‹ Histoire de RoyaumontChapitre 155 sur 263 · LIVRE QUAÏÛttZIÈMfi. m · texte numérisé non relu

LIVRE QUAÏÛttZIÈMfi. m

fiée daiis sa forme ^? » C'c^l ce fine ne comprenaient pas assez certaines classes de la nation. M. de Ballivières en était là, conservateur par paresse et par égoïsme, du nom- Inre de ces routiniers myopes qui prétendent pouvoir conserver une société vieillie, battue a par le souffle impéluenx des idées nouvelles, » sans avoir même la pensée ' -d'interroger sa propre conscience, et sans se demander si on peut rien à la chose publique, et si on est pour rien dans ces destinées de Fempire qui inclinent vers la décadence, pour parier la langue mélancolique de Tacite : FergefUilm imperii fatis.

C'est sous l'empire de la distraction universelle, mais dans la légiliine absorption de son zèle, que M. Pou part, curé de Saint-Enstache, tout entier à son œuvre, écrivit de Paris, le 51 janvier 1788, au prieur de Royaumonf, en lui mandant de vouloir bien assembler capitulairement ses confrères, et leur doinier communication des pièces qu'il lui envoyait. Il espérait que le prieur le seconderait auprès des religieux comme il l'avait fait auprès de M. de Ballivières: « Nous irons avec M. Tabbé Viriot, dans la belle saison, écrivait-il, vous en renouveler ainsi qu*à ces messieurs, notre sincère hommage. » Cette belle saison devait-elle venir '.' Du reste, Farfinnient pour décider la vente était que les bâtiments du grand et du petit hôtel de iioyaumont se trouvaient dans un tel état de vétusté, qu'ils demanderaient une reconstruction totale. Mais, pour la véritable explication du rôle de Pabbé de Ballivières, elle se trouve dans un lond de légèreté et dMmpiévoyance alliée à une funeste inertie. 11 faut admettre qu il vient

* M. litlrc dit : « Il n'est pas impoçsiljlo de croire que ?i le petil-fils de Louis XIV eut vécu et eût eu pour jn'ciiiier luitiistro son jirée'^p'our Féiiclon, les grandes catustrophes de la Un du dix-huitième siècle auraient été évitées; du moins nne sagesse prévoyante aurait mie dés lors la France dans une voie de réformes et de mutations paciiiqucs, auJieu de la dangereuse immoiiilitê qui prévalut. » {Éludes wr les barbares et sur le moyen âge, par il. Liltré, p. 252.)

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des courants d'opinion presque irrésistibles, comnio à la tin du dix-huitième siècle; et, quand le grand ileuve des idées générales a pris une direction, est-il aucun effort indiyiduel qui puisse lui barrer le passage? Ce sont ces situations qui font ressortir la petitesse decertaînespersonnalîlcs. Oivétail celle de Tabbé de Ballivièrcs, sous le raj)port intellectuel et dans l'ordre du enractère, poui préserver Royaumont de la grande révolution qui montait comme la marée de TOcéan ?

La situation empirait, l'amour du peuple pour la reine avait fait place à l'irritation ; on reprocliait, jusque dans les lialles, à Marie-Antoi nette, d'être la cause du dclicit et de la pénurie des grains; la laveur de la famille Polignac était odieuse ; la ctianoinesse Diane, que l'on appejait Vastre de nuit, à cause de ses humeurs hautaines, blessait les gentilshommes les plus dévoués. Yint le miui.^léi c du cardinal de Brienne, dont les mesures amenèrent l'explosion de la catastrophe. Sous Tinfluence du parti américain, ce ministre ayant proclamé la liberté illimitée de la presse, dans le but d'éclairer 1 opinion publique au moment des élections solennelles, puisque le roi s'était décidé à convoquer la nation, on se vit, dans l'espace d'im mois, envahi par un déluge de brochures et de pamphlets, d'où sortirent Camille Desmoulins, Marat. Si ces journalistes ménageaient encore le roi, ils attaquaient ouvertement la reine, le comte d'Ârtois, Diane et Gabrielle de Polignac, qu'ils couvraient d'infâmes calomnies. Les états j];énéran\ devaient s'assembler le 5 mai 1789; pouvail-on prophétiser qu'ils deviendraient assemblée nationale constituante; que les parlements, les notables, le clergé, les abbayes, allaient être baUiyés avec la monarchie; qu'enfm, parla réforme nécessaire des anciens abus, on serait jeté dans une révolution effrosablement violente?

On trouve l'abbé de BalUvîjres, se lançant dans les

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