‹ Histoire de RoyaumontChapitre 142 sur 263 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

celte représentation illustrée des monuments de Paris et des provinces, ces manuscrits, ces portraits, ces tombeaux ; le dernier recommandait cette collection à Fleuri

pour l'éducation du roi. Rien n'était plus atlnaut, selon Saint-Simon, que « ce très-grand nombre de portraits de ce qui, en hommes et en femmes, avait figuré surtout à la cour dans les affaires et dans les armées. » Dans le nombre étaient de nombreux sujets crayonnés pour Royaumont^.

Toutefois, celui qu'on peut regarder comme le père de cette école historique française; on figurent, pour autrefois le duc deSainl-Sinion, et de nos jours M. Dargaud% rhistorien d'Elisabeth et de Marie Siuart ne borna pas sa reconnaissance envers l'hospitalière abbaye à dessiner les monuments de Royaumont; il fit lui-même un abrégé du ^rand Cartulaire du nionasière pour exposer brièvement l'origine et l'historique des acquisitions territoriales successives de Royaumont. Cet abrégé qu'on a déposé aux manuscrits de la bibliothèque impériale de la rue Richelieu renferme une sorte de préface

* Les collections Gai(;nièrps furent données au roi Louis XIV, en 1741. La crainte que cet amas de doL-utiieuts ne (ùt dispersé uprèb m mort, avait fait choisir la Bibliothèque royale, comme le seul lieu di^ne d'objets rassemblés avec tant de soins et de dépenses. Le roi s'engagea & fonrnir«à M. de Gaignièrcs, par fornif» d'indemnité, un contitit de ronfo viagère. Gaignières mourut au mois de mars 1715. Son iinniense collection, la plus considérable qu'un particulier ait formée, comprenant plus de iringt-einq Tolomes in-folio, se trouve partagée entre la bibliothèque impériale Richelieu et la bibliothèque Bodléieiiiie d'Oxford. Comment une partie est-elle sortie âo France? Comment M. Uichard Gougli, célèbre topographe anglais, mort en 1800, en lit- il l'acquisition dans une vente aux enchères à Londres, c'est ce que M. Dauban, conservateur au cabinet des médailles, estampes, bibliothèque Richelieu, a cherché àéclaircir.— Voy. la Revue iet Sociétés savantes, de IBM). — M. Jules Frappaz, hahile dessinateur, ayant mission do notre niini^'re de l inslnu tion publique, a copié, pour la France, les (il tgiuutix de Gaigniéres qui sont à Oxiord.

* M. Dargaud s'est attaché, dans ses livres historiques, à chercha* dans ses personnages les rapports du physique et du moral. Peut-ôtrc abuset-il do rnsnge des portraits. Ses a-uvres sont remplies do traits de grand HiaUi 'v Quant à sos idée s ot à .sa forme, qui ont p.i<<ioniié Uniiennais et mauaujê (jcor^e Sand, un catholique a beaucoup de réserves à faire.

^ Cet abrégé est appel); : Cfffie moderne du Cartuiaire de Royaumont, i vol. ln-i\

412 HISTOIRE DB ROYAUNONT.

présentant en deux pages un petit aperçu des destinées de Royaumonl. De Gaigniéres ne prétendait à aucune littérature^ il parle sans aucun art; sa langue est même assez incolore; maïs il rachète ce côté négatif par une grande naïveté de ton et un vif amour de l'abbaye où il séjourna , amour qui va jusqu'à une pieuse tendresse. Après avoir énuméré en quelques lignes les anciennes grandeurs historiques de Royaumont, les libéra* les munificences de saint Louis à son égard, il a le noble courage de flétrir Pinslitution de ces abbés c^ommendataires qu'il regardait comme les fléaux de Royaumont.

Il avait été tracée au dix-septième siècle, un plan de l'abbaye de Royaumont, qui fut dédié aux princes de Lorraine, seigneurs de Royaumont et d'Âsnières. Cette vue, prise à vol d'oiseau, fait envisager l'ensemble du monastère avec les dépendances territoriales qui en marquaient la circonscription et la beauté. Mais on doit à GaignièreSf et à Millin qui écrivait 100 ans après Gaigniéres, une véritable gratitude pour avoir retracé* par le crayon et par la gravure la physionomie des détails, des vues de la laçade principale de l'église de Royaumonl qui est détruite à jamais, des vitraux, des pierres tombales, et quelques figures de personnages de Royaumonl. S'il fallait établir un parallèle entre Millia et de Gaigniéres, on devrait dire que dans son ensemble Blillin n'est qu'un peintre iï oid, et si on le considère comme un historien accidentel de Royaumont, il n'est qu'un piètre historien, plein de préjugéi» et de sécheresse. Gaigniéres au contraire a du cœur, on sent qu'il aimait Royaumont d'après ce qu'il en a écrit; son âme a passé dans ses pages ; il termine la préface de son manuscrit par une prière, en emplopnt des formules proi'undèment cléricales: « Priez Dieu, dit-il, ami lecteur, qu'il se ressouvienne de son sanctuaire, et qu'il répare les ruines d*un témoignage trés-authentique de la sainteté et piété dn grand saint

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