‹ Histoire de RoyaumontChapitre 200 sur 263 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

ses moines, d6capil(''C de sa basilique, et oulragéc dans riaviolabilité qu'elle devait à une fondation de saint Louis. Entre Hortense et Royaumont il y avait la confra* ternilé des ruines et du malheur.

Celte piésoinplioii puissante se conoliore de Fautorilé (lu lénioignape. A quelques pas au nord-est de Royaumoii(, le château du Grand Bâillon, de Tépoque de madame de Pompadour, se mire, avec ses élégantes constructions, dans les eaux d'un grand canal formé par la Tliéve. Louis Bonaparte était possesseur de ce château encore en 1802; et il n'y a aucune laisou do ne pas s'en lappui 1er à la relation catégorique du iils de l un de ses valets dechambre^

D'après ce valet de chambre et d'après son fils vivant encore, il est positif que la reine Hortense a vécu à Bâillon ;

il se rappelle avoir vu au premier étage du château, l'appartenieut de la reine Jlortense, où est aclueilenient un boudoir; il entre dans les détails les plus circonstanciés; il peut dire quel était le lit de la reine Hortense, quelle était la couleur de la tenture ; il a vu, dans le cabinet de la jeune mariée, une épée de Bonaparte. Enfin, de même qu'on a la vive et fraîche mémoire d'un épisode arrivé la veille, aussi vivement se souvieiil-il du jour où h\ j'ciue Hortense, exercée dans Tari du dessin, et amie des scènes poétiques, vint crayonner le pavillon abbatial de Royaumont, et surtout celte tour, seul débris de la basilique que la démolition ait respecté ; le fils du valet de chambre n*a pu oublier que sa mère offrit un siège à l'augusle et gracieuse visiteuse, qui venait tout à la fois géiiui et dejssiner, au milieu de dé<:ombres amoncelés par nos pères.

On voit bien, il est vrai, qu'Hortense habitait le château de Saint-Leu, que son mari acheta vers l'époque où il fut nommé gouverneur du Piémont. Mais cette époque nous

1 Cailloiin était le nom de ce valet de cliambre.

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repolit* après Tan 1805; or, les piecos olficieHes nous monlrent le mari do la reine Hortense, propriétaire du château de Bâillon, jusqu'au i*' pluviôse an XI de la République (21 janvier 1805); elles nobles époux étaient unis depuis lé 7 janvier i802. Parmi les pièces déposées au notariat de M. Raguideau, de celui-là Hitine que Napoléon l*"^ foudroya de son regard, le jour de non sacre \ on distingue un acte fournissant les renseignements de dates qui élucident la question. C'est l'acte de la vente d'immeubles faîte le 21 janvier 1805, par Louis Bonaparte, chef de brigade, demeurant à Paris, rue de la Victoire, n" 16, à lioii-Jeannot Moncey, ♦rénéral de di\ision (les maréchaux de France ne lurent créés que l'année suivante, en 1804), premier inspecteur et commandant en chef de la gendarmerie nationale, demeurant à Paris, rue Sainte*ApolIine, n*^ 26 ^ Par conséquent, du 7 jan*

* Un jour, Bonapartât le futur empereur, accompagna la vicomtesse de

Beîiuharnais chez M. Raguideau, un petit homme, mais un dos premiers nntnïroK de Paris. La vicomtesse lui ayant dit qu'elle venait l'informer qu elle avaitl'inientiondesercmarier, et avec le général Napoléon Bonaparte: «Comment, vous, la vicomtesse de Beaahamais, vous voules vous mirter avec ce petit général Bonaparte, ce général de la république, qui Va déjà renvoyé une fois ! »

Oïl prt'tciul ({ue, le 2 décenibrc ISOt, aprè^ son sacre, Tempeifur fit mander, aux Tuileries, M. Uaguideau, pour lui demander s il parUonuail à la vicomtesse de Beauhamais d'avoir épousé le pauvre général Bonaparte.

* H. le marquis de Cent gliano, petit-fils du n^aréclial Moncey, député au Corps légif^lntir, clianibellan de l'empereur, a bien voulu nous donner communication de cet acte notarié.

D'après cette pièce, le citoyen Louis Bonaparte avait acquis, en 1801 (9 pluviôse an IX), le domaine et la terre de Bâillon, formant SI hectares 17 ares 42 centiares, du sieur Éiienne-IIonOré-Éli^abetli Hardi du Plessis de Monpel:!'^, qualifié, en 1780, chevalier, cnn<?nl cïiMiih nl âo France en Andalousie, seiifncur de Bâillon, et de dame Joséphiue-ValentiDe-Maric Delisle, son épouse.

Le citoyen et dame Monprelas étaient propriétaires du Grand Bâillon, depuis le 2 iii ii ITsr) : ils l'avriient nrqni'i In Charles-Guillaume Lenormant d'Kfiolf^set de dame Marie-Amio-Klienne Ma:ha, snn épo'^f.

Kniin leJitdomaine appartenait auxdits sieur et datue Leuoriuanld Klioles, àachefdeJ'épouse, comme ayant été acquis pour elle, de dame Anne-llar deleine-Pi*ospère Leiranc, épouse séparée, quant aux biens, et néanmoins autorisée, de Jacques Acariaf de Serionne, Cette actjuisition e«t du 5 mars 1759, et prouve que madame de l'ompadour, comme on l a cru à

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