‹ Histoire de RoyaumontChapitre 195 sur 263 · Période dei TravanneL · texte numérisé non relu

Période dei TravanneL

La société française cherchait de toutes parts en 1801, . en 1802, à retrouver ses voies, à se relever des démolitions

de tous genres que la convulsion de 1793 avait entassées, et Uoyaumont en élait là, du temps des Travannet, qui possédaient l'abbaye depuis 1791 . Un homme de génie, qui revenait de Tétrangeren 1802 S traversait en hésitant la place de la Ck>ncorde à Paris, crainte de mettre le pied dans le sang. L'abbaye de Royaumonl, en ces mêmes années du commencement du dix-neuvième siècle, présentait Tétat de ces grands vaisseaux ùv haut liordqui reviennent de la haute mer, mais dont l'aspect général sans niàts (pii anVontent le ciel, sans voiles, sans machines qui dirigent, sans équipage qui peuple et anime, non seulement trahissait les dangers qu'il avait courus,* mais n^annonçait que trop les meurtrissures profondes, immenses, les coups épouvantables qui l'avaient avarié, boukversé peut-r trc irrémédiablement. C'était l'heure ou Tâme de la France, se recueillant en face de tant de débris, éprouvait l'universel besoin de relever tout ce qu'on avait couché à terre et qui était susceptible de renaitre^ Gomment, les yeux attachés sur les grands débris du dernier siècle, n'auraiton pas ressenti une sympa Lliie pour les grandeurs générales du passé et i)Our les précédents glorieux de Royaumonl? Admettons que la chute eût été inévitable; il y avait, même dans celte hypothèse, place à un respect et à une mélancolie affectueuse. Les choses, dans leurs contimielles et fatales transformations, disait un généreux esprit, n'entraînent punit avec elles toutes les intcUigen-

^ Clnteaubriand lui-même, qui le -raconte dans ses Mémiret ifwlrtf-

• On peut voir, bien peints, dans les deux volumes de la Correspondance inédite de madame 'Campm , commencés en 1790, les efforts de la société d'alors pour se reformer et se reconstruire.

ces ; elles ne domptent point tous les caractères avec une égale facilité, elles ne prennent pas même soin de tous

les intérûls ; c'est ce qu'il faut comprendre, et pardonner niix protestations qui sïîlcvont on faveur du passé. Quand une époque est ûnie, le muuic est brisé» et il suffit à la Providence qu^il ne se puisse refaire ; mais des débris restés ti terre, il en est quelquefois de beaux à contempler*. Réflexion d*un esprit résolu et ardent, mais qui sacrifia trop à do nobles rêves. Toutefois la révolution française avait singulièrement dépassé le but que les aspirations nationales poursuivaient dans la guerre au^ abus, aux privilèges et aux vices delà société ancienne; le moment était venu de se mettre aux rectifications, et de se placer dans les conditions de la modération et du bon sens. On le reconnait, l'esprit de la révolution avait procédé sous rinduence des passions du moment, et dans Tardcur de sa lutte contre le passé, elle avait sacrifié tout ce qui lui tombait sous la main, par cela seul que c*était le passé, et qu^elle ne voulait en conserver rien*.

Delà fout un mouvement dans le nouveau siècle qui, partant de Tau m e 1(S0'2, viendra, pour se borner à Tintcrôt spécial dv- cette histoire, se consommer en 18()5. Des plumes illustres élèveront des monuments immortels de littérature, de philosophie et d'histoire, en faveur de la cause du christianisme, mieux étudiée. Le monde saluera les grandes œuvres qui s'appelleront dans les archives de Fesprit humain, au commencement du siècle, le Génie du christianisme % et au commencement de la seconde moitié du dix-neuvième siècle, les Moines (VOcctdent ^. D'autre part, la puissance législative interviendra ; le pouvoir civil confectionnera ce grand ouvrage, diverse-

« .Armand Carrel, dans le Bécit de la guerre de Catalogne, en 1823. ^ Avcuv de V. de Peraigny, discours à la Société de la Diana, aoûl ISOG.

' De Chateaubriand.

* De M. de Montalembert.

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