LIVRE QUINZIÈME. m
Necker repoussa cette dèpulation. De là, une agitation
considérable en un temps où toutes les lùLes étaient en cbullition. Après le rejet de M. Necker, le président de Mazenod avait présenté utt Mémoire qui fut publié et regardé, dit-on, commedécisif en faveur desa cause; ce qui détermina . le ministre à proposer de faire admettre les deux députations. Les députés légitimes ne voulurent pas consentir à cet accommodement inconstitutionnel, et se retirèrent avec protestation. C'est de cela que le peuple avait gardé rancune au président de Mazenod. La grande part qu'il avait prise celte affaire lui valut d'être, à son retour en Provence, poursuivi par les factieux ; il n'échappa que par miracle à la sanglante exécution des premières victimes de la révolution à Aix. Voilà pourquoi le jeune de Mazenod était sorti de France avec son père, qui habita longtemps Palerme, et fut distingué parle roi des Deux-Siciles^ Voilà aussi dans quel milieu avait grandi Charles-Joseph-Eugéne de Hasenod; il sortait d'une race de croyants, chez lesquels Thonneiir, le dévouement, la iidélilé étaient des qualités héréditaires.
Cependant Joseph Vander Mersch était venu s'établir à Royaumont à la fm de 1815 : son impression d'arrivée fut triste envoyant la misère si grande dans le pays, après les deux invasions, et surfout après la mauvaise récolte de i 8i 6 .
lusliillé à l'abbaye avcclos trois cents Flamands qu'il avait amenés do Menin, il ramena la vie iHdu>trielie dans l'établissement des Travannel, (jni était complètement tombé. On doit dire que M. Joseph Vander Mersch^ fort laborieux, fut très-utile à la contrée, parce qu'il créa du travail, cette mine nourricière des populations, sans que rîntèrêt
* II no revint en France qu'eu 1817, après nvnîr rofusc les offres brillantes qu'on lui avait faites sous le consulat. C est iuiissi à Palerme. en 1817, quêtait arrivée, à l'oncle de Mgr àlaïentxl (Charles-Fortune), la nouvelle de sa nomioaiion à rëvéché de Haneille, dont il ne put prendre possessioii qu'en 1833<
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personnel en fût Tunique mobile. Un véritable bien-être fut
le résultat de son inslallation ; aussi ses travaux d'iniérel public ne tardèrent-ils point à lui mériter la popularité • ellesurnom de père des ouvriers. Tandis que par ses entreprises de construction, qui sont calculées plus de cin(| cent mille francs, il em])loyait tous les'bras et répandait Taisance dans le pays parle salaire, sa constante préoccupation était de trouver de rouvra^re li tous et ù chacun, parce qu'il aimait l'ouvrier. D'autre pari, tondis que par son activité, son zèle et son intelligence, iisul développer à Royaumont une prospérité industrielle dont les gens de la contrée parlent encore avec regret> il se montrait d'ailleurs vraiment digne d'occuper une résidence qui rappehiil la hicnlaisance d'un des plus grands souverains du moyen âge. Et il sut aussi se tenir à la hauteur de ces • événements imprévus qui viennent quelquefois mettre à répreuve le dévouement et le patriotisme des citoyens. Un incendie ayant détruit, en 1817, le quart des maisons d'Asnièrcs-sur-Oise, Joseph Vander Mersch mit toute son énergie à organiser un comité de secours, doul il se constitua le trésorier et dont il lit accepter la présidence, au maréchal Mbncey. On essaya une démarche à la cour, auprès de Louis XVIU, ce qui valut au comité d'Âsnièressur-Oise, un subside de vingt-cinq mille francs, en sorte que le trésorier dislrihn;! aux incendiés d'Asnicres environ trente-cinq mille irancs'. Uu doit aussi à Joseph Vander
' C'est H. Vander Mersch, qui, dés 1818, encouragea les habitants d'Asnières à cultiver la pomme de terre, alimenl dont à cette époque on faisait peu n5«fïc aux environs de i*aris. 11 y éiail intéressé, il est viui, parce qu'il lui fallait beaucoup de fécule de pomme de terre pour rajii*rèi des étoffes qu'il btancbissait.
Dans rhiver de 1810-1817, un pain à Asm&^ Vtlait cinq francs; les ouviiers qui travaillaient à Royaumonf , et qui ne mangeaient habituellement (\\\Q du pain et des haricots rouges, étaient très à plaindre. M. Vamler Mersdi faisait faire pour eux de la soupe économique, dans laquelle il en* trait beaucoup de pomines de terre. Beaucoup d'ouvriers répugnèroot à en manger; un de ses oontre>maltres lui dit : c Monsieur Vaudor Hersch, en
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