une époque éternelle. )) II mandait au comte d'Argental, le 16 février 1762 : « Faites tant que vous pourrez les plus sages efforts contre rinfâme : » àUelvélius, le mai 1765: « Dieu vous demandera compte de vos talenls. Vous pouvez, plus que personne, écraser Terreur : » à Marmontel, le 21 mui 1764 : « J'exhorte tous mes frères à combattre avec force et prudence pour la bonne cause*. »

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