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laquelle ils ont fait profession, ou s'ils désirent d'y rester. Art. II. Ceux qui auront déclaré vouloir quitter leur règlOi seront, de ce moment» libres de sortir de leurs monastères, et de résider où bon leur semblera, en habit clérical, sous la juridiction de révôquc diocésain. Art. V et VI. Les religieux sui lis du cloître auront la capacité de disposer du pécule qu'ils auront acquis depuis leur sortie du cloitre ; ils seront susceptibles d'èti'e employés comme vicaires, et d'être pourvus de cures« Ârt* VIL Les religieui qui auront déclaré vouloir continuer de vivre sous leurs règles, seront placés de préférence dans les maisons de campagne du mcmc onli t». »
C'était la première sommation que la révolution faisait directement à l'abbaye de lloyaumont , en imposant un premier interrogatoire aux bernardins qui ThabitaienL
Le prieur déclara que k couvent consistait en dix personnes, dix religieux, lui compris, dont il déclina les noms : Dom Pierre Ihiard, prieur, âgé de 02 ans ; dom Jean-Pierre Reaugraud, âgé de 05 ans, profès dudit couvent; dom Louis Ragot, âgé de 57 ans, profùs de Pruli; dom Claude Luxeuil, âgé de 48 ans, profès ; dom Charles Frevost, âgé de 45 ans, profés, maître des bois; dom Théodore Dumontier, âgé de 46 ans, profès de la œaifion, dépensier ; dom RemiCanonnc, âgé de 45 ans, procureur et profès; dom llcnii Simon, âgé de 4*2 ans, profès de la maison ; dom Honoré Louis Geslin, àgè de 59 ans, prolès de Coetmaloen; dom Henri Prévost, âgé de 55 ans, proies. Quelle tristesse n'était pas empreinte dans la physionomie de la plupart de ces moines 1 quels êtres désorientés devant ]e recommencement de toutes choses l On se représente combien les religieux devaient être navrés devant les envaiussements qui se préparaient pour un délai trèscourt. Qu'on se figure le serrement de cœur qu'éprouvent des fils, quand des étrangers vont les expulser du patrimoine de leurs pères. Les scènes de dévastation qui avaient
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eu lieu deux cents ans auparavant, dans les couvents d'Écosse, quand les bandes de Knox s'y précipitèrent, revenaient à la mémoire pourefihijer les imaginations; on se demandait à Royaumont, en 1790, si ces scènes allaient reparaître.
Le prieur dnm Huard répondit que pour lui, personnellement, il ne voulait pas quitter son état. C'était un homme de sens, de fermeté et de piété ; dom Huard n'augurait rien de favorable de cette vaste expérience d'innovation sociale qui était commencée depuis Tannée 17B9. Dom Huard est excusable de n'avoir point, à cette époque si troiil)lé(?, deviné l'aveuir; ses contemporains qui oui vécu jusque dans le dix-neuvième siècle, assurent que ce respectable religieux eûtété capable de discuter savamment, àroocasion des destinées de Royaumont, la question de la liberté de eonsdenee dans les principes du nouveau droit public. Il aurait pu être un abbé Maury de Royaumont, avec autant de dialectique, moins les saillies trop grossières du célèbre adversaire de Mirabeau. Mais que pouvait une voix isolée conti e les décrets de l'assemblée nationale et . contre les faits accomplis? Le R. P. Huard, de taille ordinaire pour le physique, doué au moral de cette modération intelligente qui devient tolérance pour toutes les convio tions et pour toutes les dignités de Tâme, a laissé dans la contrée une bonne mémoire! Les paysans disentde lui que c'était un homnu' « chai ilable, pieux, excellent.» 11 avait soixante-deux ans en 1 790. Ce n'est point à un tel âge, disait-il, qu'il cesserait de porter les livrées de l'illustre saint Bernard.
On questionna, après dom Huard, dom Beaugrand. Dom Beaugrand était le plus âgé de la petite colonie de Royaumont, il avait vieilli dans les habitudes des i r-U s bénédietines; son âge avancé fut It; texte de ses réponses ; il allégua qu'il ne pouvait s'exposer à aller au loin, il ne savait pas si la maison de Royaumont serait conservée, ni