‹ Histoire de RoyaumontChapitre 209 sur 263 · LIVRE (JUtNZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE (JUtNZIÈME

parc admirable, à ses grands arbres, on se dérobe complètement aux ennuis des mortels en s'isolant comme dans une forêt d'Amérique, ce n*est pas que lesprit humain y

ait, comme au dix-huitième siècle, Tétat social tout entier en haine et en méprisé Dos hommes d'État cminents pronu tient leurs heures méditatives dans ces lieux piunlés de bois, semés d'étangs, embaumés de pacages, pour y réfléchir à quelque solution patriotique du problème des finances nationales ou pour rêver de fierté au dehors ou de cuncihalion au dedans. Des dames auxquelles les sentiments ctirétieus dilatent l'àme religieuse, savent malgré la grandeur^ de la résidence, fajirede cette magnificence une pieuse solitude. De jeunes membres du clergé y mûrissent une éloquence qui charme Toreille française et touche les âmes comme au temps de Hassillon.

Saint-Maiiin-du-Tertre, compris dans la circonscription administrative de Beaumont-sur-Oise, ne pouvait plus dépendre d'un comté aboli depuis 1795, et qui avait passé depuis le treizième siècle, par la comtesse d'Orléans, par Louis XII, Henri II, Henri III, par François duc d'Âlençon, par Antoinelle de Tons marquise de Guierseville, par Roger du i^essis sieur de Liancourt, par le maréchal de la Mothelloudancourt, enfin en 1705 par Louis de Bourbon, prince de Conti'. Ce n'était plus le temps où Raoul de Franconirille (Radulph. de-Franemlla) comptait, d'après un manuscrit du quinzième siècle, nu nombre des feudataires du comté de Bcaumont-sur-Oisc, et où Pavende Franconville (Pagams de Francovilla) vendait une portion de forêt au

* Ce que disait M. Guizot THisloire générale de la ewilis Ue» en Europe, 14" leçon]; en<Tft l, il Lofait éviilcnt (îii'il fallait arrivin", avec le progrès, à une meilleure organisation lic la Fiance par une j éformc civile qui ûl disparaître les intolérances de caslc et les préjuges du régime féodal.

* On devinera la grandeur de cette résidence, si Ton fait attention qu'eii dehors <Ie tout le rez-dc-cbaussée, où sont les salonSi etc.» le diAteau à» Franconville renf'M nie trente-cinq chambres.

* Vof/. les Jiedwrcfies de M. Douet d'Arcq*

HISTOIRE DB ROYAUHONT.

comte de Beaumoiil, sous le règne de Philippe Auguste. La réforme civile de la France avait pénétré dans nos mœurs ; les anciennes inégalités sociales du régime féodal n'étaient plus qu'un souvenir. On aime mieux dans ces paysages si pittoresques, s'entretenir de la liberté de la tribune, de la liberté du contrôle et du vote dans les grandes affaires* du pays.

Du reste, toute traee de l'ancien régime avait disparu ; ni sous Louis XVIU; ni sous Louis-Philippe, on ne pouvait avoir la prétention de revenir sur les adhésions et le désintéressement chevaleresque de la nuit du i août. Gcrbier, qu'on surnomma ïaiyle du barreau., s'il habitait de nos jours Fxanconville, mettrait son éloquence si patliétique au service des nouveaux hôtes de Royaumont, hien que dans le dernier siècle il ait plaidé, dans cette célèbre cause dite de la Bemaré^e^ oô il fit condamner Fabbé dcClairvauxà iOJHHi t'eus dedommages-inlérots, auprollt d'une pauvre iemme, dont le mari avait été séquestré dans un couvent de bernardins. On ne sait si c'est à Franconviile que Gerbier, recevant à dîner le prince de Conti, seigneur de Beaumont-sur-Oise, improvisa ces quatre vers :

Sous cet humble toit, Pbilémon Reçut le maître du tonnerre.

A son bonheur le mien n>pond ; J'ai vu Coati, dans ma chaumière*.

On ne saurait à quel titre ce mot de chaumière viendrait se placer à coté des splendeurs de Franconviile ; à moins qu'il ne fût question de ces chaumières artiQcielles du parc, dans lesquelles on se rappelle les Âlpes et la Suisse*

De Saint-Martin-du-Tertre on descend par des pentes

> 5iiint*irartin-du.Tertre envoya, en* 17M9, à rassemblée du beîlUage

provincial de Senlis, Louis-Marc-Antoine Leduc, et Jean>NoCl Cceur.

* Peut Atrr ("r rhirr avait-il reçu le prince de Conti dans une autre propriété, près de Meiun, au château Launoy. {Souveairé in^t$t de M. Baujcan, ancien vice -président à lu cuui impériale.)

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