‹ Histoire de RoyaumontChapitre 20 sur 263 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

Royaumont/ depuis Tannée 1495 jusqu'en 1789 \ Il n'y avait qu'un an qu'Innocent Ylil était décédé. On remarquera qu^on se réunit, non point à Cîtcaux, mais à Paris, au colh'ge des bernardins ; ii semblait, comme si ces conditions nouvelles et tout exceptionnelles de réunion dussent faire impression sur les esprits, et on espérait que la vénérable assemblée allait répondre aux souhaits du roi de France et aux vœux du saint-siége. Les articles de réforme qui furent arrêtés dans l'assemblée de Paris, statuaient : 1" sur le système uniforme d'alimentation à adopter dans tous les couvents bernardins, et par conséquent sur la question d'abstinence: 2"* sur l'esprit de pauvreté, sur la modestie et la tenue des moines;

sur le luxe et le faste des abbés; 4^ enfin, sur la résidence, la régularité du cloître çt sur la question de l'hospitalité.

' Mais il faut rappoi ter textuellement ces articles célèbres, que Jean*de Merré vota à Paris, avec les autres abbés de l'ordre ; on y voit clairement qu'on s'était assez éloigné du premier idéal de saint Bernard ; mais, tels

quels, ces articles purent cependant êtres appelles « Ja Hcforme bernardine du quinzième siècle, » : « Les abbés quitteront la pompe du siècle, le train fastueux, les gi* becières et les cornettes. On ne souffrira plus que les religieux soient propriétaires, qu'ils aient des terres, des vignes, des bestiaux. Pour ce qui regarde l'abstinence de chair, on suivra la coutume qui s'est introduite dans la plupart des monastères bernardins, de ne l'observer que les lundis mercredi^ vendredi et samedi ^ Les religieux ne

* Bien que le parlement de Dijon ait donné ensuite un arrôt qui cassait les srUcles de Paris comme ayant été fliiu hors de Citeaux, contrairement

aux règles de i'ordre, ce n'était là que de la chii.uic. Ces articles avnient force de loi. C'était par ordre du saiiit-siége que les i\hh('S s'étaient réunis à Paris. Enfuit, H oyaumont se conforma aux modiiicatiûus introduites par cette assemblée de I WÔ.

* Ainsi, d'une manière autlientique, on cessa, & Roysumont, le maigre perpétuel, à dater de 1493.

51 HISTOIRE DË^ROYAUNONT.

* marcheront plus daas les campagnes qu avec leurs habits i*éguli«r$^; ils ne tréquentefoni plus les foines, les noces, les spectacles sécaliers; ils ne porteront plus d'âpées, de javelots, ni d'autres armes. Toutes les c*hambres à feu qui

sont ilaus les (lorloirs seront abattues; les lUs de plume à Taveiiir seront changés en matelats, les draps de toile en draps de laine el les chemises de lin en cheuiises de serge. Ënlin, quant à la réception des étrangers et des personnes du sexe, les portes des monast&res seront

' exactement fermées aux heures dues; aucune femme n'entrera plus daiisles lieux réguliers, si ce n'est (quelque grande dame^. »

Toutefois, la théorie n'est pas la pratique. Faire des lois n'ing^plique pas qu'elles* seront observés par tous. Dès 1507, il semblera qu^ les atUdes de Pans ne trouvent que des défenseurs trés*mons dans les membres euxmêmes du chapitre général, un mois à peine après que Jean de iMcrré, abbé de Royauniont, sera descendu dans la tombe. Jean de Merré mourut le 4 avril de Tan 1507 ; il avait dignement gouverné l'abbaye pendant vingt ans il avait assisté à l'assemblée de Paris, en 1495. Il fut inhumé à la gauche de son oncle, devant le grand autel, sous une tombe de pien'e, avec l'épilaphc suivaiitt" ; « Cette aiibaye renferme, avec les cendres de Jean de Merré, celles d'un de ses proches. Étant directeur et abbé de Aoyau*»

. mont, c'est par son initiative que le clocher magnifique de l'église s'est relevé de sa ruine; et, c'est à bon droite que ce clocher renouvelé reçut pour appcUatiuu ou sur-

* Cet article aar la réception âeiffrMdeidawet avait peut-être trop d'êtendup. Jusque-là, les princesses du saug royal Olaieiit auloiisTes parlas canons à entrer dans les nionasière.*. Déïiormais, «nns !e noiu de grandes dames, les duclies>es, les marquises comicsscs, barunnes, lemnies d'intendants, de présidents, de maîtres des requêtes, de conseillers, de inarécltanx (le Fi ance, de généraux d'ormée» se trouvaient en droit d'entrer dans les abbayes do Cîtraux.

• D'après le nécrolo^u.

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