LIVRE QUAT0RZU':ME
toutes les sollicitudes. L'abbé Prévost ne rouvrit les yeux que pour se voir mourir, et retrouver sous son regard
Tapparilion vengeresse des moines de Royaumont, comme s'ils étaient les accusateurs de sa jeunesse éparpillée à * tous les chemins.
Si rhistoire insiste sur les circonstances diverses où se trouva mêlé Tabbé de BallivièreS) c'est qu'on doit réunir tous les éléments pour mieux comprendre la série des faits relatifs aux destinées de Royaiiiiimit dans la crise qui marqua la fin du dix-huitième siècle, t^L que, d'autre parf, cet abbé fut associé à l'épreuve suprême du monastère. Il s'agit de s'expUquer comment cet abbé commendataire fut conduit à toucher à Farchitecture de Tabbaye, et à modifier totalement le logement abbatial. On en doit trouver la raison dans son entourage, ainsi que dans ses propensions personnelles. Ce n^est pas du cùté de sa famille que pouvaient lui venir des goûts immodérés de luxe. U avait un frère, le marquis de Ballivières, qui venait passer quelques jours avec sa dame la marquise, à l'abljayo ; il ii est pas prèsumable que ce soit eux qui aient dégoûté Tabliè de Balliviéres de l'ancienne demeure abbatiale, qu'il ne trouvait ni assez coniortable, ni assez accentuée d'architecture. Le marquis de Balliviéres contrastait profondément avec Pabbé; c'était le type de l'officier français dans toute la solidité de son bon sens, et avec cette vieille fidélité aristocraUque d'autrefois. Le marquis de Balliviéres, qui était dansTinlanteric avant 1169^ commandait en second le régiment du Roi, n Nancy, où l'on a conservé de lui le meilleur souvenir; il avait Kesprit
les deux principaux personnages de ce roman, pour appder sor eux l'intérêt du lecteur.
* La marquise de Balliviéres était unedemoiselle Priolo, famille italienne, établie dans lé Bourbonnais. Un Priolo était né, en à Saint4ean-
d'Angely. Il écrivit l'histoire île Mazarin. Mademoiselle de Priolo, quVpoii.^a le marquis de Balliviéres, était une brandie de ces Priolo. €e Benjamin i'riolo, qui écrivit l'histoire de Mazarin, au dix-septième siècle, descendait d'une famille, qui, dit-on, donna des doges à Venise.
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dVdre, rexactitude^ réconomie, Tamour de la discipline
nécessaire à un chef de régiment; il n'eut pendant toute sa longue carrière militaire qu'une seule punition
L'abbé de fiallivières était, au contraire, un abbé de cour, élégant, bien mis, toujours en costume laïque: aimant le grand train, les beaux chevaux, les splendides équipages; léger de caractère, fréquentant les cercles, mais du f este pas scandaleux. C'est dune son entourage, ce sont ses relations à la cour, ( c sont ces circonstances jointes à ses allures, k ses tendances et aux conditions de sa vie intime, qui peuvent expliquer les transformations matérielles considérables qu 'il rêvait d'introduire à Royaumonl. Or, par la comtesse Diane de l'oliguac, rabbédcBallivièros fut laèlé à la vie de Versailles, comme par le voisinage immédiat il participait de la vie de Cbantilly. Cette Diane- Françoise-Zéphyrinè dePolignac*, qui était la soeur du comte de Polignac, créé duc héréditaire avec les honneurs du Lonvre, et premier écuyer de la Reine, occupa assez d'elle suus le régne de Louis XVI ; m mai iée, ni clianoinesse, bien qu'elle porlàtla croix honoraire d'un chapitre de Lorraine, le roi lui donna un brevet de Notre-Dame, ce qui ne s*élait point fait encoré. Uffe dame de son temps raconte qu'elle n'était ni belle, ni bien faite, que sa mise n'était pas Aléganle, mais que sou esj)ril et sa sensibilité la faisaient aimer de tous, a Un rien Lu ti oubiait, elle rougissail comme une pensionnaire. Elle avait pourtant beaucoup de caractère, et ceux qui la croyaient faible se troiyipaient grossièrement. Elle aimait et soutenait sa famille avec une énergie et une ardeur au-dessus de tout éloge. La séduction de sou esprit créait des amis aux Polignac, pendant qu elle imposait silence aux sots et aux méchants en se faisant craindre \ »
Pendant l'émigration, et pour 'un fait, où il y avait du malentendu.
* Elle t'iail (Mi ! 7 't«',
^ Mémoires de madame d Oùfrkirch, t. i.