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LIVRE QUATORZIÈME

spontanée ou réfléchie, n^entràt pour une ))onne part dans la sympathie de Fabbé de Balliviéres pour les idées de

Mgr de Roquelaure. Lorsque avait été formée, vers 1767, la commission pour la réforme des ordres religieux, révôquc de Senlis en ayant été nommé membre, avait eu dans ses attributions Tordre de Citeaux et toutes les abbayes bernardines, iravait assisté au chapitre général tenu à cet occasion; il s^y comporta avec une bienveillance que n^gnorait pas Pabbé de Balliviéres ; et de même que les supérieurs et les membres de Tordre cistercien s'étit it iit loués, du temps de Louis \V, des ])nns piocédés de Mgr de Roquelaure, Tabbé commcndataue de Koyaumont ne voulait pas, en 1789, paraître ingrat envers le prélat. Toutefois, il s'était fait un travail dans Fesprit de M. de BalHviéres, par suite de l'état de ropinion ; des voiles étaient tombés, et c'est sous l'empire de ses nouvelles impressions, que parurent se déterminer ses sentiments €t sa timidité dans l'assemblée du bailliage de Senlis. Si les exemples du prince de Condé à Chantilly, les fêtes qu'il y avait données à Louis XV, avaient d'abord surexcité ses goûts de dépende, s'il avait été ébloui de cet état d'in-, stallation pour les chasses, en chevaux et en chiensS si la réception faite à Paul de Russie dans la loluiide

* On trouve aux archives de l'Oise, dans un volume in-folio, niaiiuscrit, le registre desdepeiises de Sou Altesse le j[>rijice de Condé, pour diflérenles années (1713, 1775, etc.); cela donnait la fièvre à H. de BaUWières. On y lit, pour les dépenses des onze derniers mois de l'année 1772: gages des gens d'nciirie, ti6,r>2i livres; — habillement pour un an, 19,501 livres; — renouvellemenl des chevaux, 39,522 livres; — ferrages et médicaments, e,938 livres; — entretien 4e voittires, sellerie, etc., 17,090 livres;*— renouvellement des voitures, .éperonoeHe^ 61,208 livres; — gages des gens (]c \:\ v ticri'-, habillement, nourriture des chiens, 37,815 livres; — dépenses relatives aux chasses du tir, 5,335 livres; — total de la partie des émiries et vénerie, la nourriture des chevaux non comprise, 254,831 livres.

Nombre des clUens en l'année 1772 1 soit l'équipage du cerf, 112 chiens; — l'équipaj^o du daim, 5') ; — restant au chenil, 29; — total, 196 chiens.

Nombre des chevaux, eu l'aunée 1773 : 276 chevaux; — achat de chevaux, pour r»G,274 livres; — nourriluie des chevaux, 145,095 livres: — ferrage et médicaments, 8,665 lims.

512 HISTOIRE DE ROTAUMONT.

centrale des écuries ^ transiormée en salle étincelante, l'avait stupéfié ea lui donnant des idées malsaines, de nouveaux^ horizons appelaient le regard de M. de Ballivières; il était en politique de la nuance Polignac et de

la société de Triaiioii ; il était également de la nuance des princes de Condé et de Oonti. Depuis plus de deux ans, des craintes sérieuses étaient montées dans les hautes régions. « Je vois bien des choses ({ui m'affligent, écrivait Madame Elisabeth, en mars 1787 ; cette fameuse assemblée des notables est réunie... Que fera-t-elle? Rien, que faire connaître au peuple la situation critique où nous soniiiies. Le roi est de bonne foiiiansles conseils

' qu'il leur demande ; le seront-ils autant dans ceux qu'ils lui donneront... Celle qui a la toute-puissance ou qui prétend ravoir, caresse ceux des notables dont elle attend plus de complaisance; vous savez ce qu'elle pense des grands, mais je crains bien qu'elle ne fasse qu'accroître leur mécontentement, sans gagner l'amitié des autres; d'ailleurs, on nous voit de trop près, cela a bien plus d'inconvénients pour les hommes' qui vivent dans les provinces éloignées, que pour Paris, où les scènes, variant

. è chaque instant, laissent peu d'impression ; mais quand les députés retourneront chez eux, que diront-ils de nous? le mal frappe bien plus que le bien. La reine est trèspensive. Mon frère, le comte d'Artois, est tout étonné de ce qu'il entend dire, il ne comprend rie}^ à la nécessité de ces grandes réformes; il croit que l'on auiinientera le déficit pour avoir droit de se plaindre, et de demander les

* Louis-Joseph de Condé, flonnant une ft^te au prince de Rufsie, à Chantilly, lui lit servir, au retour d'une ctiasse brillante, un repas sptendide, dans la rotonde centrale des écuries; des musiciens exécutaient d'harmo- DÎeuses symphonies, dans les galeries hautes; , la foniainedu Tond-poiiit se trouvait diapréo de mille luinièrcs. Tout à coup, les tentures qui dissirinlait'iit, à droite et à gauche, les deux longrnes paieries dans lesquelles étaient renfermés les chevaux, en se relevant, laissèrent apercevoir au cnnd-dae de Russie» que eeite salle superbe, n'était rédlemeot qu'une écurie.

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