LIVRE QUINZIÈME. * m
vicr 1802, jour du nianago d'Hortense JifMiili.irnnis avec le l iioyen Louis Bonaparte, sous le consulat, jusqu au 21 janvier i805, on trouve, puisqu'il s'écoula une année entière et deux semaines^ la marge suffisante pour placer la venue de la reine Porteuse à Royaumont.
On longe, en venant d'Asnîères et de Royaumont, le bois de Bonnet ou de Royauiuonl, qu'on a à rnnin droite; puis à gauche, s'offre l'ondér du ctiàteau de Bâillon, pelouse en forme de demi-lune, ayant 55 mètres en* viron de diamètre. Quand on a traversé la première grille et une belle avenue de tilleuls, il faut passer une^ seconde grille et un premier pont sur un bras du canal, et se retoiiMiant à fjauclif, «m voit de fnre le chAteau; mais il faut encore li ancliir une avant-cour gazonnce et formant ile, avecquatre bâtiments symétriquement inslal* 1és aux quatre angles de la cour. On se serait cru, à certains égards, • dans une résidence vénitienne, car il y avait encore à passer un autre pont sur les eaux de la Thève, et une nouvelle grille décorée des armoiries de la famille, pour arriver enfm dans la cour du château proprement dit. Combien cette aristocratique habitation, qui n'éblouit pas précisément par la grandeur des dimensions, se trou* vait-elle, én réalité, conforme, par sa modestie relative, à la nature douce de la reine llorlense, de cette femme qui, d'après les Mémoires', niinnit tant à se parer de la ileurde violette, dont elle voulait faire son emblème !
Pourquoi envisagerait-on d'une manière négalive ou du moins d'un air dubitatif la tradition locale du séjour de la reine llorlense à Bâillon, et de sa présence aux raines de Royaumont!'' Descendanle de l'antique maison de Beau-
torl» n'élait pour rien dans la construction du chftteau de Bâillon. Ce château est bien style Louis KV;. c'est sans doute ce qui aura mè\ê le
nom de mnrlnmr- de l'ompadour aux origines do Bâillon.
L'nplo ]ioi le (ju a l'instant mAmr une premii'Tf somme de 90,000 francs fut |»ayée au vendeur, Louis Bonapaile, par le gt iuual Monccy, acquéreur.
* Mémoire» de mademaitelfe Cœhelet, II* vol., p. 530.
C2U HISTOIRE DE ROVALMOM.
harnais, dont la loyale devise : Autre neterg^ retentissait déjà au treizième siècle sur nos champs de balailie, et
fiHc adoplive de la nouvelle dynastie, la reine de lloltandc la preiiii- i Lî résumait et personnifiait alors on elle tous les souvenirs et tous les instincts poétiques et paiiiotiques de l'ancienne et de la nouvelle France. La reine aimait, par-dessus fout, le passé de la France, «t Les troubadours et les dievaliers du temps jadis reparaissent dans les mélodies qu'elle a composées ; ce fut elle qui recueillit la première, dans ses uppcti Iciiiciits intimes, ces itioiihles gulluques, ces tentures véncraliieS) épaves curieuses et respectées du grand naufrage dans lequel une société tout entière venait de s'engloutir ^ »
Le château de Bâillon convenait excellemment à celle qui, après une carrière agitée, réduite plus tard au titre de duchesse (ie Saint-Leu, devait choisir une propriété dans le canton de Thurgovie, sur le côté suisse du lac de Constance, pour y chercher le repos de la tranquille nature, et s'arracher aux méchancetés des mortels persécuteurs. C'était biefi cet appartement du premier étage, qu'il Fail.iit à noire princesse, au pavillon sud du château flanqué d une tourelle, avec son toit pointu d'ardoise. C'est que la reine llortense pouvait s'appartenir à son aise, dans une résidence où la vue se perd dans les eaux et dans les bois. Les natures qui ont du malheur, que le sort ou l'injustice ont rebutées, aiment les pays cnvelq)pés en eux-inèriies, et dans lesquels, sans autre perspective, le regar d est absorbé par les eaux et les arbres La résidence de liaillon offrait éminemment ces conditions à la iiile du comte de Beauharnais, à cause de son double cercle d'eaux courantes et fraîches et d*arbres verts qui entourent les châtelains.
La reine Horlense, dont on vante les talents d'urliste,
* Ëtiide de H. Eiigèno Gautier mr la Beine Hortente mtuieieiniêf février im.
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