LIVRE QUATORZIÈME
procureur, syndic de Gonesse, fit le procès^verbal. Le môme jour et les jours 'suivants,, furent vendus les meubles S les effets, ustensiles de Pabbaye, corps de
Inliliothèque, tableaux, armoires, lomhpreaiix, cabi iolcl, voitures, de. La vente liit opérée par le sieur Les^'uilliers, huissier audiencier à Montmocency, de la part du procu* reur syndic de Gonesse. Les religieux de Saint-Bernard étaient représentés par le sieur Remy Canonne; mais les municipaux d'Asnières se présentèrent d'officè.
Mais qu'allaient devenir les objets de Royaumont intéressant les arts, tels que les mausolées, les livres, les manuscrits, les tombeaux, et tout ce qui avait une valeur historique ? Chose remarquable l il fallait en fmir au plus tôt avec l'abbaye de Royaumont : la fatalité de la destruction s'acharnait contre elle. Les comités réunis d'admini8tra<lion ecclésiastique et d'aliénation des biens nationaux furent informés, le 22 juillet 1791, que l'acquéreur de Ropumont exigeait sur le champ le déplacement des
de Royaumont, doinanda qu'on lui lit (h'iivrance des meuliles et effets qui garnissaicnl la chaïubic el le cubiiiel qu'il occupait et qui étuieiii à miu usage personnel. Le commissaire se rendit dans cet appartement de l'eiprieor; il s'y trouva : 1 glace en deux parties; t commode; " petits secrétaires; 1 fauteuil; 10 chaires de pallie; '2 tables à écrire; 1 paravent; i Tîeilie pendule; 2 rideaux de croisée ; 1 pelle et pincettes^ 1 pot à l'eau, de bïenee commune; 2 chandeliers de cuivre; 1 couchette; i sommier de crin; 3 matelas; 1 lit et traversin de coutil remplis do plume ; 5 paires de draps; 10 «Mvintt^; 2 nappes; 3 couverts; 1 gdbclet; i cuillère à cafd» d'arg"en!; 1 huilier d'argent; 1 voiture à i roues.
* La liste des objets mis en vente coinprenait : 1" 1 tombereau, monté sur ses roues, vendu 62 livres; 1 autre tombereau, phis grand, 70 1. lOsols; 1 paire do roues, 25 I.; 1 cabriolet à 4 roues, 120 1.; 1 voiture ou guimbarde, 140 1.; l charrue de labour, 101.; planche? et hois de cli arpente, 73 1, ; 4 armoires grillées, 105 1.; différents tableaux représentant ou des paysages ou des portraits, dont l'uii était Tabbé de Citeaux, la somme insignifiante d'une soixantaine de livres; i billard et accessoires, 213 1.; armoires, tables de ciii lii ', bancs, Jjureanx, environ i'70 1.; ustens'iles de cuisine. 212 I,; corps de bibliothèque, 8201.; ÔOO 1. de ferraille, 941.; 7 marches do pierre détaille, 121 1.; las de lambris, 124 1.; 2 tableaux d'autel, 531. Le total de la vente était de 7,305 1. 4 sols.
Étaient présents à la vrnl(7, avec le P. Canonne r Jean Boulanger, maire d'Asnièn s Alfxi.s Fouraier, Alexandre de la Pralière, Éiéonor ChîiUoz, Ktienne brudur, officiers municipaux d'Âsnièrcs.
556 HISTOIRE DE ROYAUNOItT.
mausolées des princes du sangropl, des livres, des cloches, desornemcnts d'église qui y étaient restés. Il fut répondu qu'on en écrivait à MM. du département de Seine-et-Qise ; qu'on eût à former cependant à Gonesseun dépôt provisoire
des choses intéressanles de Royaumont, après que dom Poirier, savant bénédictin désigné à cet effet, aurait .dressé un rapport, au nom du comité d' aliénation, sur ' importance de ces divers objets. Ces instructions étaient exprimées dans une lettre signée : La Roekefoueaidd^ président du comité d'aliénation^ ' ^
Sauf les proportions restreintes à un seul point territo-' rial, on eût dit assister à ce que Ton vit en grand, au cinquième siècle, lorsque les peuples barbares se partagèrent la dépouille de l'empire romain. Cet appareil incessant de ventes et d'enlèvements du matériel avait une physionomie lugubre, et signifiait que c'était à tout jamais. Le 48 mai i 791 ,.on enleva de Royaumont un de ses plus chers trésors, ses antiques reliques, la plupart données par saint Louis, pour les transporter à Téglise d'Asmeics. La spoliation de Royaumont redoubla avec une activité plus cruelle, le 22 décembre 1791. maire et les municipaux .d'Asnières demandèrent à être conduits aux archives de l'abbaye . On tira des armoires qui avaient été scellées par le directoire de Seulis, une immense quantité de papiers dont on remplit trois vasics caisses. Le P. Ganonne fil ensuite remise des objets de la sacristie*. Le lendemain, 25 décembre, en présence du môme commissaire, on reprit l'œuvre spoliatrice pour achever de dénuder complètement Tabbaye; la bibliothèque, en partie legs de saint Louis mourant, fut brutalement attaquée.
* Voy. Archives de Seine-et-Oise.
* C'est plus tard, le 2S décembre 1791, que le procureur-syndic de Go-
ncsse fit enlever de la chapelle dépendante du prieuré de Paillon, les ornements, cliasubles, 1 cul-de-lampe, btirettcs, 1 calice avec patène d'argent, 2 reliquaires ; on les remit au curé de Viarmes, qui les porta processionneHement à relise de Viarmes.