‹ Histoire de RoyaumontChapitre 197 sur 263 · LIVRE QUINZIÈME. G · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME. G

quisifiQu ; il luoiita imraédiatemcnl une lilatiirc de color>*; et obliiit pour ériger sa lilalure et pour y travailler, des ouvriers anglais, môme des prisonniers anglais ^ acceptés sous la caution de bonne foi. la grande industrie des cotons n'avait commencé à prendre quelque consistance en France que sous Colbert; Rouen n'avait commencé a Uavafllcr un peu sérieusement le coton que vers 1750; et c^est Amiens qui avait fait venir d'Angleterre les premiè^ res machines à iiier. Le marquis de Travannet, homme de sens industriel en imaginant de doter le pays d'une grande industriexmanufacturiére, faisait acte d'habileté

* La création de i industrie des dentelles noires de ChantiU^ date à peu près de 1710. Ce travail de la dentelle occupait autrefois et occupe encore

aujourd'hui la population féminine du pays. On évaluait, il y a quelques années, le nombre des dentrllirrr'^^ (lo Boran, à 220. Les filles et les fcnimes du pays sont occupées aussi pom le compte des fabriqties de Viarmes. Le travail s'exécute isolément ou par groupes formés en chambre; si ie calcul qu'on faisait, il y a quelques années» était eiacl, on peut estimer que le salaire, réglé à k pièce» d'après un \sux moyen de 60 centimes, répand, chaque année, une somme de 120.000 francs environ dan< \:\ drisse laborieuse des trois localités réunies de Boran, Yiarmes et Asiiières-sur-Oise. Ceat M. Horeau qui introduisit l'industrie, la confection des dentelles ordinaires et des dentelles de soie, appelées blondes, à Chantilly. C'est de 1710 donc que date, en Europe, la célébrité des dentelles de Clianlilly. Une seconde maison fut formée, en 1750, par M. Aupiste Moreau. La frihi ir iiion prit un nouvel essor vers 1798. Elle se composait, dans ces dernières années, de sept entreprises principales dont les directeurs résidaient à Cliantilly et de sept autres dont les directeurs habitaient Yiarmes, Mareil, Valdampicrre, Groslay, Fresneaux, Labo-^so Ghaumonl et Paris, mais (inut les produits étaient compris au nombre de ceux connus sous le nom de Chantilly. Ia fabrication s'étend ainsi sur plusieurs cantons.

'Pendant la république. Bonaparte avait repris, au nom du comité de salut public, sur les Anglais, le 19 décembre 1793, la ville de Toulon, que la trahison avait livrée. On fit aussi des prisonniers anglais, sous le eonsulat, lorsque la guerre se rallumant avec l'Angleterre, à qui l'occupation de Parme et l'envahissement de la Suisse avaient fourni le prétexte d'une rupture ; le Hanovre fut occupé par les Français qui surprirent l'arméa anglaise et la firent prisonnière.

^ Je ne sais pourquoi Ion a dit que le marquis de Travannet tenait les jeux de la leine. Est-ce parce qu'il était habile au trictrac? est-ce la raison aussi pour laquelle il y a, ali jeu de trictrac, la case appelée ta case travannet? On sait que le jeu de la reine était une des vives distractions fie Versailles. Tous les hommes ayant droit de monter dans le carrosse du roi pouvaient assister à ce jeu. Les plus assidus étaient le duc de Luxembourg, le duc de Noailles, le comte de Gharost (Béthune), le duc

HISTOIRE D£ RÛYAUMOiNT.

et d'iililité; il pouvait espérer que la révoluliou laisserait ,cn paix le filaleur de coton avec ses ouvriers anglais. Si une telle initiative est louable, on déplore deux dégradations que rinsiallation des machines occasionna dans Tabbaye, Pane au dortoir des moines, dont les voûtes cintrées disparurent, l'autre à la galerie du cloître qui toucliail le mur du côté du dortoir, et qui fut renversée pour donner du jour à une partie de la tilature.

Le marquis de Travannet n'existait plus au commencement du premier empire. On ne lui tint pas compte des progrès qu'il tâcha d^imprimer à l'industrie colonnièrc; et dès 1705 on Tavait empi'isouué à SaiiiL-Lazare S'il ne fut pas guillotiné, ce n'est pas qu'on l'ait oublié: divers ajournemeni s, interventions puissantes des amis expliquent son salut. C'est ainsi que, dans son Histoire de la révolution française'^ commettant une confusion heureuse an sujet de Loizerolles fils, M. Thiers a pu faire passer pour luoi t un citoyen qu'il croyait à tort décédé

deBrissac, le duc d Auinont, le coinle de Ferscn, etc. — li paraîtrait que le marquis de Travannet aiurait prêté une somme considérable au. comte d*Artois, partani pour l'émigration, et qu'on ne serait jamais rentré dans

cette somme.

* Le marquis de Travannet et son Irère furent dénoncés par un donies~ tique. On les conduisit à la prbon appelée Saint-Laiarc, qui sert aujourd'hui pour les femmes. Il y aun tableau de famille, par le fameux peintre

Su\ 'c 11 représente les deux frères, et les dames, à la prison de î^ainl- Lazaro; le marqins n'avnil pas d'enfant. Le poctc Andri^ Cliénior était aussi détenu à Saint-Lazare y et, quand op vint ciicrchcr le malheureux Chénicr, Suvée» prisonnier comme eui, s'occupait à Giire son portrait. (La Mort tfe 9éOizeroUes, notes.)

D'après un vieux paysan, on aurait aus^i r^v^nt ce moment, arrêté M. de Travannet, ù AsnièrCi,; ce vieillard raconte qu on voulait à toute force guillotiner le marquis ; qu'ayant demandé à faire sa barbe, il ne put l'obtenir. Noos pensons que ce vieillard mêle et confond ses souvenirs: dans ce cas. on aurait emmené le marquis à la prison de Chantilly; et on ne s'expliquerait pas que >I. de Travannet eût été tout à la fois, à la prison de Chantilly et à celle de Saint-Lazare de Paris. Il est nécessaire d'adopter les souvenirs de la Amille de Travannet éHe-méme, qui sont ici immanquablement infaillibles* Or, la version de madame Longdiamp, nièce de M. de Travannet, est pour Saini-Lazare.

Le marquis de Travannet mourut en vendémiaire dc l'an IV. Il fut enseveli dans 1 ancien cimetière d'Asuières-sur-Oise.

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