‹ Histoire de RoyaumontChapitre 166 sur 263 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

abondants, « la sagesse des états généraux, disait l'abbé de la Roche-Tillac, indiquera les biens des monastères,

dont une foule de circonstances sollicitent aussi h suppression. )) H prévoyait le cas où 1 on enlèverait aux comniendalaii es leurs possessions ^

On comprend qu'après de telles sorties M. de Ballivières eût Tesprit frappé, et qu'il eût perdu le goût aux derniers embellissements delà nouvelle résidence abbatiale qu'on achevait pour lui àRoyaumont. Voici cependant les détails et la distribution intérieure de ce palais, terminé au moment de la n'Vdliilion. Le rez-de-chaussée, qui était pris dans la hauteur du soubassement, avait été disposé * pour les cuisines et les pièces qui en dépendent, comme salle du commun, offices, fruitier, caves et bûchers, en sorte que tout y était réuni, de manière à répondre à la splendeur du bâtiment, et à rendre le service des employés aussi facile que possible par une circulation bien ménagée. On y remarque que le plafond est formé par des mût ex jilutes dont l'idée et la construction hardie honorent i arcluiecte, et que le poids des voûtes y repose dans chaque pièce sur une seule colonne. On avait destiné la grande entrée du res-de^;haussée, qui se trouve au couchant, pour être le passage des voitures et pour pouvoir descendre 6 couvert; l'architecte avait fait régner une galerie toscane rezde-chaussée du couchant au levant, et il imagina de donner pour sol un aqueduc voûté, sous lequel on lit passer un cours d'eau vive, la nouvelle Thève elle-même. A l'extrémité, au levant, commençait le grand escalier du palais, dont la hardiesse étonîio, bel escalier en pierre qui ne repose que sur lui-même, et présente cependant une grande solidité.

• Brochure anonyme de l'abbé de la Rocho-Tillac.

* Ces détails sont extraits de la collection des plans de M. L. Masson, arcbilecte de RoyauinoDten 1784, que M. ritat a eu l obligeance de nous communiquer.

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Lorsqu'on avait gagné le premier éiage du nouveau palais' abbatial, auquel l'architecte avait donné le titre de

Noble, on ne tardait pas à s'apercevoir qu'il répondait parfaitenienl à son titre par sa grande et belle disposition. On parvenait, par un vaste perron bordé de lleurs, dans un vestibule dorique ouvert conduisant à une galerie dorique, au fond de laquelle se présentait l'escalier. Chaque côté de la galerie donnant entrée à toutes les pièces, qui composent cet étage, on trouvait du c6!é gauche une antichambre, puis la salle à manger de forme circulaire, puis uiie chunibre de bain ou chambre de billard. Du côté droit, c*était d'abord le salon de tric-trac, ensuite ie salon proprement dit, également de forme circulaire, faisant le pendant de la salle à manger, enfin la salle pour la lectbre, la bibliothèque. Ajoutons que Pélévation des plafonds et la grandeur de ces salles communiquaient à cette résidence un aspect de résidence princiôre. On devait monter au premier étage par cinq peu ons, l'un à la façade principale, l'autre au sud, un autre au nord et deux au côté du levant, qui communiquait à Tabbaye* Pour le deuxième étage, il reproduisait t peu près, avec une galerie ionique, le premier étagei Ce qui était salon, salle à manger au premier élagc, devenait simple chambre au deuxième. On trouvait devant les chambres prineipales une plate-forme au sud, d'où l'on découvrait Yiarmes et v\smères, et une autre plate-forme, au nord, qui avait la vue sur la forêt du Lys.

Mais ce n'était point assez dans les idées primitives de KabbédeBallivières ; Tarchitecte avait dû ajouter un troisième étage, qui était pris dans l'attique, et qu'on avait formé en petites distributions. Au levant se trouvaient les pièces qui devaient être les appartements des cornmensaux de M. Tabbé commendataire ; puis venaient les logements des gens de livrée. G*est au milieu du garde- meuble que se développait l'escalier à claire-

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