‹ Histoire de RoyaumontChapitre 16 sur 263 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

tour la propriété à son neveu Guy de Laval, lorsque enfin, en 1586, Guy de Laval avait dû vendre aussi la seigneurie de Ghanlilly ^ à un homme illustre, à Pierre d*Orgemont,

chancelier de Fronce et président au Parlement de l'ai is -.

Les dcsceniiaiits du chancelier avaient vécu tranquilles possesseurs de Chantilly ; il n'y avait eu que Pierre iil d'Orgemont, qui, aimant les procès, en avait soutenu d'assez singuliers, rapportés dans les chroniques*, concernant certains droits débattus avec la ville de Sentis, et dans le règleineiit desquels iiàtervint une ordonnance du roi Henri Yi d'Angleterre ^ Mais à la fin du quiozième

* Le domaine de Chantilly était loin d'avoir, à cetto époque, l'importance qu'il a aujourd'hui; il avait été acheté moyennant ^,000 livres tournois francs d'or, avec les forteresses de MontméUant et d'Ermenonville, et ces terres n'avaient qu'une très-médiucre étendue.

* Pierre d'Orfrrnifïrif , chevalier, seigneur de M(*ry-snr-Oi«^e, conseiller du roi, chancelier de Irance et (Je Dauphinc, que son mérite et sou int^grili', dit le P. Daniel, avaient élevé aux plus hauts emplois, quoiqu li iia iùt que le flis d'un hourgeois de Lagny (sur llarné), remplit de son nom la moitié du

* régne de Cliaries <V. (Daniel, Hist. France^ t. V.)

Son fils Amaury fut maître des requêtes, conseiller d'Élat et souvent employé en de grandes négociations. Pierre d'Orgeiuont, 11* du nom, et fite d'Aroaury, fut édianson du roi Charles VI ; il mourut jeune, en 1415*

Pierre III, son fils, vécut retiré dans son doirainede Ghantilly,« tout affairé, comme un do nos provinciaux du dix-neuvième siècle, des alliances de salaniille, de ses liéritages. » Il assiste au contrat (ie mariage de Guy, seigneur de Roye, de Germiny et de Congy, son beau-frèie, le 50 janvier 4448. Il hérite, par un testament du 36 octobre 1450, de sa cousine Jeanne de Béthune, comtesse de Marie, de Soissons, etc., de la scminiede 200 livrtîs parisis. Margfneritc d'Or^remont, dame de Montmorency, le nomma, dans son testament du 5 mars 1481, l'un du ses exécuteurs tcstamcntairer» [Trésor de Chantilly. — Afforty, Collect. Sylv., t. lY, p. 173i; t. XIII, p 02 et 335. — AI. Ronsseaur^eroy, Étude hittor, tur ChmUitly, p. 9, 10. — Valin. Sentis et Chantilly, p. 206, 207.)

' Afforly rapjiorte que inessire Pierre eut à soutenir deux procès en iiièuie temps : l'un, qui lui était intenté par la ville de Senlis, touchant ses droits et privilèges sur Uss utages de Chantilly (bols et pacages communaux) ; l'autre, qui tirait sou origine d'un différend survenu entre messieurs du cha- . pitre Motrc-Dame. les habitants, doyen, chapitre, prieur de Saîntoliicolas et la châtellenie de Chariiilly, du vivant d'Amaury.

* Henri VI, roi, par la grâce de Dieu, de France et d Angleterre (les rois d'Angleterre n'ont cessé, depuis ce temps-là, de porter les armes de France et d'Angleterre ccartelées, et de se dire rois de France et d'Angleterre. P. Daniel, Hist. de France,.\'o\. Vf, p. 7, édit. de 1720), régla les droits de Senlis, le vingt' troisième jour de mars, en sori parlement de Paris : « lien-

44 HISTOIRE DE ROTilUIIONT.

siècle, Chantilly cessait dïHre de la maison d'Orgemont ; il passait en la maison de Montmorency, par Guillaume qualifié seigneur de Montmorency et de Chantilly, premier baron de France, conseiller et chambellan du roi K Ce

n'esl point avec Guillauuie de Montmorency que Jeau de

ricus. ûei gratia i raucorum et Anglio: rex, universis présentes iNotum

faiâmiis quod lite mots in mttra p&rlamenti curia inler Petnim de OrdecH monte dominam de Chantiliaco militcm qui, looo AliDaurici de Ordeomontp t^jus patris inilitis ac defuncli bonap memorirp avinoslriV.aroh Krancoruia régis consiliarii ac requestarum sui bospitis magistri, dum vivebat» hune processum resumpserat, actorem et conquirentem in eam ao?itatiset saiainsB, ac eicetwuum, ac eliam defensorein in dictia casibus novitatia ad eicessuum, ex una parte;

<i Etdilectos nostros decanum et capituluni ecclesisc B. M. de Silvanecio, priorem S. Micolai propo dictam villam de SilvanectOi et altoruatos, et ha> bitantes dictia vill» ' «

L'exposf', le délai l et les considéranls rie la cause sont suivi* de cette ien^ tence : « Que predicti decanus et capiiuliuii, prior, altornati et habitantes in dicta garena sine ipsius de Ordeomonie conscnsu et licenlia venari seu venari facere et eorum animalia depasci bicêra postint, salw lamen jure communitatis, i>erdictuin priorrm, in corlis nemoribus infra prcdictas limites existeiitibus... et predictos decanum et capitulum, priorera, attorna-. ios, habitantes, in possessioue et saisina venandi aut venari faciendi la omnibus aliis locis et pascuis commnoibus et lil>eria, manulenuit , et oon- Berravit, manutenet et eonaerrat

In cujus rei testimonium prcsenlibus iitteris nostruui jussimus ap* poiii sigillum.

c Datum Pariaiis in parlamento nostro vigesima tertia die martia, anno

Domino 1428, ante Pascha, regni nostri sepUlno. « Sic aigaatum per judicium cari».

Clemens.

(Afforty, Coll. Sylv., t. IV, p. 22tf7).

Pierre d'Orgemout aimait sans doute les procès. Obligé de rendre à la ville de SenKs des droits et des privilèges qu'il avait confisqués devers lui, il s'arma, contre Im chapitres de Notre-Dame et de Saîntr-Nicolas, de la thèse

sonlevén rtiiltcfois par son aïptil Amaury, qiio : /seigneur suzerain de toute la contrée^ c'était à lui de connaître de tous les finis de justice sans distinction. Messieurs du chapitre en appelèrent une seOMide Ibis au parlement. Afforty rapporte, au tome XX, p. 811, 81S, toute cette procédure, les débats, qui durèrent cinq mois, et los considérants de la Coor, qui confirma la première sentence contre Pierre d Or^it inon t.

* C est Jacques de Montmorency qui, après avoir prouvé en 1402, au Parlenicnf, par le ministère de Jean Cally, célèbre avocat, que la baronnie de Montmorency était la prcmirro r t la plus anciennedu royaume, prit dans ses titrrs la qualité (\c Premier Baron de France, titre qui depuis a toujours été porté et reconnu dans les aînés de la maison (Aflorly, t. U, p. 1147-3^).

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