II
m HISTOIHE DE ROYAUMOI^T.
^rolesque^ et la littérature légère du dii*neuviéme isièclç devait coucher sa dépouille mortelle dans le fond d'un conte frivole. La forôt de Chantilly, qui prête aux accidents tragiques 9 aurait dû suffire pour les thèmes de rimaginafion. Un poteau, -iplacé vis-à-vis les grilles de ce qu'on appelle le parc de Sylvie, dans la forêt de Chantilly, indique la rmte de la Fille Morte^ allant au carrefour du Connétable; un prince de Condé, chassant un jour dans la forôt, trouva une iilic adossée contre un arbre avec un fagot de bois qu^elle venait de ramasser et qui était encore debout, quoiqu'elle eût été frappée à mort par la foudre. Delà, la tradition de la ronl^ de la Fille morte. Ces épisodes du passé n'étaient pas encore assez dramatiques ; on a voulu, selon la poétique de Shaks[)eai e, mêler la comédie au drame, associer le burlesque et le sérieux ; l'apparition de l'abbé Prévost à Royatimont est devenu le texte d'un tableau à la Gburbet, avec du réalisme sans r^ltté, dans lequel la vérité historique, les convenances et les bimples vraisemblances paraissent passablement sacrifiées.
De nos jours, on se croit trop le droit de plier quelques incidents d ^histoire au besoin de satisfaire les passions des partis, et Ton ne pf end pas asset la peiiïe de se pénétrer d*un sujet pour en écrire avec compétence ; c'est ce qui est arrivé à récrivain moderne qui a essayé de redire, à son point de vue, la dernière époque de la vie de l'abbé Prévost. On n'imagine rien de vul^^^airc, de faux et de plat tout à la fois comme son récit. L'abbé Prévost ayant acquis de la célébrité littéraire, naturellement on a cru devoir représenter les moines de Royaunioiil connue jaloux et désireux de revendiquer le pei sonnage. Vivant , il s'étail arraché a la clôture : on aura du moins juridiction sur le mort. « Dans sa jeunesse, dit le moderne écrivain % et à la suite d'un mouvement itrifiéM d'abnégation, l'abbé
* IjCë Châteaux de France^ pur M . Léon Goziait.