‹ Histoire de RoyaumontChapitre 210 sur 263 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

douces à Viarmes, dont le seigneur, avant 1789, était M. de Pontcarré, propriétaire du château de Fendroit ;

résidence qui présente paiiiii diverses particiilarifés historiques, celle d'avoir appartcmi à Sully ; on doit y joindre également la tradition du séjour de Henri IV et une tentative d'assassinat contre le bon roi K Quand on a quitté les cimes de Franconville , on arrive par une moelleuse anfracluosité à cette charmante localité de Tiarines, située a la jonction de plusieurs vallons, et laissant apercevoir entre les arbres le manoir seigneurial. Des hommes laborieux, des gens de bon sens peuplent ses maisons; laboureurs, hommes des champs, industriels, bourgeois. Ils se tiennent au courant des progrès de l'époque pour marcher de pair avec la vie universelle; mais d'ailleurs ils ne perdent pas leur temps à discuter les utopies d*uae philosophie superficielle et décevante. Ils ne savent ce que c'est que de distinguer un christianisme ancien et un christianisme moderne; ils baissent la téle pour regarder la ierre et entr'ouvrir son sein fécond, mais ils la relèvent dans un élan spiritualiste pour invoquer le Christ, ce grand soleil des âmes. Deux besoins s'y font ressentir comme sous toutes les latitudes géographiques, celui de sulBre aux rudes et renaissantes exigences de la vie matérielle, celui aussi de donner une satisfaction sérieuse à Thumaine nécessité d*adorer et de croire. Les beautés du paysa^re, les charmes d'une nature qui prodigue tous les ans ses nouvelles magies, ne permet pas à l'iionuiie de Viarmcs de participer à ce découragement métaphysique produit en France par l'école matérialiste et positiviste. Aller contester devant un habitant de Viarmes la certitude de l'immortalité, ne serait pas faii e preuve de force d'esprit. Qu'affirmer, en effet, de la

* Une tradition dit que Henri IV manqua d'être assassiné, au €hàteau de Viannes» par un homme qui s'était caché sons son lit.

Oiti HISTOIRE UE UOYAUMONT.

^morl en dehors de la foi, autre chose si ce n'est qu'elle est la simple disparitwn des individus et que « l'individu qui meurt, dépouillé par le trépas, des formes pi opres au

milieu dnns lequel nous vivous, a cessé de se trouver en rappui l avec uo.^ iustrumeiUs de connaissance qui sont tous empruntés à ce milieu? » Un homine de ce siècle, un vaillant lutteur de l'idée, visitant la contrée, s était assis sur un petit tertre de gazon, en un lieu élevé, à mi-côte, qui dominait Yiarmes, et qu'encadrait un amphithéâtre circulaire de champs, de vignes, de forêts. C était l'heure où les feux du soleii couchant teintaient de rose la cité villageoise et ses ravissants alentours. Le voyageur avait perdu depuis peu un être qu'il aimait plus que lui-même ; et en contemplant la perspective qui s'étalait, devant lui comme un grand livre illustré par un artiste souverain, il ne put s'empêcher de s'écrier, avec Fichte : « Non, ce n'est pas possible! Quand nous pleurons un défunt, d'autres créatures se réy ouïssent ailleurs de la naissance de cet homme à leui* monde nouveau pour lui, comme dans celui-ci nous nous réjouissons à la naissance d'un de nos enfants '1 »

Quant au château de Viarmes, à la forme lourde et carrée, il n'avait ni galeries, ni créneaux, ni tours, ni balcons en pierre ou en fer ; il ne dominait aucun étang, ne faisait se découpa dans le miroir d'aucun lac aucune > découpure, aucun profil fantastique ; seulement, tout auprès, les paons, les canards et les oies vivaient familièrement, les vaches inugisbaient dans les pacages, et les chevaux hennissaient dans les écuries. Son propriétaire, avant 1789, M. de Pontcarré, fit bâtir, dit-on, la rue qui entoure à Paris la Halle au blé, ce qui serait l'origine du nom de rue de Viarmes donné à cette rue. C'est lui aussi qui rectifia la nouvelle roule tle Viarmes à Paris ;

* Ainsi l'cntcnrlent 1i->s libres penseurs qai n'ont pas de système à défendre.

* Destmaiwtt de l'Homme^ de Ficlite.

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