‹ Histoire de RoyaumontChapitre 18 sur 263 · LIVRE NRUVlfiME · texte numérisé non relu

LIVRE NRUVlfiME

Royauinont ^ Le roi manda au bailli de Senlis d'examiner la question et ensuite de remettre cette justice et ces fourches patibulaires comme au temps passé. Les BIM. de Royaumont obtinrent, en 1495, ce que Ton avait accordé,

en 1489, aux chanoines de Sainl-Frambourg, comme seigneurs de Bouville. Par senlcnce du lieutenant général, bailli de Senlis, intervenue sur lettres royaux du 23 juillet 1489, il avait été permis aux chanoines de réédiûer, ériger et construire les fourches patibulaires à deux piliers, en leurs dites terre et seigneurie

A chacun sa fonction. Tandis que la Franco, qui, par rexpulsion des Anglais, avait achevé de fonder sa nationalité d^une manière définitive, cherchait à bien constituer, parla consolidation de Tautorité royale, son unité politique, Royaumont travaillait, en ce qui le concernait, a recouvrer son antique vigueur* A côté de ractivité générale qui animait TEurope, il fallait bien ractivité des individus et des groupes; l'imprimerie étant découverte, le goût pour les chefs-d'œuvre de Tantiquité allait se populariser. Pendant que le Florentin Finiguerra créait Fart de • multiplier à Tinfini, par la gravure, Fîmage des chefsd^œuvre des artiste», et que les frères van Eyck de Bruges, perfectionnant les procédés de la peinture à l'huile, préparaient la voie aux chefs des grandes écoles de peinture moderne dont 1 heure approchait, Jean de Merré, sans porter envie aux lauriers de Brunelleschi, ni à ceux de Bramante qui fbrissaient alors, se borna pour Royaumont au rôle de conservateurd'unbeau morceaud^afchitecture ogivale du treizième siècle ; Jean de Merrè tint surtout à porter de promptes et convenables réparations au morceau architectural le plus considérable de Fabbaye* Si l'abbaye entière avait été maltraitée par les guerres

* Inventaire de la Mente conventuelle, Archiv. de Versailles.

* liecherchet hUtor. maria ville de SeiUiê, pari. F. firoisse. Seniis, p. 33. •

48 ttlSTOlftli BB ItOYiUMONT.

précédentes, la basilique de iioyaumont avait particulièrement souffert, par des causes diverses. II eût été barbare de laisser négligemment dépérir le chef-d'œuvre de Pierre de Montreuil et le sanctuaire bien-aimé de saint Louis. Déjà une demande relative à des restaurations avait été formulée par les religieux auprès du roi Louis XI ; Jean de Collé, ahhé de Royaumont, avait présenté une double requête, à la date du i 9 janvier 1 475; on voyait, d'après cette requête» que la noble église, inaugurée par la reine Blanche et par Louis IX, était couverte en plomb; que, par suite d'une explosion de la foudre, l'église avait eu la voûte en partie incendiée, et que son beau clocher avait été brûlé. Jean de*Collé demandait au roi de rétablir le clocher de Royauniont, et, dans ce but, de leur donner et assigner 600 livres de rente au lieu ^ des moulins de Neuchâtel ^ Il était réservé à Jean de Merré de voir se réaliser le désir des habitants de l'abbaye ' et des populations voisines. L'église de Hoyaumont étant Torgueil de la contrée, on souffrait de la voir décapitée de sa belle flèche; mais, les désastres occasionnés par le feu du ciel furent complètement réparés vers l'année i 500. Jean de Merré fit élever le nouveau grand clocher de lïgiise, dont la hauteur était d'environ 17)0 pieds, à partir de la voûte \ On igiioi e si le soleil coucliant, pénétrant par l'une des ouvertures latérales, faisait scintiller les soleils de cristal dans riniérieur de la basilique, ainsi que les bouquets d'orfèvrerie du maltre-autel. Les règlements cisterciens prescrivaient la plus grande simplicité. On y brûlait, du luoias, Jf s gros cierges de cire jaune et rencens odoriférant. La prière, la piété, la fei veur des cœurs, seront toujours un des plus beaux ornements intérieurs des sanctuaires sacrés. Mais la gloire extérieure du temple avait été contaminée par les fantasques effets

* Archives de Seine- et-Oisc.

* Archives de la préfect. de Seine-et-Oise.

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