‹ Histoire de RoyaumontChapitre 172 sur 263 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

Tun et de l'autre sexe eidstant dans les monastères ou maisons religieuses pourront en sortir, n sera indiqué des maisons où seront tenus de se retirer les religieux qui ne voudront pas profiter de la présente disposition. »

Il n'y avail eu rien dliéroïque dans les réponses que firent les muines de iioyauniont à la municipalité d'Asnières au mois de mai précédent ; ils répondirent bour* geoisement à des questions bourgeoises. On n'avait pas encore posé l'alternative entre léchafaud et le parti que Ton adoptait : les bernardins s^étaient incorporés, incrus* tés à l'abbaye de Royaumont; c*était leur pays, leur foyer natal, le témoin de leurs meilleures années et de la plus grande portion déjà écoulée de leur vie ; ils ne comprenaient pas la possibilité de vivre loin de ces murailles sacrées. Toutefois, dans l'espace de quatre 'mois, l'horizon s'était bien assombri, attendu que la suppression des monastères était devenue notre droit public. Ce fut un mois après le décrelde suppression absolue que, le 14 novembre 1790,unéxpert, nommé par la municipalité de Paris, se transporta à l'abbaye de Royaumont pour y procéder, en présence du P. Ganonne, à l'estimation des domaines de Royaumont , devenus domaines nationaux. Apvès les visites, toisés, calculs et observations, tant de l'église que des autres bâtiments, terres et dépendances du territoire de Royaumont, ou évalua l'abbaye ^ abbatiale à la sonuue

* Cette éfaluation se décomposait de la manière suivante :

L'église ; 48,193 lîv. 1$ s. 8 d.

Les bâlinienls des grand et çelit dortoirs, les

anciens et nouveaux réCectoires, le cloître. . 30,5i0 iO 4

Le bâtiment des hôtes . . 19/250 8

Les bùliaieuts de la basse-cour de l'abbaye. . . 10,336 4 6

Le bâtiment abbatial 55,lîa 10 3

Les logements du jardinior. du fermier el du

concierge, les bâliinoiiUM]es deux basscs-coure. 12,473 6 9

le moulin de Royaumont^ et ses dépendances. . 4,006 10 La ferme du Petit- Royaumont, à Asnières, et

l'IiOtel seigneurial 3,675 5

La ferme de la Brieite 10

Les pressoirs - . ^^^4 lo

Total 192,413 iiv. 8 s. 6d.

— (Versailles. — Arcliives. — Urne : Asnières-sur-Oise.)

m HISTOIRE DE ROYAUMONT.

démoiredel92,4i 5 livres 8sols6deiiiers^0nse^avimt des isoiunies fabuleuses dépensées au treizième siècle. On vint, le vendredi 11 janvier 1701 , mettre les scellés à

Royaumont pour la totalité du domaine, parce qu ou ne l'avait fait que partiellement le 10 novembre précédent. Joseph Blagnière, administrateur du directoire du district de Gonesse % dont Royaumont dépendait, avait élé délégué à cet e£fet. Cet agent demanda combien de religienx il y ; ' avait encore dans Tabbaye ; le père Canonne répondit que le couvent était de dix, qu'ils avaient toujours été en même nombre depuis onze à douze ans ; que quatre d'entre eux, Ragault, Beaugrand, Huard, ex-prieur, et lui, Canonne, le quatrième, avaient manifesté leur intention de vivre en commun, et que les six autres, Prévost l'atné', Lusure ou Luxeuil, Dumontier, Simon, Geslin et Prévost jeune avaient paru désirer vivre séparément et librement, ^ attcn lu que depuis le lundi de la Pentecôte de Tannée précédente, ils s'étaient retirés du réfectoire et prenaient leurs repas individuellement et à part. Cruelle situation que cette nécessité de répondre à des personnages du dehors qui viennent dans votre propre domicile scruter votre dernière heure et escompter votre agonie avec votre expulsion ! Le père Canonne avait-il la majesté li uu héros qui finit? Les héros qui, dans l'histoire, ont commencé ou fondé des maisons ou des institutions devenues nationales, furent entourés, presque tous^ des splendeurs

* L'acte de celte eslimalion mentionné dans un papier de GonûHe, et portant la date du 22 décembre 17î)0, est signé par l'expert.

* La petite ville de Gonesse est un ciiet'-Ueu de canton, dans Seiiie-et« Oise, à 54 kilomètres sud-est de Pontoise, dans une plaine fertile» sur la petite rivière du Crould. Son antique église posràde un orgue, présent de la reine Blanclie. En 1465, les Bourguignons s'emparèrent de Gonesse. Henri iV, ayant échoué dev-ant Paris, se retira dans cette viUe. Le 8 juin 1815, le marédnl Gouvion Saint-Gyr,' volant à la défense de Pans» y atirim avec 40,000 hommes.

5 Prévost l'aîné se plaignait du mauvais état de l'abbaye ; il n'y avait que treize cliambres de religieux en état d'ôtre occupées; il préférait la tie libre.

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